Back to the feature

BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

1er novembre 2011 | Par : Damien Taymans

Face à la mort 2

L’œuvre

Refilée honteusement sous le manteau dans les cours de récré, Face à la mort constitue encore aujourd’hui l’une des créations les plus choquantes qui soient. Le procédé est d’une simplicité étonnante : montrer à tout prix et sans la moindre censure des morts véritables, si possible filmées en direct au moment où la Camarde entre en action.

Pitch à gore

Peut-on raisonnablement parler de pitch ? Pas l’once d’un synopsis dans cette étude de la mort menée à nouveau par le docteur Francis B. Gross qui étale sans vergogne une multitude de cadavres en charpie dans le but d’illustrer toutes les facettes de la Mort...

Gore à gore

Nettement moins sanglant que la première volée, ce deuxième épisode propose peu de séquences croustillantes.

Il convient tout d’abord de mettre en exergue le massacre des dauphins, ces mammifères aux yeux coquins et aux rires reconnaissables entre mille, qui se voient capturés puis taillés en charpie par des chasseurs malveillants. Devant tant de violence, le contestataire écolo ne pourra se retenir de beugler "Cétacé" et de souscrire à l’emporte-pièces au Dauphiné libéré sans mesurer la portée de son acte.

Ensuite, parce qu’il n’y a pas de raisons qu’il n’y ait que les bêtes qui morflent, je retiendrais comme second moment "gore" l’exécution finale. Une poignée d’hommes, dressés contre des poteaux, sont fusillés par des pros de la gâchette quelque peu en surtension suite à leurs résultats catastrophiques à Call of Duty.

Sang pour sang ?

Né déjà sous l’impulsion d’Edison à l’aube du 20ème siècle ("Electrocuting an elephant", destiné à montrer les cruautés faites à l’encontre des bestiaux) , le shockumentaire prend un nouvel essor dans les années 60 avec Mondo Cane des transalpins Gualtieri Jacopetti, Paolo Cavara et Franco Prosperi. Mêlant commentaire socio-anthropologique et voyeurisme sensationnel, l’oeuvre trouve son public, en quête de sensations fortes. La grenade est dégoupillée et le débat entériné. Quelle légitimité possèdent ces vitrines morbides et quelles sont les limites à la dépravation filmique ? Sur qui doit reposer la culpabilité : sur les producteurs qui exploitent le filon ou les adorateurs de la chair qui font circuler la bande de manière clandestine et honteuse ? Débat infécond en réalité.

Le monde de l’exploitation aura tôt fait de s’emparer du phénomène et de livrer à la pelle des créations plus dérangeantes et choquantes les unes que les autres. Nommé au festival de Cannes de 1962, le film enfante à sa suite une fournée de "mondo" : Mondo bizarro, Mondo sexo, Jabberwalk, The late great planet earth ou encore Mondo Hollywood. En 1977, un distributeur nippon contracte avec une production américaine afin que soit mis sur pied un documentaire centré sur la mort. En 1980, le film détrône au box-office japonais L’empire contre-attaque avant de faire des vagues sur le continent américain où il gagnera ses galons sur sa seule exploitation en VHS.

Face à la mort appartient à ces docus mondo qui se plaisent, sous couvert d’une orientation scientifique, à déballer une série de séquences morbides, à la limite de l’écoeurement, afin de marquer durablement la rétine des pauvres spectateurs soumis à cette expérience unique en son genre. Le parcours effectué en toute clandestinité par le premier volet a entraîné John Schwartz à réitérer ses méfaits. La recette n’a pas évolué d’un iota : le pseudo-médecin Francis B. Gross déverse ses réflexion ontologiques tandis que déroule un flot d’images macabres montrant, entre autres, les massacres de dauphins et de baleines, la mort d’un boxeur en plein match, des rites de scarification, des lépreux passés de vie à trépas, des descentes de police plutôt musclées, des cascades foirées.

Seule compensation pour les "fragiles", cette seconde volée s’avère nettement moins trash que son prédécesseur. Et largement plus hypnotique, la voix-off monocorde du docteur Gross terminant de conduire le spectateur dans les bras cotonneux de Morphée. Néanmoins réservé à un public averti, Face à la mort 2 constitue l’épisode le plus ennuyeux et le plus soft de la saga, c’est tout dire...

Trashothèque

Rogue pictures prépare actuellement un remake de Face à la mort. L’original est disponible en Zone 1 et se trouve même dans un joli coffret accompagné de ses petits frères.

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