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30 mai 2010 | Par : Gore Sliclez

Predator 2

Trois ans après le brillant premier opus de John McTiernan, voici débarquer dans nos salles fin avril 1991, et dans une certaine indifférence, Predator 2. Le public était-il déjà blasé de ces extraterrestres sanguinaires de la décennie précédente ou bien se tournait-il déjà vers un autre type de tueur sans pitié ? Il est vrai que Le Silence des Agneaux trustait alors le tableau des records d’affluence depuis quelques jours déjà et annihilait toute ambition concurrente à son serial killer hédoniste.

Et puis en lieu et place du très bankable Arnold Schwarzenegger en Guerrier Ultime (préférant pour sa part le tournage de Terminator 2), c’est Danny Glover qui endosse le rôle du meilleur ennemi face au monstre rasta, dreadlocks au vent et pieds griffus, à la gueule impardonnable. Un choix qui étonne, d’autant que l’acteur est au sommet de sa notoriété avec la franchise à succès que sont les "Arme Fatale" et que son image de flic "papy" se décale par rapport à l’atmosphère fantastique et gore de l’univers Predator. Notons cependant, que l’autre idée pressentie d’y mettre un Patrick Swayze encore trop "dancing" que "dirty" n’était pas non plus des plus judicieuses.

Nous sommes en 1997, le Lieutenant Mike Harrigan est chargé d’enquêter sur des violences urbaines entre gangs de la drogue au cœur de Los Angeles (choisi à New York comme lieu de tournage pour des raisons financières). Des morts d’une violence inouïe éveillent les soupçons du policier qui y voit les agissement d’un tiers inconnu et sanguinaire. Très vite un duel à distance s’installe entre deux chasseurs aux objectifs clairement différents et dans une jungle d’un tout autre style, raison principale d’ailleurs invoquée par Schwarzenegger pour ne plus être de la partie. Un scénario réadapté par la paire Jim et John Thomas, créateurs du mythe, qui transposent donc leur alien dans la ville après nous avoir immergés auparavant dans la jungle d’Amérique Centrale. Si les paysages sont différents, les approches sont par contre les mêmes pour un chasseur paradoxalement aussi primitif dans son comportement que technologiquement avancé que ce Predator (Yautja dans sa propre langue) en quête de nouveaux trophées. Pour aider Glover-Harrigan dans sa traque, Bill Paxton devient le premier trait d’union (bien avant Lance Henriksen) entre les deux franchises à succès que sont Aliens et Predator, puisque que quatre ans après avoir combattu la créature imaginée par Giler, le voici dépêché pour titiller du reptile... et finir son existence de la même manière !

L’expérience difficile de Freddy 5, L’enfant du cauchemar avec un tournage en quatre semaines à peine (sorti en France et Belgique au même moment que Predator 2 selon le hasard des programmations), allait permettre à Stephen Hopkins d’hériter de ce challenge ingrat mais ambitieux offert par les producteurs (Joel Silver en tête, rassuré par le succès des séries comics) pour offrir aux fans une nouvelle vie à cet extraterrestre d’un nouveau genre. Et comme pour se différencier de l’œuvre précédente ou cacher un déficit artistique, Hopkins choisit délibérément le gore pour certaines de ces scènes occasionnant par ailleurs la première catégorisation NC-17 de l’histoire du cinéma aux Etats-Unis. Obligé néanmoins de remanier son film une vingtaine de fois, le réal ne laisse plus grand chose des scènes de décapitation et de mutilations de l’œuvre originale offrant ainsi des actes suggérés ou accélérés pour éviter de traumatiser un public peu habitué encore jusque là au porn torture. Le carnage du métro, la mort de King Willie ou encore les pendaisons des Jamaïcains sont occultés astucieusement pour n’en voir que le résultat et jamais les actes. Néanmoins, l’impression finale laisse une image du film plus sanglante et violente que le premier opus malgré un certain humour (la vieille et son ballet !).

Travaillé dans les studios du regretté Stan Winston, le père fondateur du mythe, l’univers du Predator se développe en même que cette suite avec plus d’indices et de nouvelles trouvailles dans l’armement guerrier. Ainsi, on découvre la lance rétractable, le frisbee qui coupe tout sur son lancement, les pinces ou encore le filet-toile emprisonnant sa victime. Sans oublier le kit de survie de l’ET "à utiliser en cas de" blessures graves ou enfin, et là nous entrons de plein pied (griffu) dans l’univers SF : le vaisseau et son intérieur épuré. Le geek aura remarqué la galerie de trophées des Predators où siège parmi les crânes d’espèces inconnues celui allongé et reconnaissable entre tous de l’Alien. Il faut dire que la Fox venait d’acquérir les droits de l’autre franchise concurrente et pouvait donc se permettre d’établir pour la première fois une sorte de crossover intéressant et prometteur.

Si d’habitude les films de Stephen Hopkins connaissent une fin calamiteuse, quand elle n’est tout simplement pas grotesque (voir Les Châtiments), il en va autrement cette fois. Long, caricatural au possible, parfois mal interprété, le film a du mal a prendre son envol dans la première partie et pourrait presque flirter avec le série B. Il faut attendre la scène stroboscopique magistrale du métro pour comprendre que le réalisateur est décidément plus doué pour les scènes d’action rondement menées. Idem pour le face-à-face tant attendu dans les abattoirs de la ville où les cascades se succèdent dans un rythme frénétique et haletant même si au vu des combinaisons argentées portées par les militaires, oscillant entre drag queen et Abba, on a eu très peur. Enfin, le final dans un beau visuel du vaisseau spatial des Predators et son combat final s’imposent comme une voie unique d’accès vers une dimension autre et supérieure de la franchise comme si le passage du témoin au réal suivant devenait cadeau ou malédiction. Un peu comme ce revolver du 18ème siècle offert par le chef des Predators à Harrigan portant la mention "Raphael Adolini 1715", autre crossover anticipatif (ou rétrospectif c’est selon) qui devint un sujet exploité en comics par Dark Horse (la rencontre détonante entre pirates et predators) et suggéré en son temps pour un éventuel sequel.

Si Predator 2 ne bénéficie pas de la même photographie superbe du premier épisode et d’une mise en scène mieux contrôlée, moins inégale, le film garde néanmoins tout son impact visuel et technique. Nommé aux Saturn Awards et à Fantasporto, il aura coûté plus du double (35 millions de dollars) que celui de McTiernan pour malheureusement moins de bénéfices. Il n’empêche l’œuvre aura eu les mérites de succéder fièrement et de jeter les bases solides d’une franchise qui tarde pourtant à ressusciter véritablement.

TRAILER

Commentaires

Aaaahhh, cette époque bénie où les BA étaient bien meilleures que les films ! (même si c’est parfois encore le cas à l’heure actuelle)
Ce trailer est irrésistible ! (les voix-off de l’époque étaient aussi tellement reconnaissables, ça avait son charme !).

15 juillet 2010 | Par Vivadavidlynch

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