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BACK TO THE FEATURE - La Mecque du remake : Robocop

8 mai 2014 | Par : Samuel Tubez

Est-ce bien utile ?

Même pas encore sorti qu’il était déjà vilipendé par les hordes de fans en fureur. Et on peut les comprendre ! Non seulement, ça devient une sale habitude de refaire les chefs d’œuvre du cinéma de genre, mais en plus, on s’attaque ici à l’un des saints graal des fantasticophiles : Robocop de Paul Verhoeven. Une tuerie, un sommet de la SF, un monument de violence maîtrisée, voire carrément un film prophétique ! Edulcoré et passé à la moulinette des majors actuelles, il ne reste rien ou pas grand-chose du film de 1987. Et tant mieux, le film de Paulo demeurant bien évidemment un classique inégalable, un de ces miracles cinématographiques aussi beaux que rares. Faut-il donc bouder cette version 2014 ? Certainement pas, car celle-ci possède plus d’un charme et trouve son intérêt dans une certaine prolongation des thématiques de son modèle…

Le jeu des 7 différences

> Une introduction n’ayant aucun rapport avec le film original fait son apparition. Elle se déroule à Téhéran où lors d’une opération de pacification éclate une guérilla urbaine. Une approche plus militaire qui ne sera hélas pas développée par la suite et qui nous dévoile d’entrée de jeu des robots-flics qui n’ont rien d’humains ainsi que les ED-209 (on y reviendra).

> De nombreux personnages ont changés ou n’ont pas été reproduits. Ainsi à la tête de la multinationale Omnicorp, équivalente à l’OCP de 1987, on ne retrouve plus Dick Jones (Ronny Cox) mais Raymond Sellars, personnage tenu par Michael Keaton. On trouve également dans l’équipe le talentueux chirurgien Dennett Norton (Gary Oldman), spécialiste en greffes robotiques qui s’occupera du cas d’Alex Murphy. Il en est de même avec les criminels  : finis les charismatiques Clarence Boddicker, Leon Nash ou Emil Antonowsky et place à…un certain Vallon. Un bad guy aussi transparent que l’homme invisible dont les agissements nous laissent complètement indifférents ! And last but not least, la coéquipière d’Alex Murphy, Anne Lewis, fait place à un coéquipier lui aussi totalement cristallin qui n’aura d’ailleurs quasiment aucune influence sur l’histoire.

> PG-13 oblige, exit l’hémoglobine, la drogue, les insultes et les putes !

> La mort (physique) de Murphy, véritable crucifixion dans le film de Verhoeven, a désormais lieu suite à l’explosion de son véhicule. Une banale voiture piégée en lieu et place d’un véritable massacre…néanmoins cela se passe cette fois sous les yeux de sa femme et son gosse.

> La famille de Murphy, uniquement présente par le biais de flashbacks dans le film original, a d’ailleurs ici un rôle important dans le déroulement de l’histoire. Son épouse, jouée par Abbie Cornish, intervient ainsi régulièrement et fait intégralement partie du climax.

> Robocop, petit bijou de technologie mais aussi objet soigneusement markété, peut maintenant courir et sauter, change en cours de route de couleur d’armure (du gris au noir) et possède également une moto. Et il a un plus gros flingue !

> Omnicorp possédant le monopole de l’industrie robotique, on découvre dès l’entame des robots en activité. L’ED 209 est d’ailleurs totalement vulgarisé dans ce remake. Multiplié, dépersonnalisé, il n’est plus qu’un simple obstacle et perd lui aussi de son charisme métallique jadis très prégnant.

Innovation ou repompage éhonté ?

Édulcoré et bien moins puissant que son modèle, certes, mais on ne peut certainement pas lui reprocher d’être un simple repompage sans idée ! On l’a vu ci-dessus, les différences sont nombreuses et vont même bien au-delà de sept. On pourrait d’ailleurs également citer les multiples infos télé présentes dans la version de 1987 qui ont été remplacées par une émission de société animée par Pat Novak, joué par un Samuel L. Jackson une fois de plus très cabotin et qui tourne en ridicule le pouvoir des médias aux States. Une preuve supplémentaire que cette version mise en scène par José Padilha n’est pas qu’un copié collé fade et surtout qu’il s’attaque, à sa façon et avec moins de virulence, au pouvoir des médias aux States, au consumérisme ainsi qu’aux impitoyables multinationales. La causticité inhérente à l’univers de Robocop est en soi ainsi préservée. Par contre, on le répète, l’œuvre manque de puissance et d’ampleur. Film d’action peu prenant (hormis l’introduction, les scènes d’action sont bordéliques, à l’image de cette intervention dans un hangar en vue nocturne où l’on ne sait jamais qui tire sur qui) où aucun face à face ou affrontement ne reste dans les mémoires, et mauvais film policier où l’on ne ressent jamais l’ambiance des commissariats ou des rues malfamées, ce Robocop met davantage en avant son aspect technologique comme pour mieux résonner face aux évolutions contemporaines.

Ca l’affiche mal

Dans les deux cas, le robot-flic prend la pose devant son véhicule. Arborant sa célèbre armure grise, Robocop version 1987 sort de sa voiture de police et semble en pleine intervention, les lumières rouges-sang des gyrophares se reflétant sur son armure. « Mi-homme, mi-machine, 100% flic », la tagline évoque parfaitement la condition de notre héros de métal, programmé pour être le flic parfait mais possédant tout de même encore sa part d’humanité. Le titre est pourvu d’un sous-titre que l’on a tendance à oublier mais qui a son importance : « The future of law enforcement ».
Celui de 2014 a revêtit sa cuirasse noire, plutôt classe, et a sorti son super flingue pour en découdre. En arrière-plan, la moto tous feux allumés reflète ses lumières rouges et bleues de part et d’autre du héros et l’on aperçoit les buildings de l’OCP. Bien vu d’avoir inclus la présence de la multinationale, celle-ci étant à la fois la génitrice et l’ennemie n°1 du héros. La tagline prend alors un double-sens plus que bienvenu : « Le crime a un nouvel ennemi »…et ne se trouve pas toujours dans les rues sombres mais aussi dans les tours immaculées des personnes de pouvoir, voudrait-on ajouter.


Commentaires

Ouaip... plutôt déçu, même si ça se regarde sans déplaisir.

12 mai 2014 | Par Fred Bau

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