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BACK TO THE FEATURE

13 décembre 2009 | Par : Damien Taymans

The mechanical man (1921)

La France, berceau de la SF

L’importance de l’Hexagone dans le genre science-fictionnel est souvent négligée. Pourtant, c’est en France et nulle part ailleurs qu’est né le genre, initié en littérature par Jules Verne qui décrit sur papier des années à l’avance des machines alors encore inconnues et imagine d’improbables odyssées sous-marines (Vingt mille lieues sous les mers et son Nautilus) et aériennes (Le tour du monde en 80 jours), poussant même le vice jusqu’à concevoir la conquête de l’espace (De la Terre à la Lune).

Quelques années plus tard, un autre Français, Georges Méliès, prestidigitateur reconverti dans le trucage cinématographique, transpose sur pellicule l’incroyable voyage lunaire et explore les cratères du satellite où résident les Sélénites. Des années plus tard, alors que le genre s’exprime quasi unanimement dans l’Allemagne expressionniste des Lang et Murnau, naît en Italie une nouvelle œuvre de science-fiction, L’homme mécanique, réalisée par André Deed, disciple du maître Méliès qui a depuis bâti sa renommée en campant une vingtaine de fois le personnage de Boireau dans une série de courts vaudevilles, ersatz du bouffon Cretinetti qu’il incarne en Italie depuis 1908.

Aïe, robot

L’uomo meccanico, péloche italienne réalisée par le cinéaste frenchie Deed, est l’un des premiers longs métrages à incorporer dans ses rangs le personnage du robot remis au goût du jour sous une forme androïde par la pièce de théâtre « Rossum’s Universal Robots » du tchécoslovaque Karel Capek. Six ans avant de devenir l’un des personnages-clé du Metropolis de Fritz Lang, l’une des plus grandioses œuvres de SF des années 20, l’androïde devient pour Deed une dangereuse alternative pour l’humanité menacée de disparaître si la création robotique venait à tomber dans de mauvaises mains.

Le métrage adopte d’ailleurs cette perspective obscure : Mado, femme masquée à la tête d’un gang de criminels, ambitionne de s’emparer de l’automate extrêmement puissant que vient de construire le scientifique D’Ara. Alors que ses plans sont sur le point d’aboutir, Mado et sa bande sont cueillis par la police et inculpés par l’inspecteur Ramberti. Après avoir mis le feu à l’infirmerie de la prison, Mado profite du chaos qui y règne pour s’évader. Elle kidnappe alors Elena D’Ara, la jeune nièce de l’inventeur et la contraint à lui dévoiler les secrets de fabrications du robot. Parallèlement, le frère du scientifique développe un autre robot, conçu afin de rivaliser contre l’original, passé sous la coupe de la démoniaque Mado. Un combat titanesque s’engage alors entre les deux machines dans un opéra, combat au bout duquel les deux robots seront anéantis.

Des trucages convaincants

Les robots en question concordent avec l’idée qu’on n’a d’eux au début du siècle, à savoir un assemblage de boîtes de conserve rectangulaires et une sorte d’anthropomorphisme précaire. Plutôt grands (ils approchent des quatre mètres) et puissants (ils peuvent soulever une armoire contenant un être humain ou démolir une porte d’un seule coup), ceux-ci se présentent sous la forme d’un amas de plaques de métal minutieusement enchevêtrées et reliées par des rivets, leur permettant une grande mobilité au niveau des mouvements. La carcasse dans laquelle prend place un comédien laisse la possibilité à ce dernier de bouger bras et jambes (l’un des robots lève le bras pour commander du champagne, sic). Ils sont en outre dotés d’une paire de phares rouges et de chalumeaux à chaque main qui leur permettent de desceller un coffre-fort et de fracturer une porte en métal. Ces esquisses robotiques s’apparentent déjà fortement aux créations des années 50, période bénie pour le cinéma de SF qui inondera les écrans de ces artefacts robotisés.

Et c’est le temps qui court

Ce qui devait constituer l’un des piliers du genre science-fictionnel dut finalement se contenter du statut d’archive, la majorité de la pellicule originale ayant subi les affres du temps et s’étant volatilisé durant de nombreuses années. Considéré comme définitivement perdu, le film a miraculeusement réapparu à Sao Paulo (Brésil) sous une forme fragmentaire. Cette ultime copie, de version portugaise, comporte 740 mètres de pellicule, soit 40 pourcents de la bobine originelle qui comptait 1821 mètres selon les archives cinématographiques transalpines. La majorité de la bande retrouvée appartient à la seconde moitié du métrage qui a depuis connu une restauration de l’image assez minime et s’est juste vu augmentée d’une nouvelle bande-son et de sous-titres anglais. Ces 26 précieuses minutes transférées sur DVD outre-Atlantique démarrent par l’évasion de prison de Mado.

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