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BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

18 juin 2011 | Par : Damien Taymans

The wizard of gore

L’oeuvre

Remaké en 2007 (avec Cripsin Glover dans le rôle de Montag), cité dans le multi-oscarisé Juno, The wizard of gore est à ce jour considéré comme le meilleur film du maître des viandards, Herschell Gordon Lewis.

Pitch à gore

Montag le magnifique exécute des tours prodigieux devant une assistance certes minime mais ébahie. Hypnotisant public et cobayes, il donne l’illusion de mutiler de jeunes femmes sur scène. Quelques heures après, les victimes de ses tours maléfiques succombent aux blessures qu’il leur avait préalablement infligé...

Gore à gore

Une jeune femme voit son crâne défoncé à coups de burin par Montag qui prend ensuite un plaisir non dissimulé à extraire la cervelle de la tête de sa victime avant de lui extraire l’un de ses yeux.

Sans doute la scène la plus célèbre du film, celle où une femme étendue sur une table est perforée vivante au niveau de l’abdomen par une gigantesque presse. C’est cette séquence qui sert d’illustration au talent morbide de Lewis dans le film Juno de Jason Reitman.

Sang pour sang ?

"Argento, il est correct. Mais Lewis, il est carrément dément. Attention, je te parle de bassines de jus de tomates, de litres et de litres d’hémoglobine, de flots bouillonnants de cervelle en gélatine." Ainsi résumée par l’un des personnages créés par Diablo Cody, l’oeuvre d’Herschell Gordon Lewis semble attrayante voire foutrement réjouissante. Reconnu comme le créateur (involontaire sans doute) d’un sous-genre nouveau (le film gore ou splatter movie), Lewis a d’abord fait ses armes dans le registre pornographique avant d’appliquer un schéma semblable dans le domaine de l’horreur. La recette est simple : plutôt que de soumettre des beautés sculpturales à l’écartement de guiboles toutes les dix minutes, Lewis pratique le démembrement, l’énucléation, l’éventrement. Avec le même appétit en matière de détails anatomiques.

Piètre illusionniste, à l’instar du prestidigitateur de sa pellicule, Herschelle Gordon Lewis recycle continuellement la même dynamique lors de ses tours de passe-passe : plans d’ensemble resserré sur le faciès de la victime beuglant à qui-mieux-mieux avant qu’un gros plan sur les viscères ne termine le travail. L’inertie de chacun de ces plans ne fait qu’accentuer l’amateurisme des effets réalisés à coups de faux sang d’une épaisseur douteuse et de morceaux de chair gélatineux extraits de mannequins à peine ressemblants.

Conçu cinq ans après sa première trilogie sanguinolente (Blood feast, 2000 maniacs et Color me Blood Red), The wizard of gore constitue l’essai le plus voyeuriste et le plus inventif du metteur en scène. Epées enfoncées dans la gorge, femme tronçonnée en deux, pieu enfoncé dans le crâne, énucléation, perforation ventrale, autant de réjouissances offertes à l’amateur de Grand-Guignol qui retrouve dans la pellicule tous les ingrédients du genre, jusqu’aux lamentables prestations des comédiens. La palme revient dans ce domaine à Ray Sager, acteur fétiche de Lewis qui l’a notamment utilisé dans The Gruesome Twosome, The Gore Gore Girls ou Just for the Hell of It.

Ce qui constitue l’opus le plus original de l’auteur (dû à son script dingue qui entremêle étrangement réalité et illusion) n’en reste pas moins aussi trépidant que l’électroencéphalogramme d’un dresseur de chiens d’attaque. Fort heureusement, les affabulations du narcissique Montag se concluent au bout d’une heure et demi alors que les héros sont contraints de les vivre ad vitam aeternam. Y a une justice...

Trashothèque

The wizard of gore existe en édition spéciale en zone 1 avec, comme cadeau bonux, un commentaire du réalisateur et le trailer original. Waw !

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