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23 décembre 2009 | Par : Quentin Meignant

Tallahassee (Bienvenue à Zombieland)

Nom de ville

Si le jeune homme appelé Columbus est présenté comme le véritable héros de l’histoire, sa rencontre avec le dénommé Tallahassee va venir mettre du sel dans l’aventure proposée par Bienvenue à Zombieland, métrage de Ruben Fleischer.

Tallahassee, tout comme Columbus d’ailleurs, est le nom d’une ville (capitale de l’état de Floride) et, plus précisément, de la destination envisagée par le héros campé par Woody Harrelson.

L’homme, qui a visiblement tout perdu suite à l’invasion zombiesque, désire se rendre en Floride et, pour ce faire, traverse l’Amérique au sein de son bolide.

Fou du volant

Alors que Columbus avait énoncé au début du métrage ses règles de survie pour le moins loufoques, Tallahassee, lui, n’en a que faire. Présenté comme un véritable fou du volant, il déboule dans Zombieland au volant d’un bolide noir, de type jeep, muni d’une petite pelle de bulldozer sur le pare-choc avant.

Zigzaguant au milieu des cadavres et des voitures sinistrées ou tout simplement abandonnées, Tallahasse ne porte jamais sa ceinture (ce qui est pourtant une des grandes règles de Columbus) et boit plus que de raison au volant. Il adore par ailleurs assommer les morts vivants en leur assénant un coup de portière tout en roulant.

Fou furieux du champignon, il taille la route à grande vitesse jusqu’à ce que l’ultra-prudent Columbus entre dans sa vie… et lui apporte un grand nombre de problèmes.

Dur au grand cœur

S’il est certain que Tallahassee est un vrai dur, ne répugnant par ailleurs pas à faire gicler la cervelle de quelques zombies égarés, l’homme n’en a pas moins un cœur qui, pour la bonne cause le raisonne toujours.

Il est ainsi attendri par une fillette qui vient d’être mordue et qui demande à être abattue par sa sœur ou une tierce personne. Alors qu’il s’apprête à tirer sur la jeune fille, histoire de la « soulager », il cède son arme à la sœur de celle-ci… qui s’empresse à le braquer.

Même si l’influence un brin idiote de Columbus n’y est pas pour rien, il est certain que Tallahassee fait partie de ces personnes dotées d’une carapace compacte, d’un langage peu châtié… qui cachent un cœur énorme et un sens de la justice bien prégnant.

Binôme attendrissant

Ce caractère un peu guimauve bien caché, les relations de Tallahassee avec Columbus sont très souvent tendues, laissant donc libre court aux bons mots de part et d’autre. A ce titre, Tallahassee possède une répartie incroyable qui le rend instantanément attachant.

Fort d’une expérience de la vie visiblement importante, il n’hésite guère à conseiller Columbus quant à ses relations amoureuses (eh oui, même dans un monde peuplé de zombies, l’amour existe encore) et surtout à le railler dès que possible. Il n’en reste pas moins fort attaché au jeune garçon puisque, à la fin du film, il lui donne la preuve qu’ils fondent (avec leurs deux comparses féminines) une « véritable famille ».

Crises de démence

Sympathique pour le spectateur, Tallahassee n’en demeure pas moins une vraie plaie pour les gens qui le côtoient. En effet, le héros est doté d’un fichu caractère et, surtout, est victime de crises de violence assez démentielles où il se sent obligé de casser tout ce qui lui passe sous la main.

De plus, il a une obsession : trouver de délicieux Twinkie, ces biscuits très en vogue aux Etats-Unis, considérés par certains comme le summum de la malbouffe. Constituées d’un gâteau de mousseline d’or avec un remplissage crémeux, ces pâtisseries industrielles font chavirer le cœur de Tallahassee qui tuerait pour s’en procurer dans ce monde post-apocalyptique. Ceci donne lieu à quelques scènes d’anthologie, proposées non sans humour par Fleischer, notamment lorsque le héros fracture un camion de la firme Hostess (fabriquant officiel des Twinkie) pour y trouver… d’autres sucreries, raison pour laquelle il pique une de ses fameuses colères. D’autres séquences tout aussi drôles font aussi références à ces gâteries sucrées qui avaient déjà profité des honneurs du cinéma (de manière plus discrète) dans Ghostbusters.

Fan de Bill Murray

C’est sans doute la raison pour laquelle, en arrivant à Beverly Hills, Tallahassee choisit d’aller squatter la villa de l’acteur Bill Murray. Son amour des Twinkie, le héros le puise sûrement inconsciemment (ou consciemment, allez savoir) dans le fait qu’il est un fan absolu de Bill Murray, acteur mythique de Ghostbusters qui, dans l’œuvre d’Ivan Reitman, évoque les Twinkie avec une certaine passion.

Le quatuor de personnages principaux se retrouvent donc dans la demeure de Bill Murray où aucun zombie n’a pu rentrer. Après quelques heures, l’acteur lui-même sort de sa cachette et se présente aux héros sous la forme d’un faux-zombie, ce qui provoque l’enthousiasme et l’admiration d’un Tallahassee, heureux comme un gosse face à l’idole de sa jeunesse.

Malheurs d’une vie passée

Si cet instant de bonheur est sans doute l’un des plus beaux moments de la vie de Tallahassee, le héros au soi-disant cœur de pierre ne parvient pas à rester énigmatique auprès de ses compères.

En effet, après avoir entretenu le mystère quant à son passé et avoir évoqué, avec une certaine émotion, la perte de son petit chien suite à l’invasion zombiesque, Tallahassee se trahit et admet avoir vu… son enfant mourir sous les coups de boutoirs de morts-vivants affamés. Véritablement marqué par l’expérience, il acquiert, grâce au génie des scénariste Rhett Reese et Paul Wernick, une dimension encore plus touchante, se transformant carrément en écorché vif.

Interprétation magistrale

Le personnage de Tallahassee, aussi bien développé soit-il par la plume des scénaristes et la caméra de Ruben Fleischer, ne serait sans doute rien sans l’interprétation cinq étoiles de Woody Harrelson, un acteur hors du commun qui, à maintes reprises, avait déjà prouvé son talent. Plus que pour n’importe quel rôle humoristique, Woody Harrelson déploie nombre de ficelles allant titiller tant les zygomatiques que l’émotivité de la plupart des spectateurs.

Déjà nominé aux oscars (pour le meilleur rôle grâce à Larry Flint) et bardé de prix en tout genre, l’acteur en était pourtant à son premier rôle dans une bande zombiesque. Son nom ronflant avait de quoi surprendre en tête d’affiche d’une comédie horrifique (qui, hormis quelques spots TV est restée relativement discrète auprès du grand public) aussi délirante que Bienvenue à Zombieland, d’autant qu’à la base, le métrage devait être une microproduction télévisée.

Se muant en espèce de blockbuster, Bienvenue à Zombieland a en tout cas profité au maximum de la notoriété d’Harrelson et a réalisé une appréciable percée au box-office américain, rapportant près de 85 millions de dollars aux producteurs (sur le seul marché américain), pour une mise de départ de 23,6 millions.

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