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BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

12 mars 2010 | Par : Chroniqueurs

Hanger

Par Nicore

L’œuvre

Dernier méfait en date du réalisateur Ryan Nicholson (à qui nous devons notamment le sympathique Live feed et surtout Gutterballs), Hanger permettra à son auteur de persévérer dans ce mélange détonant de mauvais goût à base horrifique et érotique, pour hélas demeurer ici bien superficiel et laisser un rythme en dents de scie venir en partie plomber les idées perverses et peu ragoûtantes de l’intrigue.

Pitch à gore

Le script suit la vengeance d’un jeune homme difforme contre celui qui a tué sa mère, en l’avortant de force.

Gore à gore

Parmi les scènes sanglantes du métrage, on retiendra la triste fin d’une prostituée qui finit la tête éclatée par une portière de voiture dans un élan graphique plus que volontaire, tandis que plus loin, c’est une femme témoin de Jéhovah qui rend visite à Hanger et qui se fait en partie dévorer.

Sang pour sang ?

Dans sa séquence introductive, le métrage met en scène une prostituée enceinte, nommée Rose, regardant un mauvais film gore à la télévision en compagnie de deux "collègues", une autre jeune femme ayant eu le visage brûlé et un vieux transsexuel, jusqu’à ce que leur souteneur, un black hyper violent appelé Leroy, débarque, frappe Rose puisqu’elle ne lui a pas ramené d’argent du fait de son état et brûle le pénis du transsexuel sur une plaque de cuisson, tout en ordonnant à Rose de se débrouiller pour obtenir des dollars. C’est ce qu’elle va faire en allant voir John, un client habituel qui refuse de coucher avec cette femme enceinte jusqu’aux yeux malgré ses supplications et autres effets d’esbroufe (comme cette montée de lait graphique…). Mais malheureusement pour Rose, Leroy revient et la violente encore avant de la suivre jusqu’à sa chambre et de commettre l’impensable avec un cintre. En effet, l’homme se sert de cet instrument pour extirper le bébé de Rose de son ventre pour un avortement sauvage qui a raison de Rose, le bébé finissant jeté dans une poubelle.

Ryan Nicholson donne ainsi d’entrée le ton en flirtant constamment avec le mauvais goût le plus graphique, suivant cet avortement en s’aidant de gros plans sur la vulve de Rose jusqu’à la sortie de ce bébé qui finit aux ordures avant d’être récupéré par une main inconnue. L’intrigue effectue alors un bond de dix-huit ans en avant dans le temps et nous retrouvons le bébé de Rose devenu un jeune homme prénommé "Hanger" qui cache son visage et vit avec des clochards dans la rue jusqu’à ce qu’il soit recueilli par John, qui l’emmene chez lui, lui offrant ainsi un pied-à-terre et l’emmenant pour leur première soirée commune voir une prostituée.

John laisse donc Hanger et sa "promise" seuls dans sa voiture mais la demoiselle découvre en même temps que nous le visage hideux et défoncé par des cicatrices de "Hanger". Cette monstrueuse révélation la pousse à s’enfuir mais elle est bien vite rattrapée par Hanger et par John qui vont devoir s’en débarrasser lors d’une scène sanglante plus que volontaire puisque la jeune femme a la tête écrasée et explosée par la portière du véhicule de John. La suite de l’intrigue voit dans un premier temps Hanger trouver du travail dans une usine de recyclage où il rejoint d’autres "freaks" graveleux et répugnants, se liant même d’amitié avec l’un d’eux, laissant John se lancer à la recherche de Leroy pour venger la mort de Rose et la métamorphose d’Hanger. Hélas, la partie centrale, occupée principalement par des situations mettant en scène Hanger et son nouvel ami, tombent régulièrement à plat en plus de n’avancer que des idées provocatrices de pacotille.

En effet, outre les décors dans lesquels évoluent les protagonistes entre cette pièce aux murs couverts de clichés pornographiques et cette usine nauséabonde qui renferme dans ses poubelles tout et n’importe quoi (le crabe), le métrage met surtout en avant des situations jamais véritablement offensantes jonglant avec un humour salace très terre à terre et redondant, ce qui laisse également Ryan Nicholson s’amuser avec un érotisme complètement gratuit (la secrétaire très sexy de l’usine de recyclage aime se promener un mini-jupe et s’adonner à la masturbation dans son bureau, quitte à se dévêtir complètement pour s’allonger sur son bureau et jouer avec son stylo).

Ryan Nicholson cherche donc une nouvelle fois à choquer et à amuser son spectateur en étalant un mauvais goût de tous les instants qui se retrouve également dans des dialogues bardés d’obscénités et de vulgarités. Hélas, il ne parvient pas franchement à innover et ne reprend des situations déjà vues ailleurs, certes en les rendant toujours plus volontaires et graphiques, mais cela n’empêche pas une certaine monotonie gênante de s’installer. D’autant que les phases de dialogues ont largement tendance à traîner en longueur et que le "ventre mou" du métrage n’est pas réellement excitant ou animé.

De plus, l’intrigue globale du métrage s’avère plutôt "facile" et ne crée que très rarement du suspense ou de la tension (avec quand même un bel effet de surprise lors de la découverte du visage terrifiant de Hanger) pour bien entendu privilégier l’aspect graphique et la gaudriole et assumer pleinement les choix dégoûtants du réalisateur qui joue avec son humour scatologique (ou ici très porté sur les tampons menstruels usagés), quitte même à s’en servir pour faire périr un des personnages qui est étouffé par l’un d’eux gorgé de sang "frais".

L’interprétation est cohérente, portée par des acteurs semblant bien s’amuser derrière des maquillages démonstratifs, tandis que la mise en scène de Ryan Nicholson manque hélas de "pêche" et s’avère incapable d’insuffler au métrage un vent de folie dont il aurait pourtant bien eu besoin. Les effets spéciaux sont par contre largement probants, aussi bien pour ces maquillages réussis qui défigureront les faciès, que pour les nombreux plans sanglants volontaires et très graphiques.

Hanger peut déplaire ou dérouter les spectateurs guère habitués à ces débordements assez extrêmes, tandis que les autres pourront au contraire s’en amuser tout en regrettant ce manque de fraîcheur et de rythme ainsi qu’une originalité en berne !

Trashothèque

Le métrage est disponible pour l’instant qu’en DVD de zone 1 grâce à "Breaking Glass Pictures"

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