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BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

9 juillet 2009 | Par : Chroniqueurs

Pieces

Par Nicore

L’œuvre

Réalisé par Juan Piquer Simon, déjà auteur du bien délirant Slugs, édité en DVD chez nous sous le titre passe-partout de Mutations, ce Pieces, qui est aussi connu sous le titre de Le sadique à la tronçonneuse, verse dans le "slasher" outrancier et foncièrement stupide dans son intrigue aussi basique qu’invraisemblable, pour le plus grand bonheur des amateurs de cinéma-bis décalé (pas forcément volontairement), sanglant et régulièrement sexy.

Pitch à gore

Le script laisse un psychopathe perpétrer une série de meurtres, le plus souvent à l’aide d’une tronçonneuse, à l’intérieur d’un campus, laissant la police sans autres indices que des cadavres auxquels il manque des morceaux.

Gore à gore

Au milieu des nombreuses scènes de meurtres dont l’aspect sanglant va crescendo, on retient celle de cette danseuse quittant seule la salle de danse, effrayée par une présence inconnue et qui se retrouve devant l’ascenseur, rejointe par le tueur qu’elle connaît visiblement puisqu’elle le salue. L’assassin la suivant avec sa tronçonneuse dans le dos, sort finalement l’instrument et s’en sert pour notamment couper un bras à sa victime lors d’un plan bien sanglant, avant que nous ayons le temps de contempler le résultat final de ce meurtre barbare, la victime ayant eu les deux bras sectionnés.

La seconde scène marquante suit une demoiselle qui rejoint les vestiaires après un match de tennis pour y prendre une douche. La jeune femme a juste le temps d’enfiler son bas de jooging avant d’être attaquée par l’assassin qui la pourchasse jusqu’à ce qu’elle s’enferme dans les toilettes. Le meurtrier défonce la porte à coups de tronçonneuse pour finalement laisser son outil lui déchirer l’abdomen lors d’un gros plan bien saignant, avant un fois encore de nous faire découvrir le résultat plus que graphique de cette victime coupée en deux.

Sang pour sang

Dans sa séquence pré-générique, le métrage prend place en 1942 et suit un jeune garçon s’amusant à faire un puzzle représentant une femme nue, avant d’être surpris par sa mère furibonde. Sans faire ni une ni deux, le gamin va alors prendre une hache et défoncer le crâne de sa mère, avant de se cacher dans un placard préliminairement à l’arrivée de la police et ainsi passer pour une victime. Plus près de nous, l’intrigue suit une jeune écervelée parcourant les rues sur son skate-board pour venir finalement fracasser une énorme vitre portée par deux livreurs, ravivant ainsi les souvenirs du futur tueur puisque sa mère avait elle aussi cassé un miroir lors de la découverte du puzzle sexy. Après avoir trucidé avec une tronçonneuse la jeune fille, le meurtrier, ganté de noir, ressort une boite contenant le puzzle et les habits de sa mère.

Le métrage nous présente alors ses principaux personnages, les étudiants de ce campus typique qui seront clairement stéréotypés (par le biais de dialogues ahurissants de bêtise généralement salace), ainsi que leur professeur d’anatomie, et enfin, le doyen qui répond aux questions d’un duo de policiers. Bien évidemment, l’assassin sa cache parmi ces personnages, auxquels il faut ajouter un incroyable jardinier, travaillant avec une tronçonneuse (comme par hasard), tous plus louches les uns que les autres. Le spectateur possède de son côté une longueur d’avance sur les policiers, puisqu’il exclut d’office de la liste des suspects par son jeune âge, le Casanova du lycée, Kandall, d’abord suspecté par ces deux enquêteurs qui alimentent également largement le film en dialogues aussi hauts en couleur que stupides.

Alors véritablement lancée, l’intrigue suit cette enquête plutôt morne et fastidieuse (les policiers n’avancent pas et se contentent de constater les dégâts), heureusement entrecoupée de séquences débouchant toujours sur un meurtre sauvage et gore à l’aspect graphique très volontaire : démembrement d’une victime, hanche attaquée par la tronçonneuse, ... pour toujours laisser découvrir le résultat saignant des atrocités commises par le meurtrier. En plus de ses dialogues hilarants, le métrage accumule les scènes complètement improbables qui le rendent savoureux et croustillant de stupidité, comme lorsque que le tueur rejoint aux abords d’un ascenseur sa victime, une tronçonneuse cachée derrière le dos, sans que la demoiselle se rende compte de rien. Le métrage se permet aussi des fausses alertes impayables (l’attaque du prof de karaté) et grotesques (le copain avec son masque), mais cela n’est rien comparé au final "grandiose" et ses idées de dernière minute définitivement barrées.

En plus d’être ouvertement très sanglant (chose assez rare dans les "slashers" de l’époque), le métrage avance un érotisme totalement gratuit et laisse les victimes féminines se trimballer torse nu ou prendre une douche juste avant d’être agressées, quand elles ne se font pas dessus sous la menace du tueur. Cet assassin emprunte logiquement les clichés du genre, caméra subjective à l’appui, pour montrer sa déférence envers le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper et la saga des Vendredi 13, tout en puisant également ses influences dans le "giallo", comme lors de ce meurtre brillant au couteau sur un matelas gonflable rempli d’eau. Les personnages, crétins au possible, apportent une touche semi-parodique exquise (comme cet inspecteur qui a toujours un cigarillo en mains et passe son temps à demander du feu alors qu’il ne fume pas) et bénéficient d’une interprétation décalée et comique, bien aidée il est vrai par une version française assassine, tandis que la mise en scène du réalisateur peine quand même à trouver son rythme pour rendre parfois certaines séquences assez fastidieuses. Les nombreux effets spéciaux sanglants sont probants, généreux dans un gore franc et volontaire, mais sans non plus tomber dans la démesure.

Pieces est une irrésistible et savoureuse pellicule à prendre obligatoirement au second degré qui aide à appréhender la générosité et l’audace de l’oeuvre dans sa bêtise.

Trashothèque

Réalisé en 1982, le film a connu plusieurs éditions en VHS sous des titres différents, entre "Le sadique à al tronçonneuse" ou encore "Maniac" chez "Imperial Home Video", avant d’être édité en DVD de zone 1 chez "St Clair Vision", "Diamond" et enfin dernièrement chez "Grindhouse releasing" dans une édition collector deux DVD. Le film est également disponible en zone 2 anglais et le mois dernier l’éditeur français "Uncut movies" l’a édité en version française.

LE TRAILER

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