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17 novembre 2010 | Par : Quentin Meignant

René (La Horde)

Véritable événement du cinéma hexagonal au début de l’année 2010, La Horde n’est jamais réellement parvenu à faire l’unanimité, tant auprès des critiques que des spectateurs. Tantôt perçu comme un ensemble généreux rempli de bons mots et d’action échevelée, le métrage de Yannick Dahan et Benjamin Rocher surnagea tout juste dans l’estime d’un certain public jugeant la bande malhabile et bougrement répétitive dans son ensemble.

Malgré une certaine animosité de la part d’une partie de son public, La Horde demeure néanmoins l’un des films français synonymes de renaissance du cinéma de genre et, à ce titre, certains éléments ne peuvent que s’avérer positifs. Tout d’abord, le simple fait qu’un zombie flick français taxé de badassattitude parvienne sur les écrans et convainque quelques financiers d’y investir leurs roupies, ensuite, tout simplement, le développement de personnages réellement attachants par le simple fait de la mise en lumière de leurs énormes vices.

A ce titre, le personnage de René fait véritablement office de pierre angulaire de la seconde partie de l’œuvre, chacune de ses apparitions étant synonyme de bons mots et de véritables instants de folie. La truculence du personnage ainsi que son aspect physique à tout le moins rébarbatif font de lui un sujet idéal pour l’élaboration d’un FLASHBALL

Foutu bordel

L’action du film prend place dans la banlieue nord de Paris, dans un immeuble abandonné. C’est là qu’un gang de braqueurs et de tueurs se cache, ne s’attendant pas à la visite de flics désabusés suite à la mort d’un de leurs plus éminents collègues. Entre les sales tronches planquées à l’intérieur et les policiers vénères, une terrible lutte débute…. Ces deux clans n’ayant pas prévu l’émergence d’un troisième groupe : des morts-vivants qui, en quelques minutes réduisent la ville à feu et à sang et s’apprêtent à prendre d’assaut l’immeuble.

C’est dans ce terrible bordel qu’interfère notre René, visiblement tout surpris de voir « son » immeuble (où il vit en secret depuis des années malgré l’évacuation de tous ses voisins) aussi fréquenté. Ne faisant partie d’aucun des deux clans, c’est pourtant lui qui deviendra l’un des rouages essentiels de l’aventure et l’un des meneurs de la réunification.

Douce France, ô pays de son enfance

Ce qui frappe en premier lieu chez René, outre son aspect physique pour le moins délabrée (la lutte en solitaire contre les zombies, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour la santé), c’est son caractère « vieille France » aux relents franchouillards bien visibles.

Ainsi, à peine a-t-il rencontré le groupe des malfaiteurs et de flics qu’il leur propose une « petite poire », elixir jugé « hardcore » par l’une des plus grandes caille-ra de l’aventure. Ne comprenant pas ce terme trop djeunz, René prouve en quelques secondes à peine que, même dans les cités du nord de la capitale, il existe encore de petites gens aux valeurs pour le moins dépassées.

Appelant à l’envie les jeunes malfaiteurs les « asticots » et affublant Greco, magnifiquement campé par Jo Priesta, du surnom de « manouche », René prouve qu’il est un vieux de la vielle totalement obnubilé par ses préjugés et ses croyances d’un autre temps. Celles-ci proviennent peut-être de son passé, à peine dévoilé, visiblement tumultueux qui l’aurait mené au front en Indochine. De plus, sa vie en banlieue n’a pas arrangé les choses : il a assisté, relativement impuissant au déclin de l’Hexagone et à la naissance de générations peu enclines aux traditions françaises. Mais René s’en moque : son quartier, personne ne pourra l’en sortir !

René, faut pas le faire chier !

A ce titre, René maîtrise comme il se doit plusieurs armes, avec un goût prononcé sur ce qui fait de nombreuses éclaboussures. Ainsi, il avoue avoir fabriqué une bombe artisanale et l’avoir fait péter dans la cage d’escalier qui, d’ailleurs, arbore un look pour le moins destroy depuis le passage du héros.

Outre cette faculté à créer des explosifs de toute pièce, René est un fanatique de la pioche tranchante, arme qu’il possède au moment de sa rencontre avec le groupe. Il essuiera ensuite celle-ci dans le but de trancher la jambe du « manouche » car ce dernier s’est fait mordre par un mort-vivant. Cocasse cette scène donne lieu à des échanges particulièrement truculents entre René et le personnage campé par Jo Priesta.

Plus tard, dans le final, René prouvera aussi sa parfaite maîtrise du matériel militaire puisqu’à l’aide d’une imposante mitrailleurs de style Gatling, il réduit en purée les cervelles de dizaines de zombies pris au piège dans un couloir obscur.

Un coup de coke, et ça repart !

En grand habitué des us et coutumes français, René est plutôt du genre à carburer au « ptit jaune » ou peut-être aussi à la « p’tite poire ». Mais voilà, ces nouveaux compères ont d’autres manières de s’amuser et, même de se rendre plus prolifiques et ils ne tarderont pas à initier le brave vieux René.

C’est ainsi que le vieux briscard se retrouve à sniffer de la poudre blanche, du genre de celle qui vous arrache la tronche pendant des heures, chose qui ne tarde pas à arriver à notre héros. Plus ragaillardi que jamais, notre cher René fonce désormais dans le tas et semble vouloir simplement dézinguer un maximum de zombies, tout en s’amusant avec ses nouveaux amis.

C’est ainsi qu’avec l’aide de ce merdeux de Bola, il va véritablement torturer une malheureuse morte-vivante en la privant d’une nourriture dûment gagnée et en la plaquant au sol durant de longues minutes. Sans l’intervention d’Adewale, le grand frère de cet « asticot » de Bola, les choses auraient pu aller bien plus loin encore, René étant à la limite du contrôlable.

Fin explosive

Durant le final de l’œuvre qui verra l’extermination de la plupart des êtres humains encore présents dans le bâtiment, René se livre à un véritable massacre zombiesque à l’aide de son Gatling.

Néanmoins, à court de munitions après quelques minutes, il décide d’utiliser la seule grenade qui lui reste. Persuadé que son heure est venue car encerclé de nombreux zombies, notre héros décide de mourir en brave en se laissant assaillir avant d’enfoncer la grenade dégoupillée dans la bouche du zombie se trouvant juste au-dessus de lui.

Une triste fin pour le dernier représentant du terroir français.

Un visage bien connu

Pour expliquer le succès que peut avoir le personnage de René auprès des spectateurs, il faut en chercher les raisons du côté de son visage et de son physique, bien connus des amateurs de cinéma français.

Certes, cette incursion dans le cinéma de genre constituait une première pour l’acteur, mais, fort d’une certaine de rôles depuis 1973, Yves Pignot possède l’une des « gueules » les moins anonymes du cinéma hexagonal.

Fort d’expériences auprès de Francis Huster, Isabelle Adjani, Michel Galabru ou encore Jean-Paul Belmondo, il est ce que l’on peut appeler un second couteau plus qu’attrayant et sans doute l’un des seuls acteurs français à pouvoir tenir le rôle d’un personnage aussi dingue que celui de René.

Mieux, il tient même la dragée haute à la ganache pourtant célèbre de Jo Priesta qui campe, pour rappel, Greco, et qui trouve en Yves Pignot un adversaire idéal, tant au niveau visuel qu’au niveau de la truculence. Yannick Dahan et Benjamin Rocher ont donc eu le nez très fin au moment de caster ce vieux de la vieille.

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