Back to the feature

BACK TO THE FEATURE

4 août 2011 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

La fiancée de Re-Animator

Sorti en salles en 1991, La Fiancée de Re-Animator (Bride of Re-Animator, exploité aussi sous le titre Re-Animator 2) est une suite du chef-d’œuvre de Stuart Gordon (Re-Animator, 1985) réalisée par le solide artisan du B Brian Yuzna, un an après son film culte Society.

Un deuxième volet toujours librement adapté de H.P. Lovecraft, sur une B.O. et un « main theme » composés par le stakhanoviste Charles Band, de nouveau sous haute influence du Bernard Herrmann de Psycho. Un troisième volet prolongera les mésaventures du Docteur West, Beyond Re-Animator (2003), avant un potentiel House of Re-Animator, que devrait mettre en scène Gordon.

Equipe de choc

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Yuzna a su bien s’entourer pour prendre la succession de son pote Stuart Gordon. Adapté d’un scénario écrit par Dennis Paoli (Re-Animator, From Beyond, Castle Freak, The Dentist, Dagon), retouché par Yuzna en personne, accompagné de Rick Fry et Woody Keith (qui officiaient déjà sur Society), La Fiancée de Re-Animator est éclairé par le chef-op Rick Fichter. Pour rappel, ce dernier (déjà à l’œuvre au même poste sur Society) acquit une solide réputation d’artificier visuel sur de nombreuses grosses productions (Star Wars : The Empire Strikes Back & The Return of the Jedi, Robocop 1 & 2, Indiana Jones and the Temple of Doom, Alien3, Starship Troopers , …), autant dans le cadre d’effets caméra « directs » (sur le set), que comme directeur photo de plans avec SFX traités en post-prod (effets optiques) et/ou impliquant l’utilisation de miniatures. Au rayon gore, le film pouvait aussi compter sur le talent de personnalités diverses, telles Screaming Mad George ou les membres de KNB. On est loin de la team de bras cassés…

Qualités et défauts

Bride of Re-Animator est typique d’une certaine époque révolue, un fleuron de vidéo-club, pour lequel on ne peut qu’éprouver de la nostalgie et se dire que « c’était mieux avant ». Autant inspiré des écrits de Lovecraft que de l’impérissable roman Frankenstein de Mary Shelley, ce film peut s’envisager comme une variation décomplexée du classique La Fiancée de Frankenstein (Bride of Frankenstein, 1935) du maître James Whale, destin profondément tragique et romantique de la créature à l’appui. Une relecture du mythe, qui le plonge dans un grand bain de gore outrancier, rehaussé d’une touche humoristique prégnante (un aspect fortement accentué par Yuzna), et reprenant une « esthétique des corps » développée par ce cher Brian sur Society, véritable orgie de chairs (littéralement) entremêlées. Y ressort aussi un certain attachement pour les freaks, en un carnaval organique que n’aurait pas renié le Frank Henenlotter de Frankenhooker (sorti la même année).

En effet, Herbert West, de scientifique allumé, avec sa vision toute particulière de l’éthique médicale, devient une sorte d’artiste déviant, se plaisant à constituer des « sculptures vivantes », faites de membres épars, au gré de ses expériences. Dans la défroque du savant (son rôle fétiche), Jeffrey Combs nous offre une interprétation d’anthologie, aux côtés de Bruce Abbott, David Gale (tous deux présents dans Re-Animator), Claude Earl Jones ou encore la craquante Fabiana Udenio (aperçue dans Robocop 2, la série riche en silicone Baywatch, ou encore le teen movie « circa 1987 » Summer School), livrant tous des interprétations jubilatoires, qui relayent le ton « macabro-grotesque » de l’ensemble.

A posteriori (20 ans après)

Série B gore, outrancière et potache, humblement troussée, La Fiancée de Re-Animator relève d’une approche tout droit dirigée vers le plaisir du spectateur, loin d’être condescendante vis à vis de celui-ci. Le reflet d’une ère où les B movies étaient confectionnés avec amour, loin de l’opportunisme bassement mercantile de certaines péloches actuelles (la « tambouille » vidéo indigeste des Paranormal Activity, les dérives du torture porn, l’essoufflement artistique des suites à rallonge de Saw et ses succédanés, …). Ici, on est loin d’être pris pour des cons et on en a pour son argent, devant ce spectacle jouissif, généreux. Une leçon dont certains réalisateurs actuels feraient bien de se souvenir…

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage