Critique de film

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Baby Shower

"Baby Shower"
affiche du film

Quatre anciennes amies de lycée se réunissent pour fêter la grossesse de l'une d'entre elles. Comme lieu, elles choisissent une maison isolée, située à plus d'une heure de route de la ville.

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Trailer - Baby shower (2011)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Baby shower - Chili-sa-mère
Par : Damien Taymans
Tags : Slasher

Baby shower ? Kézako ? Ce terme, stigmatisant une nouvelle fois l’envahissement de plus en plus barbare de la langue de Shakespeare dans les territoires francophones, qualifie une coutume outre-Atlantique qui consiste en une petite sauterie entre copines préalable à l’accouchement. Cet "enterrement de vie de pré-maman", expression francisée édulcorant la sauvagerie de ce protocolaire suicide prénatal durant lequel la mère, pachyderme naissant, s’empiffre de sucreries en se replongeant dans la nostalgie du bon vieux temps, est vécu ici par quatre jeunes femmes venues célébrer avec leur amie la fin de son indépendance. Mais la gourgandine, à deux doigts de vêler, est entourée d’étranges individus : elle est épaulée par une obstétricienne soixante-huitarde peace and love, shootée à l’homéopathie et à la zen attitude et un étalon musculeux répondant au doux nom de Julio. Les copines, déjà pas à l’aise dans cette masure de campagne reculée de toute civilisation, voient leurs inquiétudes devenir de plus en plus fondées...

Chili "con carne" littéral, Baby shower emprunte le terrain glissant du slasher classique dont le réalisateur, Pablo Illanes, scripteur pour le petit écran, ne conserve que la fatigante mécanique des enchaînements meurtriers. La symbolique matricielle, pourtant contenue dans l’œuf de cette réunion entre vieilles filles trop ankylosées pour atteindre le septième ciel sans dommages et trop ridées que pour butiner la sève des jeunots, brille par son absence. Le règne du whodunit s’émiette en dix minutes seulement, la caractérisation grossière débouchant sur un manichéisme pataud. L’enquête menée par la mère en devenir pour démasquer la traitresse qui risque de s’envoler aux Bahamas avec son ex-mari, sert à peine de tremplin pour l’installation d’une atmosphère paranoïaque qui peine à poindre. Ne reste, en substance, que quelques séquences sanguinaires, contenant chacune son quota de raisiné, pour éviter à cette œuvrette horrifique chilienne un naufrage complet.

Formellement très laid (mise en scène classique, photographie du documentariste Tevo Diaz peu soignée), sémantiquement vide (les dialogues révèlent la vacuité psychologique d’une galerie de personnages aussi secondaires les uns que les autres), Baby shower constitue l’archétype du slasher qui accuse un retard de plus de trente ans. Pis, la pellicule ne suscite jamais la curiosité à l’égard de l’entreprise sectaire d’origine texane, La Union del Conocimiento Universal, seule touche exotico-sociale de l’intrigue. Preuve que les dégâts de la dictature de Pinochet ont aussi gangréné la production cinématographique locale, visiblement condamnée à rester dans l’ombre de la toute-puissante Amérique et à se prosterner, les fesses à découvert, devant son inénarrable suprématie...


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