Critique de film

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La Baie sanglante

"Reazione a catena"
affiche du film

Le décès de la comtesse Federica Donati attise la cupidité de son entourage. Tous se trouvent réunis avec de bonnes raisons sur les berges de la baie. Ce qu’ils ignorent encore, c’est qu’un bain de sang les y attend…

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Trailer - La baie sanglante (1971)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

La Baie sanglante - CULTISSIME !!!
Par : Quentin Meignant
Tags : Slasher

Imaginez un monde sans Massacre à la Tronçonneuse, sans Devil’s Reject, sans Halloween, .... Est-ce possible ? Serait-ce viable ? Pour des gens normaux sans doute, pour des gens comme moi (je suis sûr que je ne suis pas le seul !) assurément non ! C’est pourtant à cet univers dépouillé de tout gloussement jouissivement gore que aurions eu droit si un certain Mario Bava n’était pas passé par là !

En effet, La Baie sanglante préfigure tout simplement ce qui sera quelques années plus tard l’une des branches phares du cinéma de genre : les slashers ! Nous avons donc à faire à un ancêtre du genre, dans sa forme la plus rudimentaire et, surtout, dans sa forme la plus pure ! Loin des schémas types des thrillers de l’époque, Bava invente sa propre lecture de l’angoisse et de l’horreur et nous offre un délicieux moment qui inspirera bien des réalisateurs par la suite : Hooper, Carpenter, Rob Zombie,...

Tant de noms glorieux ne peuvent être un hasard : La baie sanglante est bel et bien une oeuvre majeure du cinéma de genre ! Un des atouts de cette oeuvre est que, contrairement à beaucoup d’autres, elle a bien vieilli. Peu de scènes paraissent désuettes et on pourrait croire que ce film a été tourné dans les 90’s tant la photographie est de qualité ! Normal me direz-vous pour Bava qui, après tout, est quand même photographe de profession. Mais force est d’avouer que, lors de ce métrage, les talent de l’ami Mario se sont exprimés de façon exponentielle pour atteindre des sommets rarement explorés ! La baie où a été tourné le film est tout simplement somptueuse et Bava parvient à en tirer le maximum par l’utilisation astucieuse de sa caméra.

L’emploi des contrejours en début de métrage donne le caractère nécessaire au film en rendant l’ensemble des plans lugubres. Les longues séquences de stress réalisées en travelling sont proprement hallucinantes et servent à faire monter la pression d’un cran. Tous ces mouvements se trouvent en parfait accord avec une musique, réalisée par Stelvio Cipriani, qui nous emporte totalement dans un vent mi-poétique mi-angoissant ! Les bruitages parachèvent totalement le climat de tension créé par Bava et appuient une mise en scène de très grande qualité.

Cette mise en scène, oeuvre de Mario et de son fils Lamberto, dont c’était l’une des premières expériences en tant qu’assistant-réalisateur, se montre inventive dès le départ et nous donne droit à des scènes dantesques que, même de nos jours, certains cinéastes refuseraient de tourner ! Dès les premiers instants, le spectateur est mis dans le bain par une pendaison ultra-impressionnante et le ton est donc donné : pour la première fois de l’histoire du cinéma, un véritable slashers est né ! S’ensuivent alors une terrible série de meurtres tous plus abjects les uns que les autres et qui donnent lieu à des séquences qui resteront à jamais gravées dans la légende. Que ce soit les amants cloués en plein acte dans leur lit ou la digestion d’un visage par une pieuvre, Bava a su s’y prendre pour marquer les esprits et, malgré un petit budget, la qualité et l’efficacité sont au rendez-vous. Il faut bien admettre que ce massacre a été remarquablement amené par une équipe de scénaristes de renommé mondiale.

Ainsi, Bava a pu compter sur l’aide d’un des scénaristes italiens les mieux cotés du cinéma de genre : Dardano Sacchetti. Ce monsieur est notamment l’auteur de L’éventreur de New-York, Démons, Démons 2, Zombi 2, The Torturer, pour ne citer qu’eux ! C’est dire si l’assistance fournie à notre ami Mario était de qualité ! Sacchetti a sans doute écrit avec La Baie sanglante son scénario le plus abouti. Toute son inventivité (et aussi celle de ses camarades : Franco Barberi, Filippo Ottoni, Giuseppe Zaccariello) fut de mise pour nous offrir un script dont la complexité n’a d’égal que le génie ! Imaginez un peu : plusieurs assassins, dont un complètement fou, se retrouvent au même endroit au même moment pour une raison similaire. Ca a de la gueule c’est certain et, surtout, ça a le mérite de nous valoir des séquence plus que sanglantes !

Un autre grand point est totalement admirable : le changement total de direction que prend le film au moment où l’on croit que l’on va rentrer dans une phase d’enquête pure et simple. En effet, dans un premier temps, nous avons assisté au massacre de la jeunesse dépravée, thème réellement jouissif dont tous les slashers (Massacre à la tronçonneuse : Au commencement) et autres thrillers horrifiques (Turistas) usent et abusent encore à l’heure actuelle. D’ailleurs, lors de cette première partie, rien n’est fait au hasard : la musique, par exemple fait monter l’angoisse jusqu’à la mort d’un protagoniste, moment choisi par Cipriani pour nous asséner une mélodie douce afin de nous faire percevoir la mort comme un véritable soulagement pour ces jeunes.

Ensuite, l’histoire bascule finement dans la drame familial et donne lieu à des scènes terriblement macabre. Bava joue alors avec l’obscurité croissante qui nous fait clairement ressentir le profond malaise qui règne en ces lieux. Le final est quant à lui décoiffant : nous croyions en avoir fini avec les tueries mais on nous en remet une dernière couche et l’ensemble bascule réellement dans l’horreur la plus totale. Bref, un véritable régal artistique !

Le tout est encore renforcé par un casting de choix, pourtant composé de comédiens obscurs, mis à part Claudine Auger. Cette dernière donne tout son diabolisme à la deuxième partie du film. Tandis que Chris Avram mais surtout Brigitte Skay, Guido Boccaccini, Roberto Bonnani et Leopoldo Trieste renforcent l’aspect de massacre sans complexes et totalement déluré à une première partie totalement affolante.

Un film qui restera à jamais dans les annales du cinéma de genre comme le premier vrai slashers et qui vous marquera à coup sûr. C’est LA référence du genre et c’est surtout une pure réussite signée par un réalisateur de grand talent !

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