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BACK TO THE FEATURE

6 janvier 2010 | Par : Damien Taymans

Tremors

Roulez genèse

Venu tout droit du monde du documentaire (Addictions, Compulsions & Alernative highs), Ron Underwood tente depuis quelques années de voir aboutir un projet qui lui tient à cœur, d’autant qu’il a été édifié par deux amis, Brent Maddock et Steve Wilson, auteurs du script de Short circuit et de sa suite. L’idée originelle appartient à Steve Wilson (qui réalisera d’ailleurs les deuxième et quatrième épisodes) qui, alors qu’il se trouve en plein désert californien, s’assoit sur un rocher et se demande ce qui pourrait l’empêcher de se lever. Griffonnée sur un bout de papier, l’idée se développe et prend la forme d’un scénario soumis à plusieurs sociétés de production qui toutes refusent. En 1989, la rencontre avec Gale Anne Hurd, productrice de Terminator, d’Aliens et d’Abyss, trois chefs-d’œuvre de la SF signés James Cameron, met un terme aux infructueux quémandages d’Underwood auprès des studios. Le projet prend finalement corps. Le tournage prend place dès le mois de mai au large de Lone Pine, Californie, dont les étendues désertiques ont servi de décor à d’illustres westerns comme La conquête de l’Ouest (1962) de John Ford, Henry Hathaway et George Marshall ou Joe Kidd (1972) de John Sturges. Ce qui devait à la base être un film à petit budget puisque traitant d’un monstre souterrain, donc invisible, devient finalement, sous l’égide des studios Universal, une production consistante dotée d’un budget avoisinant les 12 millions de dollars.

A créature monstrueuse, effets monstrueux

Tremors se veut volontairement à l’opposé d’Aliens dont la créature visqueuse vient de baver sur les écrans du monde. Les maquilleurs Tom Woodwurf Jr. et Alec Gillis, qui ont collaboré aux côtés de Stan Winston sur le film de Cameron et Leviathan, dessinent des « graboïds » réalistes, leur donnant un aspect sec et poussiéreux qui les distinguent des aliens visqueux et gluants contre lesquels se bat le sergent Ripley : leur corps cylindrique, long de dix mètres, glisse sous la terre au moyen de crochets et attrapent leurs victimes à l’aide de tentacules qui sortent de leur énorme mâchoire. Si lesdites créatures peuvent être rapprochées des squales des Dents de la mer (la première version du script de Tremors était à l’origine désignée sous le nom de « Le requin de la terre »), les concepteurs en font une vraie créature du désert. Défini à partir de dessins de dinosaures et de rhinocéros au niveau de son volume et des pachydermes en ce qui concerne la texture de sa peau et ses appendices tentaculaires (qui se meuvent et se contractent à la manière de la trompe d’un éléphant), le graboïd constitue un monstre d’autant plus redoutable qu’il ressent les vibrations des êtres qui l’entourent et les happe avec la vivacité des sauriens les plus rapides, se déplaçant avec rapidité sous terre de manière sinueuse.

Animer une telle créature se révèle difficile en bien des circonstances. Si bien que parallèlement aux prises de vue réelles sont créées des miniaturisations du graboïd ainsi que des décors dans lesquels il est censé évoluer. L’attaque du magasin de Chang (entièrement constitué par le décorateur Ivo Cristante) nécessitait ce genre d’effets spéciaux qui faisaient ensuite l’objet d’inserts au sein des images filmées grandeur nature (l’attaque est insérée grâce à un panoramique filé au sein des images réelles, ce qui entraîne une harmonie totale entre les personnages et les images tournées dans un local miniature, reconstitué pour l’occasion à l’image du magasin). Cristante conçoit en à peine deux mois les décors de la ville de Perfection, localité rurale peuplée d’à peine quatorze âmes, où tout gravite autour d’un bâtiment principal, le magasin de Chang, édifié de sorte qu’il puisse s’écrouler et être reconstruit assez rapidement pour une seconde prise.

Digne héritier de la SF

Sous ses atours frivoles, Tremors cache en réalité un véritable amour pour les œuvres de science-fiction des années 50, dans lesquelles l’humour n’avait que peu de place, suscitant bien souvent malgré elles un comique bien involontaire. Le film d’Underwood tire le meilleur des productions « maccarthystes » et « atomiques » de l’époque, se basant sur un scénario solide constitué de multiples rebondissements, ce qui permet au rythme de ne jamais faiblir. Rappelant des productions comme Le blob ou Des monstres attaquent la ville, Tremors répond à la lettre aux mécanismes d’une trame infaillible : quelques disparitions étranges, un ennemi invisible, des traces de son passage (les relevés du sismographe) et une armada de fortune qui se constitue pour se défendre de cet ennemi en apparence invincible. Seule différence – et pas des moindres – avec les productions 50’s, les forces militaires n’interviennent jamais et les personnages ne peuvent se fier qu’à leurs propres compétences pour se sortir de ce cauchemar ensablé. Libéré de la pression gouvernementale de l’époque, Tremors se permet même d’insérer quelques touches comiques (Chang commercialise le cadavre du monstre, offrant aux visiteurs de poser à ses côtés pour une photo-souvenir) devenues depuis indissociables de l’horreur et de la SF de série B.

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