BIFFF 2016

BIFFF 2016 - Green Room, la confirmation de Saulnier

Auteur d’une très belle percée à l’internationale avec Blue Ruin , son second long-métrage, Jeremy Saulnier est désormais perçu comme un réalisateur confirmé par les amateurs de cinéma de genre. Tel a été le cas hier soir au BIFFF, où sa nouvelle création, Green Room, remplissait la salle Ciné 1 et dégageait une ambiance toute particulière, entre tension et impatience.

Il faut dire que le pitch a de quoi éveiller la curiosité, puisque ce qui est présenté comme un thriller met aux prises un groupe de punks non-violents à une petite armée de skinheads, organisés et aidés par des chiens féroces. Invité par l’entremise d’un loser de première dans un concert skin, les musicos pacifistes débarquent sur scène et allument les crânes rasés. Quelques volées de crachats et de canettes plus loin, ils font une macabre découverte : un meurtre a été commis dans les coulisses. Ils sont alors enfermés par les fachos histoire que l’affaire ne s’ébruite pas, d’autant que les sous-sols du bâtiment renferment un secret aussi rentable que dangereux.

Présenté comme ceci, Green Room a donc tout du film de prise d’otages classique, du huis clos facile. Il n’en est pourtant rien, Jeremy Saulnier parvenant à instiller une atmosphère toute particulière dès les premiers instants, grâce à une caractérisation parfaite de ses principaux personnages, protagonistes un peu paumés dans un univers mystérieux qu’ils ne connaissent guère. Cette découverte de l’autre et de sa culture prend forcément un tour particulier lorsque la découverte de l’homicide a lieu, celui-ci décuplant une ambiance déjà lourde et délétère et confirmant "l’esprit bagarre".

La tournure des événements amène forcément à un affrontement d’une tension de chaque instant, qui s’inscrit d’emblée dans le sillage des films de guerre, alliant stratégie et scènes d’horreur aussi humaines que viscérales. Les effusions sanguinolentes - du plus bel effet grâce à un magnifique travail sur les effets spéciaux de maquillage - sont légion mais ne servent pourtant qu’à renforcer le schéma particulièrement destructeur d’une guerre des nerfs totalement stratégique. L’émergence de deux véritables tueurs à l’instinct primaire dans la dernière partie vient parachever cette réussite de tous les instants qu’est Green Room.

Quentin Meignant

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