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BLOODY WEEK-END (chapitre 3)

30 juillet 2012 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Troisième édition du festival audincourtois

Œuvre de H.R. Giger

J-1

Comme pour les éditions précédentes, la visite du Musée Giger fait office de préambule au festival. Nous voici donc en route pour Gruyères - chez nos amis helvètes - dans deux minibus prévus à cet effet. Un trajet conséquent nous attend et c’est donc un prétexte idéal pour sympathiser avec les autres festivaliers dans la bonne humeur. Arrivés sur place, nous démarrons directement la visite du musée, ne pouvant qu’être fascinés par les créations torturées et géniales du démiurge opérant sur la saga Alien (à l’origine, il se chargea du design de la créature sur demande expresse de Ridley Scott).

Œuvre de H.R. Giger. Le "Space Jockey" !

Le métal s’y mêle à la chair, donnant naissance à des œuvres protéiformes d’une extrême richesse (minutie des détails, variété des techniques employées), où les symboles sexuels et attributs organiques le disputent à une vision mécanisée (froide) du monde. Pour peu, on se prosternerait devant tant d’excellence, au sein de ce lieu qui réjouira les fanboys de tous poils. Après nous être remplis le bide d’une fondue régionale, on zigzague le long de routes escarpées et sérieusement pentues pour regagner Audincourt. En effet, demain démarrent les hostilités. Et ça va faire mal !

Jour 1

Levé de bon matin pour installer le stand d’un ami artiste (le « Barkero-Gigerien » Zero-Scarecrow13, jetez un œil à sa page Facebook officielle !), c’est les yeux encore lourds de fatigue que je démarre la journée par quelques emplettes sur le site de la Filature. L’occasion d’épancher mon envie incontrôlable de goodies (dont un « Facehugger » en peluche de toute beauté !) et de bavarder avec le sympathique Didier Lefèvre, éminence « bis » derrière le fanzine historique Medusa. Œuvre de Nathan Vranckx (Fine Monsta Art)

Après un détour par le « corner » de mon compatriote Nathan Vranckx et ses œuvres libérant de subtils arômes geeks sous influence Francis Bacon - en sus d’un amour immodéré des monstres -, j’assiste à la première conférence du festival : « L’embaumement à travers les âges ». Un exposé très intéressant sur la thanatopraxie - bien qu’un peu trop appliqué -, dirigé par Claire Sarazin (practicienne émérite, d’aucuns lui confieraient volontiers leur dépouille en toute confiance !).

Après ce voyage dans les traditions mortuaires au fil des civilisations, Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin (anthropologue) signait son grand retour avec une conférence présentant quelques similitudes avec celle de l’année précédente : « Le phénomène criminel des tueurs en série ». Quoi qu’il en soit, c’est à nouveau brillant et l’on y brasse de nombreux aspects liés aux serial killers, mass murderers et autres spree murders : profils, typologie des victimes, modus operandi, cas célèbres, … Bérangère en profite d’ailleurs pour régler leur compte à un paquet d’idées reçues, comme le fait qu’un serial killer, arrivé à un certain point, chercherait volontairement à se faire arrêter par les forces de l’ordre.

Conférence « L'embaumement à travers les âges »

Jour 2

Forcé de quitter l’Hôtel les Tilleuls en fin de matinée, l’endroit accueillant la délégation complète de l’équipe Katoucha (satané Tour de France !), me voici en route pour le camping de Mandeure, où je prendrai mes quartiers pour une unique nuit.

De retour au festival, j’assiste à la projection du glaçant Schizophrenia (Angst) de Gerald Kargl, plongée abyssale dans la psyché trouble d’un serial killer ordinaire (incarné par un Erwin Leder parfait). La réalisation (utilisation intelligente du « body mount », cadrages singuliers, …), doublée d’une BO synthétique 80’s, nous offre de coller au plus près des actes du forcené, plaçant le spectateur dans une position malaisante, comme emprisonné dans la tête du tueur. Une expérience marquante à conseiller, même si la crudité des faits et l’horreur réaliste (approche quasi-documentaire, séquences en temps réel) détonnaient un peu dans l’ambiance ensoleillée du midi. Carlotta Films vient d’ailleurs d’éditer l’œuvre (chère à Gaspar Noé) en DVD/Blu-ray, parue peu après le festival.

Ensuite, la conférence « Cinéma et Spiritisme » retraçait avec pertinence un court historique des manifestations des esprits dans le 7ème Art, ainsi que du travail des médiums porté à l’écran, au travers des films Dead Zone, Sixième sens et Les autres. Une intervention d’un cercle médiumnique de Nancy (Allan Kardec), qui éclaira les festivaliers sur des termes tels clairvoyance simple et médiumnique, périsprit, le Trouble, etc. Alors, vu que je ne suis pas « bégueule », voici deux éléments qui vous permettront de frimer en société : la clairvoyance simple décrit la communication d’un(e) médium avec des signes liés aux vivants, qui lui apparaissent spontanément (souvent de manière inopinée). La clairvoyance médiumnique définit le fait d’entrer en contact avec les personnes décédées. Merci qui ?

Rencontre avec Bobby Rhodes

Après être sorti victorieux du Bloody Quizz à la théma sci-fi/post-apo et avoir tapé la discute avec un membre du Cercle Spirite Allan Kardec de Nancy, dissertant sur les autres dimensions et trous noirs (un échange passionnant), rendez-vous au Studio des 3 oranges pour la rencontre avec le truculent Bobby Rhodes (Démons), que j’interviewerai le lendemain. Je partage le repas du soir avec le toujours vert Didier Lefèvre (papa du Médusa fanzine), autour de pizzas et fritures de carpes (la grande spécialité de la région), avant d’embrayer avec le fameux Bal des monstres, déguisé en extraterrestre kitsch tout droit sorti des 60’s.

Ouvert par la performance gentiment gore de deux performeuses New Burlesque craquantes (les Clash’Bonbons), la soirée continuait de plus belle avec le concert noise, bruitiste et expérimental des excellents LoGre (pour ce qui est sans doute leur toute dernière date sous cette formule, le duo ayant décidé de changer de concept sous peu), avant que DJ Elibats ne reprenne le pouvoir pour emmener les fêtards jusqu’au bout de la nuit.

Show New Burlesque des Clash'Bonbons

Concert de LoGre

Jour 3

Après une nuit mouvementée au camping - orage et tutti quanti -, j’entame cette ultime journée du festoche par le repas post-apocalyptique. Une expérience étonnante, où les participants se retrouvent parqués dans une tente militaire, sous les ordres de supérieurs autoritaires, et isolés des suites d’une menace indéfinie. La nourriture est rationnée comme en temps de crise mondiale et le groupe est attaqué par de supposés infectés. Une belle initiative qui sera normalement reprise lors de la prochaine édition et ce dans une version encore plus poussée. Œuvre sur un stand de la Filature

Lui faisait suite le spectacle de « L’homme tatoué » (alias Pascal Tourain) où, durant 1h15, l’artiste déballe nombre de traits d’humour sous son air débonnaire, avant de dévoiler son corps presque entièrement (re)couvert de tatouages, tels autant de fresques (personnages du Freaks de Tod Browning, illustrations extraites de l’œuvre du Marquis de Sade, …). Un one man show touchant et réussi, à recommander. Pascal Tourain continue d’ailleurs de se produire en spectacle jusque 2013 dans le bar rock parisien « La Cantada ».

Spectacle de "L'homme tatoué" (Pascal Tourain)

Pas de temps à perdre, je me pointe fissa pour réaliser l’interview de l’adorable Bobby Rhodes, accompagné de son non moins sympathique agent/interprète Alex Madia Levi. Je ne vois pas le temps passer et arrive déjà l’heure de la Cérémonie de clôture, animée par les fanfarons Olivier Afonso, Cyril Hipaux et Benjamin Rocher, récompensant les courts-métrages en compétition.

Sans surprise, on y retrouve les déjà (re)connus Employé du Mois et Brutal relax (lauréat du Méliès d’argent du meilleur court européen au NIFFF 2011). J’ai ensuite la chance de soumettre à la question l’acteur transalpin Giovanni Lombardo Radice (La maison au fond du parc, Cannibal ferox) pour un entretien passionnant, que vous retrouverez dans le prochain numéro de Cinémagfantastique (aux côtés d’interviews de Bobby Rhodes, Claudio Simonetti et bien d’autres surprises).

Giovanni Lombardo Radice et votre humble serviteur

De fait, je suis donc forcé de faire l’impasse sur A day of violence (après coup, les échos furent pour le moins mitigés), mais suis en place pour la toute dernière séance : Villa Captive d’Emmanuel Silvestre. Un néo-rape and revenge assez convenu, aux péripéties téléphonées et à la violence graphique réléguée hors champ. Heureusement que le(s) charme(s) incandescent(s) de Liza Del Sierra vient/viennent un peu atténuer les scories de l’œuvre.

Voici déjà l’heure des adieux… Un des festivals les plus chaleureux de France s’apprête à fermer ses portes et l’on se rappelle - entre autres - la bonhomie de Philippe Nahon, le sourire contagieux du colosse Bobby Rhodes et la sympathie des frenchies Olivier Afonso, Cyril Hipaux et Benjamin Rocher, mes crocos préférés (ils comprendront l’allusion !). Sans oublier les « warriors » Aurélie, Loïc et leur fantastic team ! Vivement la prochaine édition !

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