BIFFF 2017

BIFFF 2017 - Hi, robots !

Kill Command ou l’art du low budget bien fichu

Récemment passé par Trieste avant une petit sortie en salles aux States, Kill Command, présenté hier hors compétition au BIFFF en fin d’après-midi, a tout de l’aventure du self-made-man en matière de réalisation. Steven Gomez, responsables de quelques effets spéciaux sur des productions télévisuelles depuis une dizaine d’années, a en effet décidé de se lancer dans le domaine de la réalisation de long métrage (après un court il y a plus de 20 ans) avec cette expérience à part entière qu’est Kill Command.

Expérience, le mot est juste car, dès les premiers instants, on comprends que le réalisateur n’a sans doute pas eu les moyens de ses ambitions avec une production qui semble être fauchée comme les blés. Cet aspect n’est pas négligeable puisque, si le "terrain de jeu" du réalisateur semble pauvre de même que la photographie, les efforts sur le visuel des robots fait mouche d’entrée de jeu. L’action de Kill Command, aussi connu à l’internationale sous le titre d’Identify, prend place dans un futur proche où la robotique a pris de l’ampleur en matière de guerre. Le projet S.A.R. a ainsi permis de mettre au point des robots dotés d’intelligence artificielle et autonomes au combat. Appelés à les rencontrer, le Capitaine Bukes et ses hommes se rendent sur l’île d’entrainement, guidés par la jeune humanoïde, Mills. Lorsque les robots décident de prendre eux-mêmes leur contrôle, l’entrainement tourne à l’affrontement. Le futur de l’humanité est en jeu.

Si le sort de l’humanité est explicitement évoqué dans le synopsis, il s’agit malgré tout d’avoir une sérieuse imagination et de cerner l’histoire convenablement pour en arriver à pareille déduction. En effet, obnubilé par ses effets visuels, Gomez a d’emblée oublié de procéder à une véritable mise en place, tout juste le spectateur assiste-t-il à des discussions un brin stériles et à l’insert de visuels digitaux en guise de présentation des personnages. De surcroît, l’île - ou ce que l’on pense être une île - ne recèle aucun véritable attrait si ce n’est celui d’un terrain de jeu comme dit plus haut.

Qu’à cela ne tienne, malgré ses imperfections, Kill Command tient la route dès qu’il s’agit d’entrer en action avec de belles scènes de combat, un aspect tactique non négligeable et, surtout, des créatures robotisées remarquables et convaincantes. On en oublierait presque toutes les imprécisions précitées qui conféreraient alors un côté sympathique à une oeuvrette prétexte à l’étalement des capacités d’un cinéaste passionné de science-fiction. Les fanatiques de guerre ne pourront qu’apprécier les diverses séquences d’assaut des machines tandis que l’intrigue passera au final au second plan laissant s’égrainer gentiment un divertissement somme toute très correct.

Peu inspiré au niveau scénaristique, Kill Command semble plutôt être une déclaration d’amour au genre ou, à tout le moins, le demo reel d’un cinéaste particulièrement doué au niveau visuel. Finalement, c’est déjà ça...

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