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BIFFF 2015 - OFNI - True Love Ways

9 avril 2015 | Par : Quentin Meignant

Mathieu Seiler livre une oeuvre inclassable...

Si beaucoup de festivaliers avaient choisi la Salle 1 hier pour les projections des très excitants The Divine Move, thriller coréen burné, et le très renommé La Isla Minima, la Salle 2 valait elle aussi le détour avec True Love Ways, le nouveau film de Mathieu Seiler, et, surtout, vu son aura acquise au gré des festivals, Spring, du tandem Benson/Moorhead (Resolution).

Contre toute attente, c’est la première oeuvre citée qui a marqué les esprits, au point de rendre le public, toujours très réceptif il est vrai, complètement fou. Mathieu Seiler, qui s’était distingué l’an dernier au BIFFF, par le très étonnant The Outing, aka Der Ausflug, offre avec True Love Ways le premier OFNI du festival. Tourné en noir et blanc, le métrage reprend certains tics de réalisation qui ont fait la marque de fabrique de son metteur en scène, à commencer par un certain contemplatisme qui rend les premières minutes assez longuettes.

Ce sont néanmoins celles-ci qui posent les balises d’une oeuvre véritablement inclassable qui joue notamment de ses nombreux anachronismes. L’héroïne, campée par la magnifique Anna Hausburg, joue ainsi plus que de raison de son iPhone alors que ses fringues, son appartement, sa voiture et son électroménager semblent tout droit sortis des années 60. Ce parti-pris laisse pantois et sert allègrement de trompe-l’oeil pendant que Mathieu Seiler s’échine à faire passer au premier plan ses inquiétantes obsessions, à commencer par de nombreuses influences giallesques. Multipliant les très gros plans, intuitivement sensitif à un point qui le rapproche presque de L’étrange Couleur des Larmes de ton Corps, True Love Ways se veut dans un premier temps très inquiétant avant d’opérer un virage à 180° et de s’installer avec succès dans le registre de la comédie.

Sans crier gare, le metteur en scène donne en effet lieu à de nombreuses séquences au comique de situation réfléchi et réussi rendant l’ensemble presque absurde. Une course contre la mort aussi prenante qu’amusante s’instaure donc avec brio, recelant de véritables moments de suspens. Le paroxysme semble atteint lors du scène souterraine qui verra True Love Ways enfin affoler un body count jusque là proche du néant, mais Seiler se réserve encore les joies d’une dernière surprise, toute parisienne celle-là, qui installe définitivement le film au rang d’OFNI inclassable et de pépite aux relents glauques.

Le cinéaste suisse a donc réussi son pari et fait désormais partie de la jeune garde européenne à suivre de près. Un des favoris de la Compétition Septième Parallèle a vu le jour.

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