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BACK TO THE FEATURE - Disney oh nice

19 janvier 2011 | Par : Damien Taymans

La danse macabre

Steamboat Willie, troisième dessin animé où apparaît Mickey Mouse, est toujours à l’affiche quand Disney se lance dans le tournage d’un petit film qui marquera une sorte de rupture avec les aventures du souriceau : La Danse macabre (The Skeleton dance en version originale). Le sympathique matelot cède sa place momentanément à un quatuor de squelettes qui gesticulent dans une chorégraphie macabre au sein d’un cimetière. Quand Roy Disney et ses associés apprennent que Walt a délaissé Mickey, qui gagne alors largement la faveur du public, pour ce nouveau projet périlleux, ils manquent de s’étrangler. Des télégrammes fusent aux studios qui réclament davantage de souris ("More mice") tandis que le géniteur du souriceau manque de se briser les os en jouant avec ceux des autres...

Pour incompréhensible qu’a pu paraître ce pari à l’époque, il n’en reste pas moins l’un des plus audacieux et des plus payants qu’ait pris Walt Disney. L’idée de se lancer dans une perspective nouvelle est mentionnée par Walt Disney dès 1928 dans une correspondance qu’il entretient avec son frère et Ub Iwerks. L’objectif est de créer des cartoons avec des thématiques et des personnages neufs, ce qui permettait d’expérimenter le renouvellement du sujet et d’employer des techniques inédites. L’idée fait son chemin dans la tête de Walt tandis que Carl Stallig évoque l’idée de situer l’action de l’une de ces "symphonies" dans un cimetière. Il se met au travail avec Ub Iwerks sur la création d’un épisode pilote à cette série naissante. Après six semaines d’un travail acharné de la part d’Iwerks, le cartoon est prêt. Pourtant, il reste quelques mois dans les cartons de Disney qui attend le meilleur moment pour tenter de le proposer au public. Face au refus de Pat Powers de distribuer ce film morbide, Walt se tourne vers Fred Miller, propréitaire du prestigieux Carthay Circle qui projette le cartoon en première partie de Four devils de Friedrich Murnau.

Les réactions dithyrambiques de la critique et de l’assistance propulsent le film au gigantesque Roxy Theater de Los Angeles. La danse macabre aura finalement trouvé son public et entériné formidablement les prestigieuses Silly Symphonies qui seront produites sur une décennie complète (1929-1939). Avec son subtil mélange d’animation et de musique, de passages cocasses (le squelette jouant du xylophone sur les ossements de son compète, scène dont la paternité reste obscure) et de moments relativement ténébreux, La danse macabre gagne le coeur des petits et grands et amorce la réussite future des Trois petits cochons, Des arbres et des fleurs et Le lièvre et la tortue.

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