Critique de film

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Le Bal de l'Horreur

"Prom Night"
affiche du film

Dans une vieille école déserte, une jeune fille est accidentellement tuée alors qu'elle jouait avec ses camarades. Devant l'horreur du drame, les enfants décident de garder secret la mort de la petite fille. Six ans plus tard, les mêmes enfants, devenus des adolescents, préparent le bal de fin d'année de leur lycée. Malheureusement, un témoin de leur mensonge a décidé de leur faire payer durant la nuit du bal leur odieux silence d'il y a six ans...

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Trailer - Le bal de l’horreur (1980)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le bal de l’horreur - Murder on the dance floor
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Slasher

Au début des années ’80, la vague du slasher déferle sur les grands écrans, suite au succès de Halloween et Vendredi 13. L’autre mode du moment, le disco, vit, pour sa part, ses derniers instants de flamboyance mais attire encore suffisamment les foules pour que de rusés producteurs continuent de s’y intéresser. Persuadés que l’équation « slasher plus disco » peut donner un hit du box office, les producteurs Richard et Peter Simpson mettent sur pied ce Bal de l’horreur recyclant tous les conventions du genre établies par John Carpenter deux ans auparavant. Heureusement, ils réussissent à convaincre Jamie Lee Curtis, promue « scream queen », de figurer en tête d’affiche. L’actrice, après son triomphe dans Halloween, capitalise sur sa récente notoriété et accepte la proposition. Tourné pour un budget serré (on parle d’un million de dollars) durant l’été 1979, Le Bal de l’horreur fonctionne joliment au box office et rapporte quinze fois sa mise. Une bonne opération.

L’intrigue, elle, se montre très classique et débute en 1974, alors qu’une poignée de gamins jouent, dans un grand bâtiment abandonné, à effrayer une de leur camarade, Robin Hammond, âgée de dix ans. La petite fille, terrifiée et ne trouvant aucune échappatoire, choisit de se défenestrer pour leur échapper. Robin se tue et les autres enfants promettent de garder le silence sur les événements. Six ans plus tard, les gamins, ayant grandis, s’apprêtent à se rendre au traditionnel bal de fin d’étude. Mais un mystérieux assassin, le visage dissimulé derrière une cagoule noire, les supprime un par un…

Aujourd’hui auréolé d’une petite réputation de « classique kitsch », Le Bal de l’horreur reste un slasher routinier qui se contente d’égrener, déjà, tous les clichés du genre sans la moindre imagination. Nous suivons ainsi les démêlées sentimentales d’une poignée de teenagers uniquement préoccupés par leur bal de promotion et la perspective de devenir les rois et reines de la soirée.

Les rivalités amoureuses et les questions existentielles (« dois je coucher avec lui ou pas ? » « quelle robe va m’avantager ? ») occupent, pratiquement à elles seules, la première heure du métrage durant laquelle il ne se passe, objectivement, strictement rien ! Le cinéaste se contente, en effet, de meubler le temps de projection en pointant quelques suspects (un voyeur, un type condamné pour faits de mœurs…rien de neuf !) avant l’attendu bal au cours duquel le tueur va, enfin, frapper. Visiblement influencé par le climax de Carrie, Paul Lynch propose alors un petit carnage mollasson entrecoupé de pénibles numéros « disco » destinés à démontrer les talents de danseur des acteurs. Les crimes, peu nombreux, s’avèrent pour leur part complètement routiniers et trop timorés pour convaincre même si la décapitation de David Mucci reste sympathique et bien amenée. Outre une Jamie Lee Curtis hébétée et visiblement peu intéressée par son jeu, le casting met en vedette le quinquagénaire Leslie Nielsen, ex jeune premier de Planète interdite à l’époque condamné à la série B (Day of the animals) et, surtout, aux séries télévisées. Il revint juste après sur le devant de la scène via Creepshow et Y a-t-il un pilote dans l’avion ? avant d’acquérir une énorme popularité via des kilos de parodies plus ou moins inspirées.

Linéaire et simpliste, Le Bal de l’horreur propose toutefois quelques sous-intrigues qui meublent maladroitement le scénario et n’ont, au final, quasiment aucun intérêt. Ces digressions insignifiantes seront, finalement, résolues de la plus simple des manières : par les coups de hache de l’assassin. L’identité du meurtrier, dissimulée jusqu’aux dernières minutes, parait, elle, évidente en dépit des efforts des scénaristes pour proposer, mollement, quelques suspects potentiels visant à désorienter le spectateur. En pure perte. Le quasi débutant Paul Lynch qui, par la suite, devint un grand pourvoyeur de série télé (et signa également The keeper avec Asia Argento en 2004), emballe néanmoins le métrage avec un minimum de soin mais sans jamais transcender les flagrantes limites d’un script hâtivement gribouillé pour emboiter le pas d’Halloween.

Confiant dans le potentiel commercial du métrage, les producteurs choisirent de lui donner une longue descendance. Toutefois, ils se démarquèrent de ce Bal de l’horreur pour trois séquelles plus volontiers tournées vers l’horreur teintée d’humour : Hello Mary Lou (1987), Dernier baiser avant l’enfer (en 1990) et Le bal de l’horreur IV : Délivrez-nous du diable (en 1992). Chacune peut se voir de manière indépendante et, à l’exception du théâtre de l’action (le lycée Hamilton High) et de l’acteur Brock Simpson (le fiston d’un des producteurs), incarnant chaque fois un personnage différent, n’ont rien en commun. Bien sûr, le métrage de Paul Lynch ne pouvait échapper à la folie des remakes et, comme tout titre possédant un minimum de notoriété, eut droit à une relecture en 2008.

En dépit de toutes ses faiblesses, Le Bal de l’horreur reste, globalement, divertissant à condition de le prendre avec un second degré salvateur et de recourir à l’accéléré lors des passages les plus soporifiques. Loin d’un classique, Le Bal de l’horreur se regarde donc d’un œil distrait pour les inconditionnels peu exigeants du slasher des années 80, lesquels apprécieront, peut-être, son aspect rétro et son côté kitsch finalement plus sympathique qu’ennuyeux.


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