Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
La grande lessive. 13 jours de visionnages intensifs plus tard, le corps ne tient plus, les paupières déclinent, le ventre est barbouillé, les jambes ankylosées, les mirettes gonflées. C’est qu’ils ont souffert les yeux devant cette avalanche de péloches venues de tous horizons et qu’ils continuent de souffrir, inondés par d’intarissables reflux lacrymaux. Le cœur battait la chamade à l’ouverture des portes le 5 avril, il est désormais brisé en mille morceaux au lendemain d’une rupture douloureuse. Un mal de l’âme qui vous déchire à l’intérieur, une plaie qui ne se cautérisera progressivement que lors de la prochaine édition.
Les sens sont en totale perdition : le nez réclame le fumet des hamburgers cramés à 4 euros et des poussières, les esgourdes exigent leur quota de hululements de festivaliers, bouche et foie se désaccordent dans le sevrage de la Cuvée des Trolls, les fesses même regretteraient les sièges inconfortables de la grande salle. Maso jusqu’au bout des ongles, je me damnerais pour vivre quelques heures encore ce tourbillon des sensations apte à faire virer à l’anecdote les premières caresses qu’échangèrent, dans une pommeraie célèbre, les braves Adam et Ève. On ne peut se faire une vraie idée du paradis que si l’on a goûté "une heure seulement", comme serinait Brel, une séance au BIFFF.
Alors, pour faire passer le temps et nourrir la nostalgie, on se contente d’enclencher le décompte pour la prochaine édition. Et on tait son chagrin, sa détresse. Dans l’espoir que ce papier ait des vertus thérapeutiques, je déverse à qui veut lire les bleus à l’âme qui perdureront longtemps encore. Les multiples hommages à notre bien-aimé Alain Deprez. Les louvoiements raisonnables (plein de films, de la bouffe digeste et à peine quelques bières) de Quentin. Les ténors de la scène que furent Stéphane Everaert, Terry Gilliam et Mick Garris. Les hurlements de mes compères du premier rang qui rendent chaque séance aussi insupportable que jubilatoire. Les heures vécues en compagnie de l’équipe presse qui a atteint un niveau de sympathie et de professionnalisme difficilement égalable. Jonathan et ses vannes foireuses. Elli et Roxane et leurs cassages en règle. Sophie, la reine des traductions, divine en hôtesse d’accueil. Laura et son charme vénéneux. Alex aux yeux renversants et aux goûts sociaux douteux (le Cosplay quoi !) mais aux penchants cinématographiques irréprochables.
Adios le BIFFF. Encore joyeux anniversaire, vieux, et à l’année prochaine !