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BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

4 février 2009 | Par : Chroniqueurs

Naked blood

Par Nicore

L’œuvre

Cinéaste underground régulièrement orienté vers l’érotisme hardcore, le cinéaste japonais Hisayasu Sato s’en est éloigné quelque peu en 1995 le temps d’un film, Naked blood, une parabole sur la souffrance tournée de manière précaire (en trois nuits) flirtant avec le film d’auteur, mais heureusement parcouru de scènes sanglantes vraiment gore qui contribuèrent largement à asseoir la réputation du réalisateur en Occident.

Pitch à gore

Le script suit le résultat des expériences d’un jeune homme qui, en voulant créer un sérum remédiant à la souffrance physique humaine, va transformer ses cobayes en adeptes du sadomasochisme.

Gore à gore

La première des deux scènes furieusement sanglantes du film suit une des victimes, s’étant déjà copieusement automutilée avec d’innombrables piercings sur le corps, qui s’acharne sur son avant-bras avec un tournevis dans des cris de jouissance troublants, avant d’être perturbée dans sa séance de sado-masochisme par l’arrivée d’une amie.

La seconde, encore plus graphique et incroyablement réaliste nous montre une autre jeune femme, boulimique, qui s’arrache d’abord l’entre-jambe pour le déguster, avant de se découper un téton (en gros plan) pour le goûter et finalement se planter une fourchette dans l’œil qu’elle s’énuclée pour le manger, le tout à grand renfort de bruitages répugnants pour une séquence mémorable.

Sang pour sang

Scindé en deux parties, le métrage subit une entame quand même plutôt monotone, faisant défiler ses situations sans rythme et étant largement flou sur certains de ses aspects (l’appareil relié au cactus), pour ne laisser que brièvement apparaître le début de la transformation de deux des cobayes (le piercing des oreilles, la coupure d’un doigt goulûment avalée) au milieu de séquences certes intéressantes mais à l’aspect auteurisant et parfois surréaliste avéré (la disparition du père du personnage principal).

Mais malgré cela, le métrage parvient à faire monter progressivement une certaine tension liée à ce qui ne manque pas d’arriver aux deux demoiselles, d’abord grâce à une séquence assez troublante (la friture), avant d’exploser littéralement pour deux scènes terriblement gore magnifiées par des effets spéciaux extrêmement réalistes. Par contre, l’intrigue replonge après ces deux scènes mémorables dans ses travers pour un dernier acte malaxant de manière assez hasardeuse la déchéance du personnage responsable du carnage avec un onirisme peu compréhensible (le retour du père), avant de nous offrir un final à nouveau assez saignant mais lui aussi suffisamment spécial pour dérouter.

Au-delà de l’intrigue principale, le métrage aborde de façon relativement superficielle d’autres thèmes comme le voyeurisme d’Eiji, le personnage principal (phénomène répandu au Japon) qui scrute ses cobayes chez elles avec sa caméra. Cela tout en s’intéressant à la relation délicate existant entre le jeune homme et sa mère, mais ce sont bien entendu d’autres aspects du métrage qui demeurent nébuleux, comme la parenthèse sur le père d’Eiji, ouvertement insolite, et encore plus certainement l’utilisation de cet appareil aidant la jeune insomniaque à rêver pour dévoiler en fait l’intérieur de ses fantasmes, ce qui donne l’occasion au réalisateur de nous gratifier d’une séquence légèrement érotique et surtout irréelle, tout en plaçant cet énorme cactus de façon incongrue dans l’intrigue globale.

Donc, Naked blood présente un spectacle assez hétéroclite, entre son côté graphique plus que probant et volontaire et son aspect psychologique plus mitigé et pas forcément abordable, mais ne rendant pas pour autant l’ensemble déplaisant, bien loin de là, puisque ses fulgurances sanglantes seront véritablement époustouflantes !

Trashothèque

Jadis sorti en VHS sous l’égide de "Japan shock", le film est également disponible en DVD de zone 1 grâce à "Discotek Media" et en DVD de zone 0 sous la bannière de "UWM".

LE TRAILER

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