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BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

16 janvier 2010 | Par : Chroniqueurs

Slaughtered vomit dolls

Par Nicore

L’œuvre

Œuvre aussi extrémiste que définitivement hors-norme, Slaughtered vomit dolls constitue une expérience à part pour tout cinéphile qui oserait se lancer dans cette aventure qui peut sans mal ennuyer, dégoûter, révolter ou tout simplement fasciner par le contexte de réalité se cachant derrière les artifices utilisés pour suivre la déchéance fatale du "personnage" principal du film.

Pitch à gore

Le script suit la descente aux enfers d’une jeune femme souillée par la vie qui a conclu un pacte avec Satan.

Gore à gore

Parmi les méfaits gore du film, on retient notamment cette scène ignoble au cours de laquelle un personnage annexe découpe le crâne d’une victime pour ensuite pouvoir ingurgiter son cerveau et le régurgiter immédiatement. Un peu plus tard, un autre protagoniste passe un moment à vomir dans une chope de bière pour tout de suite avaler son propre vomi.

Sang pour sang ?

D’entrée, le métrage surprend, avançant une petite gamine filmée et que nous voyons parler et chanter à travers un écran de télévision, avant que le réalisateur Lucifer Valentine ne commence à multiplier les plans épileptiques. Ceux-ci reviennent régulièrement sur cette télévision ainsi que sur une jeune femme endormie en plein cauchemar et sur des très courts plans violents de femmes battues pour un capharnaüm de scènes recomposées, découpées, hachées et récurrentes. Lesdites scènes dévoilent peu à peu le passé de cette personne (prénommée Angela), violée par un prêtre, forcée de fuir le domicile familial (non sans avoir auparavant brûlé l’église locale) pour se retrouver à la rue et finir comme strip-teaseuse et comme prostituée.

C’est de la voix déformée d’Angela que nous tenons ces informations, uniquement relayées par de régulières séquences de strip-tease largement osées (vive le nu intégral !), tandis que par sa bouche nous apprenons aussi qu’elle a conclu un pacte avec le Diable. Mais pour autant, le film ne verse jamais dans un satanisme primaire ou folklorique puisque ici aucune croix renversée ou autre pentagramme ne vient orner les décors minimalistes utilisés pour filmer la dérive mentale et physique de cette jeune femme dont nous découvrons également, au cours de ces plans de déshabillage, les bleus et autres traces de coups criantes de vérité.

La structure narrative tenue qui peut se détecter au milieu de cette avalanche de plans très courts suit ainsi de manière complètement désordonnée et non linéaire la déchéance morale de cette jeune femme, dont l’aspect physique se transforme et se marque au fur et à mesure des événements. C’est ainsi que cette demoiselle peut apparaître alternativement fortement attirante, quelque peu rebutante ou carrément répugnante lors des séquences vomitives explicites la mettant en scène, puisque ce n’est pas la seule personne à venir restituer pour le film.

En effet, parallèlement à la destinée chaotique de cette demoiselle, le métrage laisse un assassin mystérieux se défouler sur ses victimes pour des scènes flirtant avec le "snuff movie" qui sont elles aussi avancées par de très courts plans, versant ainsi dans un gore franc et frontal : le tueur arrache les yeux d’une de ses proies, scalpe le visage d’une autre, sectionne le bras d’une musicienne et enfin, gardant le pire pour la fin, découpe le crâne d’un homme avant de déguster son cerveau pour tout de suite le revomir à l’intérieur même de la boîte crânienne. Bien entendu, ce n’est pas la seule séquence à avancer des plans vomitifs, puisque, outre Angela, d’autres personnages viennent rendre différentes substances et aliments, le summum étant atteint par cet homme qui vomit directement dans une chope de bière pour ensuite en boire le contenu. Spécial !

Alors bien entendu, on peut toujours se poser la question sur la volonté de Lucifer Valentine, lui-même sataniste et attiré sexuellement par le vomi, et sur l’intérêt de la chose qui ne manque pas de désorienter le spectateur non aguerri à un certain cinéma underground et expérimental (le métrage se rapproche d’un Snuff 102 ou d’un Subconscious cruelty). Si ce n’est de proposer une alternative "autre" au cinéma horrifique traditionnel, en déstructurant le récit et en abusant d’effets optiques pour envoûter le spectateur qui risque pourtant d’être lassé par ces effets récurrents et ces passages ressortis à l’intérieur du film plusieurs fois. Mais on ne peut nier un dépaysement total qui fait du film une expérience définitivement à part, aussi bien par son agencement que par son sujet très graphique et traité de manière évidemment volontaire dans un désir de choquer et de provoquer le spectateur. Mais au final, passé ces scènes de régurgitation non truquées qui remueront les plus fragiles, ce sont bien ces passages sanglants qui interpellent.

L’interprétation est largement probante, portée par Ameara LaVey qui joue avec un naturel saisissant amenant même à se questionner sur la véracité de certaines blessures et comportements, tandis que la mise en scène du réalisateur est foncièrement expérimentale, usant de zooms, d’effets stroboscopiques et autres pour accompagner ces plans très brefs. Les effets spéciaux sont souvent réussis et agencent un gore franc et très graphique mais la réalisation vient quand même nuire à la bonne lisibilité de ces passages ouvertement sanglants.

Slaughtered vomit dolls constitue en définitive une expérience aberrante, incroyable et parfois dérangeante qui se vit au lieu de simplement se regarder, mais avec des yeux plus qu’avertis !

Trashothèque

Jusqu’ici uniquement sorti en DVD dans une édition supervisée par le réalisateur lui-même et devenue introuvable, le métrage a connu récemment une ressortie salutaire en zone 1 sous l’impulsion de "Unearthed Films".

LE TRAILER

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