Critique de film

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Audition

"Ôdishon"
affiche du film

Aoyama, 42 ans, est producteur de films. Sa femme est décédée il y a sept ans, mais il vit toujours sa disparition avec difficulté. Un jour, suivant les conseils d'un vieil ami, Yasuhisa Yoshikawa, il décide de se remarier et organise une audition pour une série télévisée fictive afin de trouver sa nouvelle compagne parmi les candidates. La dernière à se présenter, Yamazaki Asami, est une jeune femme d'une troublante beauté. Aoyama en tombe instantanément amoureux. Il la rappelle et dîne en tête à tête avec elle. Quelques jours plus tard, Aoyama lui téléphone à nouveau. Yamazaki est chez elle, prostrée dans l'obscurité. Elle est seule ou presque. Commence alors pour Aoyama une plongée vertigineuse dans un enfer sanglant, dont les retombées seront excessivement douloureuses.

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Trailer - Audition (2000)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Audition - Attention aux pieds !
Par : Damien Taymans

Réalisé par le génial Takashi Miike (Ichi the killer, Gozu, La maison des sévices), Audition est l’un des premiers métrages de l’auteur à avoir été diffusé sur nos écrans.

Dejà critiqué lors de sa sortie en Angleterre, le film souffre d’une réputation douloureuse. Et pour cause... Une fois qu’on a vu Ichi the killer, on comprend mieux les réactions suscitées chez les spectateurs. Dès lors se créent deux clans : les adeptes qui considèrent Miike comme un génie, les autres qui préfèrent se détourner des oeuvres du réalisateur et le boudent méchamment. Quoiqu’il en soit, s’il n’attire pas l’adhésion de tous les spectateurs (mais qui peut se targuer d’un tel attrait ?), il n’en reste pas moins l’un des plus prolifiques du moment, avec une moyenne de 4 ou 5 films par an...

Réputé violent, Audition est en réalité un hymne magnifique qui bouleverse les spectateurs curieux et enchante les connaisseurs. Le film nous présente un père de famille qui doit élever seul son enfant depuis la mort de son épouse. En ce sens, Shigeharu se situe aux antipodes des valeurs masculines japonaises : détruit par la mort de sa femme, assumant difficilement son rôle de père, il est l’antithèse même du héros. Bien plus, il met en avant des sentiments absents de la société nippone virile : il éprouve de la culpabilité à cause de la machinerie des auditions, hésite beaucoup, ne sait pas prendre une décision, ressent un amour profond pour Asami, une fille bien plus jeune que lui.

Le métrage démarre lentement, nous gratifiant de nombreux plans larges sublimes. Miike place les éléments du décor et assouvit notre impatience par des scènes plus chargées en émotions (l’audition notamment ou encore la nuit d’amour entre Asami et Shigeharu). Peu à peu, la tension monte et, dès l’arrivée d’Asami, on sent que quelque chose a changé, on sait qu’on va droit dans le mur. Passant de la pure romance au thriller, Miike nous balade pour nous amener à l’apothéose totale : l’horreur viscérale.

Grâce à une entrée en matière très sobre et un zoom permanent sur la vie et la personnalité de Shigeharu, on en vient à s’identifier au personnage, si proche de nos valeurs et de nos sentiments propres. On partage sa peine comme son engouement, à tel point qu’on se sent Shigeharu, on est devenu lui. Cette identification stimulée permet à Miike de jouer avec nous jusqu’au bout de l’oeuvre. Car la scène de torture est insoutenable dès lors qu’on éprouve la moindre empathie à l’égard du héros. Mais quand on s’y est identifié totalement, on souffre atrocement, on sombre presque dans la folie d’Asami. Une folie pourtant rendue compréhensible, elle qui a été martyrisée par nombre d’hommes durant sa vie, brûlée au fer rouge, enfermée des heures durant. Une folie compréhensible car, après tout, elle ne demandait pas beaucoup : juste être la seule femme de Shigeharu...

On retrouve donc, à travers ce métrage, le vrai Miike dans toute sa splendeur. Une réussite totale qui procure des effets. C’est garanti !


Critique de Audition - Plus profond, plus profond...
Par : Gore Sliclez

Shigeharu Aoyama, patron d’une boîte de prod et veuf, fait passer, avec la complicité d’un ami, une audition à des dizaines de jeunes actrices dans le but de trouver la perle rare et de se marier. Lumineuse et mystérieuse, Asami s’impose très vite dans la tête et dans le cœur de ce père de famille redevenu amoureux. Mais Asami cache de nombreux secrets et de nombreux fantômes…

Shigeharu redevenu adolescent transi et insouciant ne sait pas encore qu’il entre tout doucement dans le piège tendu par cette veuve noire au visage angélique et au regard malicieux. Choix de casting judicieux et payant de la part de Miike qui parvient ainsi à rendre crédible ce personnage énigmatique et envoûtant. Une œuvre accompagnée d’une musique de supermarché qui monte crescendo après cette première partie romantique et drôle (la scène d’audition est vraiment sympa) pour monter ensuite en puissance dans le mystère le plus total.

Asami disparaît au grand désespoir de Shigeharu qui n’accepte pas cette rupture et commence à enquêter sur cet amour anonyme. La mort semble poursuivre la belle où qu’elle aille. Une enquête devenant hallucinatoire où les images terribles se succèdent et découvrent un personnage terrifiant pour terminer en dernière partie par une scène culte, traumatisante et summum d’une horreur ayant pour nom Asami.

Le réal japonais a pris son temps pour nous emporter dans ce cauchemar stupéfiant où quand la candeur incarnée par la très belle Eihi Shiina devient monstrueuse. Une dualité qui bascule le spectateur dans la stupéfaction. D’un esthétisme glacial sado-masochiste mais toujours parfait, la scène finale (que nous ne décrirons pas sous peine de dévoiler l’intrigue) est d’un gore totalement assumé et labellisé 100 % Miike. Un rapport troublant, presque sexuel, entre la tortionnaire et sa victime totalement désemparée.

Témoignage vibrant d’une société japonaise en proie à la solitude et au choc des générations, Audtion nous présente une ville sombre qui écrase les habitants du poids de ses maux et engendre des êtres à la perversité sexuelle et existentialiste. « Nous ne sommes pas dans un film, je suis une héroïne véritable » nous confie Asami entre deux plantages d’aiguilles. « Plus profond, plus profond » scande-t-elle de sa voix douce et les yeux candides et moqueurs. Un film dont on ne sort pas indemne…

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