Back to the feature

BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

13 janvier 2011 | Par : Damien Taymans

Nekromantik

L’oeuvre

Un brûlot à la fois poétique et dérangeant sur le thème de la nécrophilie signé de l’un des maîtres du cinoche underground germanique, Jorg Buttgereit. Plus subversif qu’ouvertement gore, Nekromantik méritait néanmoins de figurer au sein de cette chronique dévolue au cinéma autre...

Pitch à gore

Rob bosse à plein temps pour une firme de ramassage de cadavres, la Joe’s Street Cleaning Agency. En sus de la rémunération qui tombe mensuellement, il jouit des corps inanimés qu’il ramène en cachette pour leur faire subit, en compagnie de sa copine déjantée, des trucs super salaces. Ne serait-pas ça un amour plus fort que la mort ?

Gore à gore

La plus belle scène de l’oeuvre montre les deux tourtereaux s’adonnant à la sauterie du siècle. Un pieu fraîchement découpé est planté à l’entre-deux-jambes du défunt et ensuite garni d’un préservatif par la donzelle. Sur fond de musique mélancolique, les amants se partagent la dépouille, l’une frottant sa poitrine sur ses côtes mises à nu, l’autre léchant doucettement l’oeil de leur compagnon de jeu.

Lorgnant du côté des docus animaliers signés Deodato, Buttgereit incorpore également, par le biais d’un flash-back représentant les pensées de Rob, le supplice subi par un lapin qui est saigné par un homme avant d’être délesté de sa peau.

Sang pour sang ?

Paraphilie des plus fascinantes, la nécrophilie constitue une déviance sexuelle socialement réprouvée. Incontestablement taboue, cette pratique consistant en un coït avec un partenaire qui ne peut plus dire s’il est réellement consentant a été étrangement peu abordée dans le septième art, si ce n’est dans les catacombes du cinoche underground et déviant, à la limite du sectarisme. Nacho Cerda dans le segment Aftermath de La trilogie de la mort, Patrick Bouchitey avec Lune froide, Joe D’Amato dans son Buio Omega sont quelques rares cinéastes téméraires à avoir traité du sujet et à voir forcément leur oeuvre devenir le sujet de diatribes véhémentes.

Projectionniste de formation, l’Allemande Jorg Buttgereit entreprend, après deux courts métrages plutôt trashs (Horror Heaven et Hot Love) de coucher sur pellicule les exactions nécrophiliques de Rob, employé dans une compagnie de ramassage de cadavres, qui subtilise les corps afin de s’adonner, avec sa compagne, à un triolisme morbide. Tourné sur deux années avec une bande de potes en 8mm, Nekromantik a tout de la bobine amateure expérimentale shooté à l’arrache dans des décors naturels, à l’abri des regards de voisins un brin voyeurs. C’est bien là l’étrange destin de ces bandes sulfureuses destinées à quelques fétichistes du passage bien trashy capable de leur désorganiser les organes.

Pourtant, malgré une mise en scène souvent too much accentuant le psychédélisme de l’entreprise et quelques séquences de violence gratuite (l’égorgement du lapin, tout à fait dispensable), le film de Buttgereit désarçonne par son mélange des tons (succède à l’étêtement d’un croquemort une scène excessivement poétique) et par le traitement particulier de sa thématique. Rob, sinistre bonhomme à la solde d’une petite amie castratrice, est élevé dans la fascination de la mort et n’envisage son existence sans la jouissance que lui apportent ses fétiches. Collectionnant les morceaux d’organes dans des bocaux hermétiquement fermés, partageant l’acte sexuel avec des corps en décomposition, le héros fétichise la mort et entrevoir en elle un moment de plaisir intense. Son propre suicide s’accompagne d’une éjaculation, symbole suprême de "la petite mort", expression stigmatisant la caractère divin de l’orgasme.

Controversé et interdit de diffusion dans de nombreux pays, Nekromantik reste à ce jour l’un des essais les plus aboutis de son réalisateur qui persévéra dans la description voyeuriste de l’abject avec Der Todesking et Nekromantik 2.

Trashothèque

Nekromantik existe dans une version zone 1 unrated, achetable chez Amazon.com

Commentaires

Yes, mais est-ce qu’il y a des sous-titres sur l’édition zone 1 US ?
Ce n’est pas indiqué sur Amazon.com...

13 janvier 2011 | Par Vivadavidlynch

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