Batman : Un long Halloween

13 novembre 2011 | Par : Fred Bau | Des bulles

Titre Batman : Un long Halloween

Scénario Jeph Loeb

Dessins Tim Sale

Encrage Gregory Wright

Année 1997(DC comics et Semic)

Années de réédition 2009 et 2011

Editeur Panini Comics

Note 9/10

Résumé

Fête d’Halloween à Gotham City. Un serial killer encore inconnu et qui sera bientôt surnommé Holiday,
parce qu’il va prendre l’habitude d’assassiner ses victimes lors des fêtes du calendrier annuel, commet
son premier meurtre à l’encontre d’un des deux clans mafieux qui se partagent la ville. Trois hommes
décident quant à eux de s’associer afin de lutter contre ces deux familles : celle, dominante, du parrain
Carmine Falcone, et celle des Maroni. Ils espérent aussi réussir à identifier Holiday, et à stopper sa folie
meurtrière. Ces trois hommes sont le mystérieux Batman, le commissaire Jim Gordon, et le procureur
Harvey Dent.

Ceux qui ont eu la chance de tomber sur cette mini-série, constituée de 13 chapitres, lors de sa sortie dans les kiosques en
1997, pressentirent bien qu’ils mettaient la main sur l’un des meilleurs ouvrages de la franchise Batman. A l’époque, un certain
Frank Miller avait déjà sérieusement contribué à l’évolution des comics vers une dimension plus adulte et plus sombre, notamment
en confrontant Daredevil au Caïd et au Tireur à la façon d’un polar noir. Frank Miller, encore lui, avait épaissi la noirceur de l’univers
de Bob Kane avec son Batman : Dark Knight (1986). Epaississement suivi de près par l’irrécupérable Alan Moore en 1988 avec
The Killing Joker. Un certain Todd Mcfarlane quant à lui, qui avait déjà su faire évoluer Spiderman dans une dimension quasiment
horrifique, enfonçait le clou formel et thématique en créant Spawn et les éditions Image (1992). Non seulement Spawn, figure du
maudit ayant pactisé malgré lui avec le Diable en personne, devenait, à l’instar du Ghost Rider, l’archétype de l’anti super-héros ;
mais les techniques d’encrages utilisées par Image faisaient entrer les comics dans une nouvelle ère.

C’est donc après un climat particulièrement riche en renouvellements et en rebondissements que Jeph Loeb & Tim Sale parièrent
sur un Batman façon polar, en revenant à des planches de facture traditionnelle, et d’une qualité d’encrage égale à toute autre forme
de bande dessinée, qui alterne habilement couleur, et noir et blanc. Côté scénario, le super-héros et les super-vilains qu’il affronte
partagent un destin commun avec les criminels et les représentants de la justice. Tous autant qu’ils sont participent d’un même récit,
dont le centre de gravité est une frontière non pas évidente, mais ambivalente entre le Bien et le Mal, et partant, glissante, entre la loi
et le crime, la justice et la vengeance, l’engagement et le dévoiement, l’honneur et la trahison. Tous aspirent à jouer un rôle décisif
dans la destinée de Gotham City. Tous autant qu’ils sont payent en conséquence le prix de leurs ambitions et de leurs décisions.
Bruce Wayne inclus. Car tous procèdent, et c’est ce qui constitue le caractère exceptionnel de ce comic, de la dualité collective de
la sombre Gotham City, et donc de la mythologie Batman, dont le personnage tragique d’Harvey Dent/Double Face est la figure la
plus emblématique.

Cette fusion réciproque du Batman et du Polar est encore l’occasion de réanimer tout un "bestiaire" des super-vilains batmaniens,
très adroitement déployés dans le récit au rythme des meurtres de Holiday et des ambiances festives différentes au cours de l’année.
On croisera entre autre le Joker, L’épouvantail, le Chapelier Fou, L’homme calendrier ou Poison Ivy. Catwoman, quant à elle, est plus
féline que jamais. Féline, sexy, amoureuse, fatale, et donc peut-être le seul personnage qui soit un peu en deça de la dualité du Bien
et du Mal, alors que Double Face bascule finalement dans une folie hasardeuse par delà Bien et Mal.

On précisera en outre que ce comic stylé, et de grand standing artistique, est l’une des oeuvres inspiratrices des films de Nolan. Hors
de prix dans sa version Absolute, il semble cependant encore disponible en version DC Deluxe pour une trentaine d’euros.

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