Critique de film

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Big Bad Wolves

"Big Bad Wolves"
affiche du film

Une série de meurtres d’une rare violence bouleverse la vie de trois hommes : le père de la dernière victime qui rêve de vengeance ; un policier en quête de justice qui n’hésitera pas à outrepasser la loi ; et le principal suspect – un professeur de théologie arrêté et remis en liberté suite aux excès de la police. Forcément, ça ne peut pas donner une enquête classique…

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Trailer - Big Bad Wolves (2013)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Big Bad Wolves - Qui a peur des grands méchants loups ?
Par : Nicolas Zinque
Tags : Tortures

Micki, un agent de police israélien, soupçonne Dror, un professeur, d’être le tueur qui enlève et assassine des enfants de manière atroce. Adepte des méthodes musclées, il essaie de lui arracher des aveux à coups de bottin. Sans succès. Micki est non seulement obligé de libérer sa proie, sur ordre d’un supérieur, mais il est en plus licencié, après que la vidéo du passage à tabac, filmée par un enfant, ait été postée sur Youtube. Convaincu qu’il piste la bonne personne, il décide de continuer son interrogatoire en dehors du cadre légal. Parallèlement, Gidi, le père d’une victime, décide d’enlever Dror pour obtenir sa confession. C’est le début d’une enquête tragico-comique.

Âmes sensibles, passez votre chemin ! Ce n’est pas tant par sa violence que ce thriller (lorgnant vers le torture porn léger) choque, ni même parce que les victimes du serial killer sont des enfants, livrés à un supplice particulièrement brutal. Non, c’est parce qu’il n’hésite pas à rire de ces sévices… pour notre plus grand plaisir ! Big Bad Wolves est jouissif, tant il pousse l’indécence à ses limites, avec ses personnages complètement barrés. Tzahi Grad incarne un père délicieusement sadique, tandis que Lior Ashkenazi est parfait dans son rôle de dur à cuir tocard. En face d’eux, Rotem Keinan, accusé d’être le serial killer, joue parfaitement l’ambiguïté. Des personnages horriblement drôles, à l’origine de quelques scènes d’anthologie, comme ce conte du méchant loup, que raconte Gidi à Dror. Big Bad Wolves ne repose pas tant sur les scènes de tortures elles-mêmes que sur le suspense qui les entoure. L’idée, un peu malsaine, est que le père est sans cesse interrompu dans son interrogatoire pour des broutilles, juste au moment où il doit passer à l’acte. Aharon Keshales et Navot Papushado jouent sans cesse sur le changement de ton, entre comédie et drame. Pour cela, ils usent de trucs classiques mais efficaces, qu’ils mettent en place avec une réalisation pas forcément fine. Les co-réalisateurs ont parfois la main lourde, avec ces travellings sur les visages, aussi discrets que des panneaux lumineux « Attention, effet dramatique ». Le tout est évidemment surligné par une musique qui en fait des caisses. Leur film a un côté grandiloquent, qui n’est toutefois pas dénué de charme, puisqu’il contraste avec l’univers glauque du récit. Le problème vient de la répétition de ces trucs, ce qui entraine un essoufflement du récit sur la fin. D’autant plus qu’à force de chercher la surprise et la déconnade, Big Bad Wolves se perd quelque peu sur le chemin de mère- grand. Les réalisateurs sacrifient en connaissance de cause la logique, au profit du rythme et des gags. Comme lorsqu’un personnage capte le téléphone dans la cave et un autre pas, ce qui permet d’isoler Dror quand besoin est. Même si le ton humoristique aide à faire passer la pilule, ces arrangements scénaristiques restent assez grossiers. Un personnage est emblématique : l’Arabe sur son cheval. Outre qu’il permet de jouer, toujours dans l’humour noir, sur les relations entre Palestiniens et Israéliens, il semble être une forme de fantôme, apparaissant puis disparaissant, sans autre but que de servir le scénario à ce moment. Par exemple, lorsqu’il se trouve judicieusement, et sans raison apparente, sous un lampadaire, au bord d’une route traversant la forêt. Il fournit, à un personnage en cavale, le téléphone dont celui-ci a justement besoin. Une situation totalement invraisemblable, mais bien évidemment volontaire, qui renforce le côté burlesque et surréaliste du film. Si vous acceptez ce genre de situations, cette entorse évidente à la logique, alors nul doute que vous saurez passer outre les autres défauts de ce métrage, pour apprécier son humour corrosif.

Aimez-vous l’humour noir, borderline et absurde ? Dans ce cas, vous pourrez savourer Big Bad Wolves, pour autant que vous lui pardonniez ses errements narratifs. Le film sait se montrer intriguant et amusant pendant la première heure et demi, avant de s’émousser un peu, à cause d’une structure répétitive. Hommage au genre, il multiplie les clins d’œil, et évoque notamment Reservoir Dogs par certains aspects. Tarantino n’y est d’ailleurs pas resté insensible, estampillant le film « meilleure production de l’année », à l’occasion du BIFF 2013 (Busan International Film Festival, à ne pas confondre avec le BIFFF !!!).


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