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BACK TO THE FEATURE - La Mecque du remake

13 septembre 2011 | Par : Damien Taymans

Fright night

Est-ce bien utile ?

En soi, l’annonce du remake de Fright night (traduit en français par Vampire, vous avez dit vampire ?) n’avait rien d’étonnant. Le projet se trouve même au confluent des tendances du cinéma de genre contemporain puisque s’y épousent la grande tradition mercantile du remake des canons de l’horreur eighties, le lifting du croisement des genres comico-gore (Shaun of the dead, Tucker and Dale vs evil) , la technologie stéréoscopique (se faire sucer en trois dimensions, ça vous dit ?) et l’attachement des productions pour les suceurs de sang depuis la déferlante fantastico-romantique Twilight.

Le Who’s who

Roddy McDowall, le célèbre Cornélius de la saga La planète des singes campe en 1985 le personnage loufoque de Peter Vincent (nom qui rend hommage à deux monstres sacrés du cinéma d’épouvante, Peter Cushing et Vincent Price). Acteur de télé, Peter Vincent vit hebdomadairement des aventures fantastiques en compagnie de monstres célèbres, avec un certain enclin pour les vampires. Il est donc tout naturel que Charley, fan du programme, fasse appel à lui. Mais, cartésien et lâche, Peter Vincent refuse dans un premier temps d’aider le jeune homme avant de se voir lui-même confronté aux canines acérées d’Ed. Le gentleman maniéré, à l’attitude très british, est le personnage le plus cocasse du film de Tom Holland.

Dans le remake de 2011, Peter Vincent hérite d’un étonnant morphing. Désormais, la pusillanimité personnifiée arbore un look gothique, porte des tenues de cuir et joue les illusionnistes dans le Las Vegas nocturne. Aussi cabotin que Roddy McDowall, David Tennant (Doctor Who) excelle dans cet ersatz de Chris Angel dont l’ironie n’a d’égal que la poltronnerie. Énorme avantage : le Peter Vincent new look possède un impressionnant arsenal capable d’anéantir les monstres les plus mythiques.

Le jeu des 7 différences

- L’imagerie vampirique n’a guère évolué : les crucifix ne repoussent les vampires que lorsque des croyants les brandissent, l’eau bénite et le soleil constituent toujours de précieux alliés pour les humains.

- Autre époque, autres moeurs : Charley Brewster, admirateur du Peter Vincent télévisuel (1985), le découvre sous Gillespie sur... Internet... Le spectacle d’illusionnisme et le show TV partagent le titre de Fright night.

- Jeune homme jadis un peu geek et solitaire, Charley Brewster est aujourd’hui l’un des plus populaires de son bahut. Cerise sur le gâteau : il entretient une relation amoureuse avec Amy, elle-même plus belle fille du lycée

- Fasciné par la petite amie de Charley dans l’original, Jerry Dandrige est ici un séducteur de haut vol au cheptel impressionnant.

- Chris Sarandon, le Jerry Dandrige de l’original, reprend du service pour... un caméo.

- Preuve du règne de la surenchère qui frappe Hollywood, le vampire incarné par Colin Farrell est plus séduisant, plus effrayant et plus fort que son homologue de 1985. Au point de péter des canalisations à main nue ou de balancer une moto à plusieurs centaines de mètres de distance.

- Le vampire doit être invité pour pouvoir passer le seuil d’une maison. Si la mère de Charley était nettement plus naïve sous Tom Holland, la nouvelle version fait, elle, confiance à son fils et ne laisse pas entrer le suceur de sang. Jerry trouve à cet obstacle une jolie parade : il provoque une explosion dans la demeure des Brewster et lance ironiquement : "Je n’ai pas besoin d’invitation s’il n’y a plus de maison."

Miroir, miroir

A l’annonce du projet de remake, la réaction de Colin Farrell est sans équivoque : "Au départ, je trouvais l’idée d’un remake absurde. J’aimais le film original. Je l’aimais vraiment : je dois l’avoir vu 10 ou 15 fois quand j’avais 15 ans. J’étais suspicieux, je me demandais pourquoi ils avaient besoin de faire ça." Depuis, l’Irlandais figure à une place de choix au sein du casting du film de Gillespie puisqu’il y incarne le vampire Jerry Dandrige, interprété avec brio par Chris Sarandon dans l’original. Qu’est-ce qui a donc pu convaincre l’acteur de s’engager dans pareille aventure ? La modernisation brillante adoptée par la scénariste Marti Noxon qui bénéficia de cinq années d’études intensives sur les suceurs de sang via la série Buffy contre les vampires.

Premier film de vampires intégralement tourné en 3D, avant les sorties de Twilight - Chapitre 4 : Révélation ainsi que Dracula 3D de Dario Argento, Fright night se montre aussi opportuniste que novateur. "Je pense que ce remake est plus effrayant que l’original" assure le producteur Mike De Luca (The social network, L’antre de la folie). "Niveau comédie, nous nous rapprochons de cette ironie qu’on pouvait découvrir dans Les Dents de la mer quand ils disent : "Vous allez avoir besoin d’un plus grand bateau." C’est plutôt cette perspective comique que nous souhaitions." explique-t-il avant de confesser qu’il y aurait quelques coups bas adressés à la franchise Twilight via la bouche de Chris Mintz-Plasse. Louable intention que celle de se détourner des suceurs de sang fleur bleue qui pullulent depuis le succès inespéré des bouquins de Stephenie Meyer. Fright night assouvira définitivement les désirs des fans du cinéma d’horreur, assoiffés par une décennie de disette vampirique (si l’on excepte Let the right one in et le récent Stake land).

Moins porté sur la comédie, assurée pour l’heure par quelques répliques cinglantes d’ironie ("Ma mère est très chrétienne" explique Charley alors qu’il quitte la chambre de celle-ci dont la porte est remplie de crucifix), Fright night nouvelle cuvée entreprend avant tout de redonner au genre vampirique ses lettres de noblesse. Le comique de situation cultivé par Tom Holland cède la place à une narration plus riche en action et en suspense, soutenue par une mise en scène souvent bien inspirée (le plan-séquence de la course-poursuite en voiture).

Ça l’affiche mal

Présentation quasi semblable pour Fright night et son remake. La menace du vampire (représentée de manière fantasmée pour la première, voilée pour la seconde) pèse sur des proies reléguées dans l’obscurité (la demeure familiale pour la version 1985, le héros pour la version 2011).

Le titre, en bas de l’affiche, conserve la même typographie. Les couleurs utilisées pour l’intitulé du remake évoquent avec évidence l’hémoglobine destinée à être versée.

Ces deux volées comptent sur l’effroi provoqué par leurs affiches et les taglines qui y sont mentionnées. "Il y a quelques très bonnes raisons d’avoir peur du noir." stipule celle de 1985 quand la nouvelle mentionne que "Vous ne pouvez fuir le mal quand il habite près de chez vous." En la matière, un seul ne tient pas ses promesses. Saurez-vous deviner lequel ?

Commentaires

Très cool, cette nouvelle chronique !

14 septembre 2011 | Par Vivadavidlynch

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