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BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

9 octobre 2009 | Par : Chroniqueurs

The gateway meat

Par Nicore

L’œuvre

C’est en optant pour un ton extrêmement réaliste que The gateway meat vient apporter sa pierre à l’édifice du gore underground craspec au possible et terriblement nauséeux autour d’une intrigue prétexte qui permet surtout au réalisateur Ron DeCaro d’avancer une multitude de séquences sanglantes plus que graphiques, dans la lignée de la trilogie des August Underground de Fred Vogel, par ailleurs ami de l’auteur et lui ayant prêté main forte dans sa quête de la nausée.

Pitch à gore

Une famille de satanistes, aidés par un psychopathe meurtrier, perpétuent une tradition familiale destinée à ouvrir une porte de l’enfer en accomplissant d’innombrables actes de violence sur d’innocentes victimes.

Gore à gore

Parmi les atrocités commises à l’écran, on retient la première séquence du métrage suivant deux personnages ensanglantés se livrant à un acte abominable puisque l’un d’eux se taillade salement la langue avec une lame de rasoir pour ensuite offrir le morceau de cette langue encore attachée à sa compagne, elle aussi couverte de sang et qui
l’arrache pour la mastiquer goulûment.

La seconde scène marquante laisse le personnage principal "s’amuser" avec ce simple d’esprit à molester un livreur de pizza qui finit attaché, violemment frappé avant d’être égorgé, pour finalement voir une pince fouiller sa gorge à la recherche de sa langue qui finit par sortir de la plaie béante, le tout à grands renforts de gros plans.

Sang pour sang

Après un préambule montrant une famille de satanistes qui, dans l’attente de l’apocalypse toute proche, cherche à ouvrir une porte vers l’enfer, le métrage avance une première scène sanglante dans laquelle un homme s’automutile la langue avant d’embrasser une femme. Ladite séquence met ainsi tout de suite en avant le côté extrême du film, ce qui tranche avec la présentation banale des personnages principaux, Markus et Laura, un couple réveillé par leur petite fille qui grimper sur leur lit, son père décidant peu après d’emmener celle-ci au parc.

Par contre, la présentation d’un autre protagoniste, Roland, un homme ventripotent au look de "biker" s’avère quant à elle plus radicale : fraichement sorti des bras de Morphée, le junkie se prend un rail de drogue mêlée à un verre pilé tandis que la forme allongée à côté de lui se révèle être le cadavre d’une femme enceinte ensanglantée et pas vraiment fraîche. Mais rapidement, nous allons découvrir le vrai visage de Markus et de sa compagne, qui sont également des satanistes orientés vers le meurtre et les mutilations, qui n’hésitent pas à faire participer ou à laisser leur petite fille être témoin de leurs abominations.

Pour ce faire, le métrage se découpe en autant de séquences futiles, présentant ici Markus et son ami "biker" en train de se saouler à mort à la vodka, là la fille de Markus en train de jouer ou de peindre avec un jeune homme simplet, pour ce qui constitue les passages les moins prenants du métrage, qui donnent même l’impression que le réalisateur a voulu se servir du film pour parfaire son album de famille. Mais heureusement, lorsque il décide à verser dans l’abject, Ron DeCaro ne va pas avec le dos de la cuillère pour filmer les pires abominations.

En effet, tout en allant crescendo, les scènes brutales et sanglantes sont terriblement réalistes et corsées et suivent le calvaire des victimes de Markus qui sont au choix tailladées avec un cutter, démembrées, éviscérées ou encore battues avec un marteau, en étant bien souvent attachées, tandis que la caméra s’attarde aussi fréquemment sur le résultat peu ragoûtant de ces sévices pour exposer les chairs meurtries et autres cadavres trempant dans leur sang reposant dans une baignoire. Ces séquences gore se montrent extrêmement dures, n’offrant aucune once de recul au spectateur et aucun échappatoire dans un quelconque humour : froid, glauque, le métrage flirte pour le coup avec le "snuff" avec une volonté avérée, dans un univers très proche de celui de Fred Vogel et de la série des August Underground, mais avec une image toujours nette.

Par ailleurs, le réalisateur n’hésite pas non plus à parsemer sporadiquement le film d’un aspect sexuel explicite (mais sans pour autant verser dans le "hardcore"), laissant par exemple Markus violer une des victimes offertes par son ami, tandis qu’excités par un carnage, le couple se livre à un ébat sexuel au dessus d’une baignoire à moitié pleine de morceaux de cadavre. Volontairement choquante, la bande glisse rapidement du côté du glauque et du sordide dès que le cinéaste incorpore à ces jeux libidineux la petite fille. Même si certaines séquences peuvent sembler complètement et ouvertement gratuites, le film se pare d’un contexte social intéressant qui critique la déliquescence des mœurs et des relations humaines, au travers de exemple particulièrement brutal et sanglant, tout en mettant en avant l’alcoolisme et de la drogue, nouveaux loisirs d’une jeunesse presque perdue.

Les personnages sont assez travaillés pour bien exacerber leurs travers meurtriers et leurs déviances malades, le film bénéficiant d’une interprétation certes flirtant parfois avec l’amateurisme, mais concernée et crédible, Ron DeCaro s’offrant au passage le rôle de Markus, tandis que les victimes resteront crédibles dans leur souffrance. La mise en scène du réalisateur est efficace pour permettre à l’ensemble de conserver un bon rythme, tout en utilisant ses effets optiques avec une générosité évidente et adaptée aux situations, laissant des cadrages en gros plans venir renforcer l’aspect régulièrement abject et répugnant très présent du métrage. Les effets spéciaux constituent bien entendu la vedette, apportant un réalisme troublant aux multiples plans sanglants du film qui ne versent jamais dans une outrance préjudiciable et se montrent au contraire crédibles, certainement parfois trop rapides en raison du faible budget du film, tout en nous offrant quand même quelques originalités fulgurantes, telle cette langue sortie de l’intérieur d’une plaie traversant le gorge d’une des victimes, mais on pourra aussi féliciter l’équipe de techniciens derrière ces effets également pour une série de maquillages très crus définitivement bluffants.

The gateway meat a clairement sa place parmi les grandes réussites du gore underground extrême et parvient largement à satisfaire les amateurs tout en faisant frémir de dégoût les autres !

Trashothèque

Pour l’instant, le métrage n’est disponible qu’en DVD de zone 1 dans une édition limitée à 1000 exemplaires grâce à la boîte de production du réalisateur, "For the better of mankind".

LE TRAILER

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