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BACKE TO THE FEATURE

13 janvier 2009 | Par : Chroniqueurs

Pumpkinhead

Par The creeper

Ce que l’on retient généralement des films d’horreur, ce sont les scènes marquantes, terrifiantes ou vomitives, rarement la mécanique scénaristique ou la construction narrative. Les décennies 80/90 en seront l’illustration. Si on note quelques exceptions (et notamment Carpenter ou Cronenberg), la plupart des films sortis à cette période jouent la carte de la surenchère et de la démonstration graphique à outrance. L’évolution et les progrès en matière de maquillage et autres animatroniques permettent tous les délires et les responsables des effets-spéciaux sont aussi connus que les réalisateurs. Un putsch artistique dont bénéficient les Tom Savini, Rick Baker, Chris Walas ou Stan Winston. C’est donc en toute logique que ces magiciens sont propulsés au poste de réalisateur. Savini et son remake de La Nuit des Morts-Vivants, John Carl Buechler avec Troll ou Vendredi 13 part VII et donc Stan Winston avec Pumpkinhead. Winston qui aura alimenté le bestiaire culte du genre en créant le Terminator, le Predator, les raptors de Jurassic Park et participant aux designs d’Aliens entres autres exploits. Il s’attèle donc à Pumpkinhead, film inspiré d’un poème de Ed Justin et qui s’articule autour d’une histoire de vengeance et de malédiction.

Ed Harley vit paisiblement dans la cambrousse en compagnie de son fils. Rien ne compte plus pour lui que l’éducation du fiston et son épicerie. Jusqu’au jour où une bande de jeunes issus de la ville tue accidentellement le gamin en faisant de la moto. Fou de douleur, il oubliera tout principe humaniste et sera obnubilé par sa soif de sang. Il veut se venger de ses morveux et rien ne pourra l’arrêter. Il s’en va donc quérir l’aide d’une sorcière locale qui invoquera un esprit vengeur, le pumpkinhead. Le monstre va donc se mettre en chasse et massacrer un à un les responsables. Mais l’accomplissement de cette mission aura une lourde contrepartie…

Une histoire simple, linéaire qui ne s’embarrasse pas de fioritures et prête encore moins à ses personnages une psychologie fouillée. Mis à part Ed l’épicier, interprété par Lance Henriksen, qui bénéficie d’une écriture plus fournie qu’à l’accoutumée, les autres personnages ne seront que stéréotypes et autres archétypes. Après tout, nous sommes là pour assister au massacre de jeunes gens, peu importe leurs états d’âme. Seulement, ce manque de caractérisation offre une trop grande distanciation et empêche toute implication du spectateur qui a parfois l’impression d’assister à un slasher basique, avec une créature maléfique en guise de boogeyman. Dommage, car justement, le monstre est grandiose. Conçu par le studio de Winston, qui laissera en la matière toute latitude à son protégé Tom Woodruf Jr, il s’avère être d’une fascinante et malsaine beauté. On voit où les efforts de réalisation se sont portés tant toutes les scènes impliquant le pumpkinhead sont travaillées et mises en valeur. Il faut donc souligner le magnifique travail du directeur de la photo Bojan Bazelli à base de teintes bleutées et ocres pour l’essentiel. De même, il faut noter la relation presque symbiotique qui s’installe entre Ed et la créature à mesure que celle-ci tuera de l’adolescent récalcitrant. Et qui culminera en une sorte de pacte faustien.

Si Stan Winston ne nous livre pas un chef-d’œuvre impérissable, au moins le film se laisse-t-il voir avec plaisir et demeure-t-il unique dans sa conception puisque la plupart des scènes mettant en jeu le pumpkinhead sont tournées en studio. Une conception qui se remarque mais ne nuit pas au métrage. En effet, l’atmosphère, les couleurs, l’ambiance sonore s’affranchissent de tout réalisme pour justement exploiter cette contrainte et verser abondamment dans un visuel surréaliste, donnant au film cet aspect de cauchemar éveillé.
Pumpkinhead offre également une vision intéressante de l’Amérique rurale, à milles lieux des rednecks dégénérés de Delivrance ou Massacre à la Tronçonneuse et propose un versant plus humain, du moins au départ. Pas de consanguinité ayant ravagé les cerveaux, seule l’incommensurable douleur de la perte d’un être cher.
Une œuvre peu connue ou même reconnue qui mérite de se voir réhabilitée ne serait-ce que pour son monstre, forme décharnée impitoyable, et pour avoir inspiré le pitch de Souviens toi, l’été dernier avec ces ados cachant le cadavre de l’homme qu’ils ont renversé.
Une œuvre estampillée eighties qui aura connu à l’époque un relatif succès malgré quelques déboires. Présenté en juin 1988 au festival du film fantastique de Paris où il obtint le prix de la meilleure première œuvre, le film ne pourra bénéficier bien longtemps de cette vitrine puisque la compagnie produisant et distribuant le film, la DGE (filiale de la boîte de prod de De Laurentis), fait faillite. Une partie du catalogue est donc racheté par la United Artists qui renomme le film Vengeance : The Demon pour la sortie américaine le 13 janvier 1989. Le film retrouvera finalement son nom d’origine un peu plus tard. En France, et malgré le succès rencontré au festival du film fantastique, le film ne sortira qu’en 1992 et en direct-to-vidéo. Une exploitation contrariée puisque De Laurentis avait en tête de sortir le film pour la fête d’Halloween, bien que ce dernier n’ait qu’un très lointain rapport avec cette célébration celte, la traduction littérale du titre Pumpkinhead étant "tête de citrouille".

Peut être est-ce l’addition de ces évènements, en plus du look du monstre, qui font de Pumpkinhead une œuvre culte. Car malgré un succès plus que relatif, le film aura droit à une séquelle en 1994, Pumpkinhead II : Blood Wings, sans Henrinksen ou Winston, et même à une mini-série de comics, Pumpkinhead : The Rites of Exorcism dont seulement deux épisodes sur les quatre prévus seront publiés par Dark Horse Comics. Encore plus étonnant est de constater le regain d’intérêt pour ce film en 2006 puisque deux nouvelles séquelles seront mises en chantier pour la télévision.

Pumpkinhead III : Ashes to Ashes reprend 15 ans après les évènements de l’original. Cette fois-ci, ce sont quatre jeunes gens qui invoqueront le démon pour punir une bande de profanateurs de sépultures. Finis les superbes effets à même le plateau, ici le numérique fait loi. Et comme le budget est limité, la qualité des images de synthèse s’en ressentira. Pumpkinhead IV : Blood Feud, lui, mixe la légende sudiste à la base du film original et Roméo et Juliette !? Des séquelles versant dans le gore et plutôt dispensables. Mieux vaut (re)découvrir Pumpkinhead premier du nom, un des travaux les plus méconnus de feu Stan Winston. Ce n’est peut être pas un grand film mais vous pourrez difficilement oublier cet énième monstre né de son imagination fertile.

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