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BACK TO THE FEATURE - Disney oh nice

21 décembre 2011 | Par : Samuel Tubez

Taram et le chaudron magique

Inspiré des Chroniques de Prydain signée Lloyd Chudley Alexander (cycle comprenant cinq tomes, parus entre 1964 et 1970), Taram et le chaudron magique a longtemps été considéré comme le vilain petit canard des studios Disney, étant même à l’époque renié par ses concepteurs. Près de douze ans de développement (de l’achat des droits d’adaptation à la sortie du film) pour au final ne remporter qu’un gros échec commercial (21 petits millions de recette pour un coût total de 44 millions de dollars), le 25ème long métrage estampillé Disney (si mes calculs sont bons) possède en sus une noirceur et une atmosphère jugées tellement effrayantes pour le jeune public que la censure de l’époque lui apposa une mention PG (imposant les jeunes enfants d’être accompagnés d’un adulte). Et cela aurait pu être bien plus sinistre puisque Tim Burton, à l’époque concepteur pour le studio (Rox et Rouky), aurait imaginé des créatures qui ne furent au final pas retenues (le futur réalisateur de Beetlejuice n’étant d’ailleurs pas crédité au générique). Pourtant, c’est bien cette noirceur, à l’époque réellement unique pour une production Disney, qui marqua nombre de gamins et qui procura son aura culte à ce dessin animé.

L’histoire, bien que parfaitement ancrée dans de la pure héroïc - et par extension dark - fantasy, est assez classique pour le genre et comporte plus d’un élément disneyien. Taram, jeune valet de ferme, rêve de devenir un valeureux guerrier. Découvrant le pouvoir de prédilection de sa cochonne nommée Tirelire, il apprend que le Seigneur des Ténèbres est à la recherche du chaudron magique. Tirelire étant la seule créature pouvant indiquer la position de cette puissante relique, Taram est chargé de protéger la bête, puis bientôt de la retrouver, le devin porcin ayant été enlevé par les deux vouivres du Seigneur maléfique, bien décidé à réveiller une horrible armée de morts… Autour de Taram gravitent une série de personnages bien typés : le vieux druide/maître du jeune héros (Dallben), une créature aussi lâche qu’attachante qui plus est recouverte de poils (Gurgi), une charmante princesse nommée Eilonwy ou encore un ménestrel peureux et mythomane (Ritournel).

Taram comporte ainsi de purs éléments disneyiens (la princesse, les lutins/fées souterraines, la touche d’innocence pure et d’humour véhiculée par de mignonnes petites créatures comme le cochon ou encore Gurgi,…), qui sont néanmoins très vite nuancés (Gurgi est tout de même un voleur lâche et manipulateur, les fées souterraines prônent avant tout l’auto-défense,…) et qui, dans ces moments les plus sombres laissent carrément la place à des aspects lorgnant méchamment du côté de l’horrifique. Les créatures et autres bad guys de ce dessin animé sont à ce sujet probablement les plus effrayants et imposants de toute l’écurie Disney. Des vouivres dégoulinantes de bave, une armée des zombies fraîchement ranimés, un répugnant et servile gnome (le Creeper, valet du lugubre Seigneur) et, bien sûr, le squelettique Seigneur des Ténèbres himself, avec ses longs habits délavés, ses cornes hérissées, ses yeux vides et sa voix caverneuse (John Hurt dans la vo). Chacune de ses apparitions impressionne véritablement, tant l’aura maléfique et macabre autour de cette ultime incarnation du Mal est prégnante.

Affichant des couleurs grisâtres et violacées ainsi que des décors tantôt plongés dans des noirs abyssaux, tantôt baignés de rouge sang (le tout étant accru par l’ampleur du format cinémascope), Taram et le chaudron magique est même le premier animé de chez Disney à montrer, très brièvement certes, quelques gouttes de sang. Et pour enfoncer un peu plus le clou rouillé, le film ne comporte aucune chanson afin de renforcer l’immersion dans son incroyable atmosphère sinistre qui fait fondre toute la guimauve collante de la firme à la fée Clochette. Pour toutes ces raisons, et bien plus encore, Taram est un Disney unique et inoubliable en son genre, jadis incompris mais en réalité avant-gardiste, devant lequel nombre de fantasticophiles aujourd’hui trentenaires (dont fait partie l’auteur de ces lignes) ont jadis éprouvés leurs premiers émois horrifiques. Hier détesté par certains peut-être, mais depuis devenu culte pour bien d’autres.


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