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27 octobre 2009 | Par : Quentin Meignant

Judge Dredd

D’un magazine SF à une adaptation cinématographique, il y a… un grand pas

La revue britannique de comics spécialisés en science-fiction 2000 A.D. s’offre, en 1977, un tout nouvel héros développant une mythologie et un univers très particuliers. Initié par John Wagner et Carlos Ezquerra, le comic book Judge Dredd, destiné à un public adulte, s’empare directement des amateurs de SF violente et post-apocalyptique. Il fallut néanmoins attendre 1990 pour qu’une revue entièrement dévolue au héros, Judge Dredd Magazine, soit mise en vente. Cette déclinaison provoqua un nouvel engouement concernant Dredd, ce qui ne manqua pas d’attirer l’industrie cinéma hollywoodienne. Hollywood Pictures s’emparant rapidement des droits d’adaptation, la firme proposa en 1995 une métrage simplement intitulé Judge Dredd, placé sous la houlette de Danny Cannon. Plus gros ratage de l’année, ce qui valut notamment à Sylverster Stallone d’être nominé aux Razzie Awards (ce dernier déclara à ce titre le film comme « plutôt merdique »), l’œuvre n’entama néanmoins pas la cote de popularité du héros, ce dernier se déclinant toujours aujourd’hui sous la forme de figurines et de comic books grâce à un univers riche en constante évolution.

Univers peu hospitalier

Si le personnage de Judge Dredd demeure en lui-même captivant, il faut aussi chercher le succès de la franchise du côté de l’environnement dans lequel le héros évolue. En 1977, lors de la création du mythe, les scénaristes placent leur action en 2009 tandis qu’à l’heure actuelle, les aventures de Dredd se déroulent désormais en 2128. Une telle évolution chronologique se traduit dès lors par de nombreuses innovations graphiques et scénaristiques.

Dans un monde post-apocalyptique, s’érige la ville de Mega City One, gigantesque métropole fictive, évoquant à certains moments New York, qui fut construite sur les ruines d’une Côte Est ravagée par une guerre atomique. La ville fonctionne comme un état indépendant et est régie par les Juges qui, face à la violence croissante dans la cité, sont les policiers-juges-exécuteurs qui doivent appliquer la loi avec rudesse.

Véritables bourreaux des temps futurs, ces Juges sont omnipotents dans un univers où inégalités sociales, chômage, pollution, consumérisme effréné et guerres des gangs règnent en maître. Cet ensemble pour le moins traumatisant est bien souvent perçu comme une exagération des méfaits de notre société capitaliste, mettant en avant le caractère malsain de l’humanité (et de ses buts) tout en instillant une dose de légèreté à l’ensemble en donnant lieu à des combats distrayants. L’objectif de l’œuvre initiée par John Wagner et Carlos Ezquerra n’en reste sans doute pas moins de conscientiser les fans par rapport aux comportements de certains décideurs et à la structure même de notre société, Mega City One était une hyperbole parfaite de ce que représente à l’heure actuelle la vie dans nos métropoles.

Ce panorama peu hospitalier est encore complété par La Terre Maudite, qui constitue la majeure partie du territoire américain et qui se résume en une zone désertique ravagée par les radiations. Ces secteurs sont peuplés de monstrueux cannibales, enfants de l’holocauste nucléaire ayant détruit le territoire. Dans le métrage de Danny Cannon, c’est là que l’avion pénitentiaire de Dredd se fait abattre et que le héros est capturé par de sauvages illuminés.

« La loi, c’est moi »

Cette réplique, tirée de l’adaptation cinématographique de Judge Dredd, résume à elle seule le personnage. En effet, dans un monde gouverné par les juges, Judge Dredd, Joseph Dredd de son vrai nom, est le justicier le plus puissant. Tout Mega City One tremble devant ce seigneur de guerre à la force et à la clairvoyance incroyable au combat. Obnubilé par la justice à tout prix, il lutte contre petits et grands malfrats sans jamais faire preuve d’une quelconque pitié. Condamnant certains innocents à des peines peu enviables, Dredd est avant tout un puncheur capable de se battre tant à main nue qu’avec les armes les plus sophistiquées, connaissant sur le bout des doigts les lois du code civil et la technologie de pointe dont il bénéficie.

Ses affrontements sont graphiquement violents, tant dans le comic book que dans l’adaptation cinématographique, et il n’est pas rare qu’il acquière plus souvent qu’à son tour une dimension de bourreau. A ce titre, son casque, qui ne laisse entrevoir que le bas de son visage, masquant totalement ses yeux, renforce encore cet aspect de froideur face à la déchéance et aux malheurs humains. Le reste de son attirail demeure quant à lui plus classique (assez proche des gilets pare-balles de nos pandores actuels), ce qui lui confère un air particulièrement réaliste.

Au-delà de ses capacités physiques impressionnantes, il peut compter sur une technologie dernier cri, ce qui lui vaut notamment d’être armé jusqu’aux dents (la rubrique FLASHBALL n’a jamais aussi bien porté son nom) par des objets à peine imaginables au design et à l’efficacité improbables.

Sa personnalité assez introvertie recèle bien des secrets et peu de choses viennent perturber le mental, Dredd jugeant même son meilleur ami (qui est en fait son frère génétique) et s’opposant même à quelques juges malfaisants. Parmi ceux-ci, le fameux Judge Death est sans doute le plus connu. Ce dernier est originaire d’un monde parallèle où il considère que la vie elle-même est un crime, dans la mesure où tous les crimes sont commis par des vivants. Après sa transformation en créature morte-vivante, il a éradiqué toute vie sur son monde d’origine, connu maintenant sous le nom de Dead World. Les rencontres entre Dredd et Death donnent lieu à des épisodes livresques d’anthologie où le sang et la violence donnent un ton particulièrement jubilatoire aux aventures.

Cross-overs de papier

Judge Dredd bénéficiant d’un univers très riche et d’un succès jamais démenti, de nombreux cross-overs furent créés, permettant au héros de John Wagner et Carlos Ezquerra de collaborer avec d’illustres super-héros ou de lutter contre des créatures mondialement connues et adulées. Ainsi, les 90’s voient le juge travailler aux côtés de Batman dans quatre albums : Judgement On Gotham (1991), aussi distribué en France chez Comics USA, Vendetta In Gotham (1993) et The Ultimate Riddle (1995) en version anglaise, ainsi que Batman/Judge Dredd - La grande énigme en langue française, publié chez Editions USA en 1996.

Les confrontations contre des créatures malfaisantes provenant du cinéma sont, quant à elles, malheureusement toujours inédites dans nos contrées, Judge Dredd s’étant pourtant attaqué au Predator (Predator vs Judge Dredd en1997) et aux Aliens (Judge Dredd vs Aliens en 2003).

Faster, Sylvester, Kill, Kill !

Dans le fond, seul le film de Danny Cannon laisse un goût amer dans la bouche de fans toujours choyés par leur héros favori. Malgré un Sylvester Stallone cadrant parfaitement avec la stature de son héros (la physionomie de son visage est incomparable et inégalable pour ce type de personnage), ce dernier cabotine plus qu’à son tour et confère à Dredd un statut presque comique.

Il n’en sera certainement pas de même avec la nouvelle adaptation, prévue pour 2012. Cette dernière a déjà lâché des dessins conceptuels qui n’ont rien à voir avec le travail cochonné fourni en 1995. Si, pour l’instant aucun réalisateur n’a été nommé et qu’aucun casting n’a encore été mis sur pieds, il y a de fortes chances pour que Judge Dredd frappe fort lors de sa prochaine adaptation à l’écran.

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