Back to the feature

BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

30 janvier 2010 | Par : Chroniqueurs

Grotesque

Par Nicore

L’œuvre

Complètement interdit de distribution et de diffusion en Angleterre, Grotesque repousse très loin les limites du "torture porn", misant sur une intrigue minimaliste uniquement axée sur le sadisme et les tortures, sans chercher, comme ce fût le cas avec Saw ou Hostel, à se parer d’une quelconque morale ou de fioritures inutiles dans un tel contexte malsain.

Pitch à gore

Le script laisse un maniaque kidnapper un jeune couple et l’enfermer dans son sous-sol pour tester dans la douleur leur volonté de survivre et l’amour qu’ils se portent au travers de sévices régulièrement à connotation sexuelle.

Gore à gore

Parmi les nombreuses exactions sanglantes du métrage, on retiendra notamment cette longue séquence au cours de laquelle le maniaque mutile successivement ses deux victimes, tronçonnant les doigts de chacun, avant de carrément couper un bras, d’enfoncer de longs clous dans les organes génitaux ou encore d’arracher un œil, le tout à grands renforts de gros plans ultra-saignants. Plus loin, ce piège barbare procure également son lot de barbaques étalées devant la caméra, mais en dire plus reviendrait à déflorer une des surprises de taille du film.

Sang pour sang ?

Sans perdre de temps, le métrage avance tout de suite son tortionnaire qui guette ses proies, un couple qui s’approche de son véhicule dans lequel il attend, pour rapidement les assommer avec un marteau et après un petit trajet qui permet au réalisateur de laisser passer le générique, l’intrigue s’enferme dans ce sous-sol malsain dans lequel nous retrouvons les deux jeunes victimes attachées, debout contre une plaque métallique, bâillonnées et qui découvrent apeurées, à leur réveil, cet environnement guère rassurant baignée d’un éclairage ocre persistant pour finalement voir sortie de l’ombre cet homme au visage dur et sec qui va s’approcher d’eux.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le réalisateur Kôji Shiraishi va directement à l’essentiel pour ouvrir le bal des sévices le plus vite possible, sans prendre la peine de nous renseigner sur cet agresseur intimidant. Tout au plus laisse-t-il juste un petit flash-back revenir sur la condition des victimes, un jeune homme et une demoiselle sortant d’un café où ils avaient pris une collation ensemble pour leur premier rendez-vous galant, pour uniquement insister sur l’attirance évidence ressentie par l’homme pour celle qu’il aimerait bien connaître plus intimement, mais certainement pas de la manière décidée par le maniaque comme nous le montreront les péripéties à venir.

En effet, après une première agression physique contre le jeune homme qui a une pointe métallique enfoncée dans la bouche puis dans le ventre et une période de répit qui voit le kidnappeur disparaître et laisser en attente ses victimes qui n’ont d’autres choix que d’attendre, quitte à faire leurs besoins sur eux, le métrage se déchaîne pour de bon et se lance dans une succession de situations perverses et sauvages. Celles-ci n’épargnent personne puisque les deux victimes connaissent le même sort au cours de la première partie qui laisse un sadisme sexuel s’inviter lorsque le tortionnaire masturbe successivement chacune de ses proies dans le but évident de les humilier, ce que le réalisateur illustre de manière graphique (et auditive) sans pour autant verser dans le "hardcore", le réal s’intéresssant surtout au côté dégradant et visqueux de la chose.

Mais ensuite, c’est vers une dérive sanglante que les sévices sont orchestrés, avec ces mutilations sévères, franches et volontaires que subissent les deux individus dans une ambiance glauque et nihiliste au possible, pour laisser peu à peu les motivations du bourreau se mettre en place. Ce qui apporte encore un peu plus d’ampleur à ces passages hautement douloureux et difficiles par leur réalisme jamais démenti qui confine parfois à l’insoutenable, créant ainsi de fait un parallèle malsain avec la plaisir quasiment sexuel pris par le tortionnaire qui jubile à maltraiter ses victimes tout en leur ordonnant de se surpasser et en invitant dans un jeu terriblement macabre l’homme à montrer jusqu’où il est capable d’aller et à quel point il est capable d’accepter la douleur par amour pour sa compagne.

Si la seconde partie laissera un répit surfait qui tranchera de manière efficace et du coup dérangeant avec les tortures passées pour mieux continuer à déstabiliser le spectateur, ce sera pour mieux rebondir et nous gratifier d’un dernier acte barbare, à la folie inimaginable dans l’exécution d’une sorte de piège jusqu’auboutiste dans sa démarche et qui donnera pleinement sa justification au titre lors d’un final hélas presque trop délirant pour rester crédible et venant interférer avec le souci d’authenticité avancé jusque-là, mais qui donnera au métrage la seule issue envisageable à la vue de la noirceur ambiante, pour même laisser envisager la possibilité d’une éventuelle suite dont rêvera tout fan de gore déviant.

Mais contrairement à ce que le spectateur pouvait craindre, jamais le métrage ne paraît "cheap" ou minimaliste pour impliquer instantanément dans cette spirale de souffrances et de tortures qui vont crescendo sans aucun renoncement ni aucune retenue pour multiplier les sévices plus que douloureux avancés de façon frontale, franche mais pour autant toujours réaliste, le réalisateur ne cherchant pas la démesure ou l’outrance sanglante pour ainsi réussir à mieux choquer et heurter, jouant même avec nous avec ces lueurs d’espoir bien vite massacrées dans le sang et la douleur pour ramener les victimes à une bien dure réalité peuplée de fluides corporels giclant et suintant des plaies et des organes.

En évacuant toute profondeur inutile à son intrigue, le réalisateur pousse le "torture porn" dans ses derniers retranchements, débarrassé de tout effet superflu pour se concentrer et aller directement à l’essentiel, à savoir la violence perverse, sanglante et douloureuse qui éreinte les victimes de ce jeu sadique jusqu’à leur dernier souffle dans un univers malsain et sordide qui met en évidence avec un naturel extrêmement désarmant aussi bien les travers cruels et fantasmés d’un tortionnaire à la perversité inouïe que les inconvénients de cette captivité prolongée, humiliant ainsi encore un peu plus ces deux êtres définitivement coupés de toute normalité.

Le métrage peut également compter sur une interprétation remarquable de finesse et de retenue pour mettre en scène ce sadique au faciès de marbre qui a largement de quoi intimider et qui impose sa supériorité face à des proies qui souffriront avec un naturel plus que convaincant. La mise en scène du réalisateur est également concluante et imprègne le métrage de cette atmosphère délétère plus que sinistre et sans issue tout en trouvant les cadrages et angles de prises de vues adéquates pour augmenter le malaise et laisser l’imagination travailler lorsque de rares atrocités seront commises en hors-champ (et agrémentées de bruitages douloureux). Les effets spéciaux sont impeccables, toujours réalistes en versant dans un gore graphique, expansif mais toujours crédible, à base de mutilation, d’amputations et autres sévices réalisés sans l’utilisation d’un numérique qui aurait desservi l’ensemble de façon évidente.

Grotesque porte bien son nom en allant très loin dans la déviance et la perversité sanglante pour mieux déstabiliser son spectateur jusqu’à un point de non-retour qui est ici définitivement dépassé en donnant toute sa signification à la dénomination de "torture porn" !

Trashothèque

Pour l’instant, le métrage n’est disponible qu’en DVD de zone 0, édité par "Keris Video", le DVD anglais prévu par 4Digital Asia ayant été interdit par la BBFC.

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