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BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

23 septembre 2009 | Par : Chroniqueurs

Philosophy of a knife

Par Nicore

L’oeuvre

Avec ce Philosophy of a knife, le réalisateur russe Andrey Iskanov s’intéresse à un épisode douloureux et controversé de l’histoire japonaise : l’existence pendant la Seconde Guerre Mondiale du fameux camp 731 où furent pratiquées des expériences dépassant l’entendement sur des cobayes humains. Mais, contrairement au Men behind the sun traitant du même sujet, l’auteur se donne une ampleur largement plus historique tout en n’hésitant pas à aller frontalement à la rencontre des atrocités commises, ici retranscrites froidement et sans recul au sein du métrage qui s’apparente à un véritable marathon macabre de plus de quatre heures.

Pitch à gore

Le script s’attache à reconstituer l’histoire du camp 731, de sa création dans son contexte historique jusqu’à sa destruction et le procès des bourreaux arrêtés.

Gore à gore

Parmi les très nombreuses exactions marquantes avancées par le métrage, on retient notamment un arrachage de dents douloureux, filmé avec de nombreux gros plans, complaisamment étalé sur plusieurs minutes. Une autre séquence ignoble et sans concession marque : une demoiselle se voit introduire dans le vagin un insecte vivant, là encore avec des détails peu ragoûtants.

Sang pour sang

Après une première intervention de la voix-off sur fond d’images d’archives avançant un petit résumé de la situation, le métrage s’attache dans sa première partie à remettre en place l’aspect historique de cette partie du monde dans les années trente, le tout avec l’appui de nombreux documents video très parlants et le témoignage d’un homme âgé qui interviendra régulièrement tout au long du métrage autant pour apporter son point de vue que pour valider la réalité historique des faits décrits.

Refusant toute structure narrative classique, le métrage s’installe progressivement dans l’horreur pure des abominations commises dans ce camp où scientifiques et médecins avaient pour but de créer une arme de destruction massive. Le film ne recule devant aucune atrocité et les illustre au contraire de manière frontale et graphique, sans concession ni ellipse, livrant au passage de nombreuses séquences terriblement éprouvantes et douloureuses, comme cet arrachage de dents filmé en gros plan ou encore ces multiples mutilations commises sur des victimes hurlantes.

Le réalisateur prend le temps de mettre en place chacune de ces séances de torture, nous invitant à suivre aussi bien les préparatifs que les issues invariablement fatales pour ces cobayes qui attendent leur tour dans une cellule glauque. Pour renforcer la véracité des scènes, le métrage use de la voix-off qui insiste sur la réalité historique de ces expérimentations terribles, qui peuvent, pour certaines, passer pour démesurées et inutiles, d’autant que l’auteur les aborde avec une distance assez grisante. Après avoir abasourdi son spectateur avec ce déballage de barbaries ultimes, le réalisateur calme quand même quelque peu les choses dans la dernière heure du film qui revient sur la fin de la Seconde Guerre Mondiale, évoquant même les largages de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki avec leurs résultats dramatiques et le procès des bourreaux attrapés, toujours aidé en cette tâche par de nombreuses images d’archives et par le témoin oculaire de service.

Si les images d’archives restent marquantes, ce sont bien entendu ces reconstitutions malsaines au possible qui parviennent à toucher le spectateur, même le plus endurci, par leur aspect cru et barbare. Ne reculant devant rien pour dénoncer la bassesse de l’être humain, Andrey Iskanov utilise de nombreux artifices visuels pour rendre ces séquences encore plus marquantes par leur montage rythmé mais aussi par l’emploi d’un noir et blanc impérial (l’utilisation de la couleur aurait rendu l’ensemble encore plus insupportable) et d’une pellicule volontairement vieillie et hachurée qui donne une sensation de réalité encore plus troublante.

Alors bien sûr on peut toujours s’interroger sur le but recherché par le réalisateur qui place son spectateur dans une position de voyeur de toutes ces horreurs, loin des fictions habituelles puisque réellement vécues. Quoiqu’il en soit, la volonté jusqu’au-boutiste du réalisateur ne peut qu’être louée, son film repoussant encore un peu plus loin les limites de ce qui est montrable à l’écran. Le plus froidement du monde, sans aucune distanciation, il nous plonge directement et sans relâche dans l’enfer de ce camp 731 et parvient même à conserver intacte l’attention du spectateur sur toute la durée du métrage grâce à un rythme soutenu et à un renouvellement des situations qui ne tombent de fait jamais dans la redite. Les effets spéciaux, mêlés à des images d’archives dans un mélange dont il est parfois difficile de faire la part des choses, sont globalement probants lors de ces très nombreuses tortures avancées frontalement et avec des gros plans dérangeants.

Philosophy of a knife offre une expérience "autre" et extrême, jusqu’au-boutiste dans sa démonstration historique et fataliste quant à la nature humaine présentée ici sous son plus mauvais jour.

Trashothèque

Le film est pour l’instant uniquement disponible en DVD de zone 1 grâce à "Unearthed Films".

LE TRAILER

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