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BACK TO THE FEATURE

26 novembre 2009 | Par : Quentin Meignant

Nicholas Angel (Hot Fuzz)

Super Agent

Ayant suivi toutes les formations possibles et imaginables, le policier Nicholas Angel fait régner la loi à lui seul dans les quartiers londoniens. Actif au point de ne penser qu’à son boulot et au respect total de la loi, il multiplie les arrestations, au point de se mettre à dos ses collègues et ses supérieurs, qui ont la franche impression d’être dévalorisés par le remarquable travail de leur congénère.

Malgré une main récalcitrante (suite à un coup de couteau reçu par un faux Père Noël, incarné discrètement par Peter Jackson lui-même) et la séparation d’avec sa petite amie, Jeannine (incarnée par Cate Blanchett, dont on ne voit que les yeux), Angel effectue donc un travail remarquable loué par les citoyens mais abhorré par la police dans son entièreté.

Le Super Agent est donc muté sous la forme d’une promotion dans le ravissant et paisible village de Stanford. Véritable traumatisme pour cet amateur d’action, cette mutation à effet immédiat et sans aucune condition le met donc au rencart, permettant ainsi à la belle police londonienne de s’exprimer.

Code pénal ambulant

Si l’homme en a pris un coup, son caractère et son esprit de modeste justicier au service du code pénal n’a pas pris une ride, que du contraire. Que cela soit en pleine effervescence londonienne ou dans la tranquillité d’une petite ville de campagne telle que Stanford, Nicholas Angel est là pour une seule chose : faire respecter la Loi.

Cette loi qui lui a déjà tant coûté est toute sa vie. Obnubilé par le respect de celle-ci, il entre en scène à Stanford tel un diable qui sort de sa boite, en terrorisant la population clairsemée à gros coups d’arrestations alors qu’il n’a même pas encore pris son premier service.

L’œil vif, les menottes et le calepin toujours prêts à servir, il s’en prend aux petites incivilités qui, selon lui, minent la ville la plus sûre de tout le royaume. Cela se solde par l’arrestation d’un sosie d’Harry Potter un rien saoul en train de déambuler en pleine nuit dans les rues, d’un jeune homme urinant sur la voie publique et, surtout, de son futur second, Danny Butterman.

A la manière d’un Louis de Funès dans le premier épisode des Gendarmes (l’exagération et les grimaces en moins bien entendu), Nicholas Angel fait donc plus de chiffre en une seule soirée que tous les autres policiers du village en un an. Un signe qui ne trompe pas : les habitants sont donc loin de dormir sur leurs deux oreilles.

Un adjoint spectaculaire

Si leur rencontre ne fut en rien une sinécure (le pauvre Butterman emprisonné et Angel découvrant le lendemain matin avec horreur que son « prisonnier » est en fait la fils de son patron), nos deux agents de choc font rapidement connaissance, Angel essayant d’inculquer les bases du véritable métier de policier à un Butterman plus idiot que jamais.

Pas évident d’autant que, protégé par papa, Danny Butterman passe son service à déambuler d’échoppes en échoppes, achetant des glaces à foison et ne pensant jamais à entamer une investigation malgré quelque élément suspect. Puisque « tout a toujours été tranquille à Stanford », Butterman entraîne petit à petit Angel sur la voie de la dépression et de l’endormissement chronique, plan de carrière que le policier londonien n’avait jamais véritablement élaboré.

Heureusement, Butterman a tout de même une passion dans la vie : là où son ami Angel a pour seul hobby son Lys du Japon, le fils à papa est un inconditionnel du cinéma d’action. Doté d’une collection à faire pâlir n’importe quel cinéphile, il s’enfile à grande vitesse des films avec des supers flics tels que Bad Boys ou Extrême Limite.

Cette passion s’avèrera salutaire pour le duo, servant à la fois d’écolage à Butterman mais surtout de source d’inspiration spectaculaire à un Nicholas Angel souvent trop « sage ». C’est la naissance d’un nouveau super-flic.

Le Terminator des campagnes

Si le sifflet, le calepin et la bonne volonté ont toujours été l’apanage d’Angel, les événements de Stanford et sa collusion avec Butterman va engendrer chez lui un changement radical. En effet, le gentil policier scrupuleux et zélé se transforme en véritable justicier aussi spectaculaire que dément.

Assis sur un cheval, muni d’un arsenal impressionnant multipliant les shotguns et autres joyeusetés du genre, il revient à Stanford régler le compte des corrompus et des tueurs. Et ça dégage dur ! Aidé par Danny, il shoote petits vieux et petites vieilles, curés et membres émérites du conseil de la ville. La transformation de son ami en véritable machine à régler des comptes motive par ailleurs Butterman qui se mue en adjoint de choc tout aussi spectaculaire.

A l’image de leurs héros, les Detective Martin Burnett et Mike Lowrey (les flics de Bad Boys II, incarnés respectivement par Martin Lawrence et Will Smith), il rétablissent la loi en multipliant les courses-poursuites, les fusillades, les tirs doubles (un revolver dans chaque main), les plongeons ou encore les coups de feu vers le ciel en hurlant comme des gorets.

Cette mutation donne lieu à des échanges complices et à un spectacle de tous les instants pour deux super flics qui, désormais, feront régner la loi dans les campagnes anglais en faisant crisser leurs pneus et en faisant la nique aux hors-la-loi de tous poils.

Acteur de génie

Le trio Edgar Wright (réalisateur), Simon Pegg (Nicholas Angel) et Nick Frost (Danny Butterman) avait déjà fait du dégât dans les salles trois ans avant Hot Fuzz avec Shaun of the Dead, hilarante bande comico-zombiesque, qui avait fait travailler les zygomatiques de nombreuses personnes.

Fort de ce succès, Wright mis sur pieds Hot Fuzz (pour lequel il bénéficia de l’apport non-négligeables de guests, tels Peter Jackson et Cate Blanchett) et misa bien entendu l’essentiel de son œuvre sur le duo comique favori du moment.

A ce titre, Simon Pegg (est totalement impeccable (la remarque vaut aussi pour Nick Frost), multipliant les mimiques discrètes et parvenant à rendre au mieux des dialogues d’une exquise finesse (surtout dans la version canadienne de l’œuvre).

Après sa participation à Hot Fuzz, Pegg croula d’ailleurs littéralement sous les demandes, l’acteur participant notamment à Star Trek, une fausse bande-annonce Grindhouse, en prêtant sa voix à Buck dans L’âge de Glace 3, en scénarisant et en jouant le futur Paul de Greg Mottola et, bientôt, en incarnant avec son ami de toujours les Inspecteurs Dupondt dans le premier Tintin de Spielberg.

Une voie royale ouverte notamment par son rôle de Nicholas Angel. Quand on vous dit que c’est un super flic…

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