Critique de film

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L'Arme fatale

"Lethal Weapon"
affiche du film

Pour Roger Murtaugh, 50 ans tout juste et un bon policier, deux seules choses comptent à présent : sa famille et la retraite. Mais voilà qu'on lui fait un cadeau empoisonné : Martin Riggs, jeune flic de la crime, rompu aux techniques de combat, doté d'un instinct suicidaire avancé. Et dans la sordide affaire de suicide qu'ils doivent démêler, Roger Murtaugh va apprendre à ses dépens pourquoi Riggs mérite l'inquiétant surnom d'arme fatale.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de L’Arme fatale - The only one
Par : Fred Bau

Vous l’ignorez peut-être, mais il n’y a jamais eu quatre armes fatales. Il y a bien eu une franchise conduite de bout en bout par Richard Donner, jusqu’à un hypothétique et dispensable cinquième opus. Il y a bien eu un retraité en herbe qui n’en finit pas d’ajourner sa retraite, et un sempiternel convalescent de ses tendances suicidaires qui n’en finit pas d’essayer de se suicider. Mais d’arme fatale à proprement parler, il n’y en a eu qu’une. Au cours des 80’s, Stallone et Schwarzenegger étaient les deux mastodontes qui se disputaient le sommet de l’affiche du film d’action bourrin à grands coups de biscotos. Trop musclés, trop forts, trop quoi, les deux stars remplissaient trop le cadre pour pouvoir se coltiner un binôme à part entière. De son côté, Eddie Murphy, rompu au buddy movie (48 heures, Un fauteuil pour deux), signait pour Le Flic de Beverly Hills, avec un rôle principal ne tolérant autour de lui que des personnages secondaires.

C’est entre ces grandes lignes que le scénariste Shane Black a eu l’une des idées les plus brillantes de la décennie. Celle de l’inspecteur de police suicidaire Martin Riggs, ancien soldat des forces spéciales, passé maître dans l’art des techniques de combat rapproché et du maniement des armes à feux. Une arme fatale : un mec redoutable et efficace, qui parce qu’il est sur la corde raide, en devient dix fois plus dangereux. S’il a suffi à Shane Black de deux coups de cuillère à pot (trauma du soldat + perte d’une épouse aimée) pour inventer son arme fatale, toute l’ingéniosité du scénariste consiste à avoir su développer ce concept dans un buddy movie de type polar-action-humour, en lui accolant son garde fou. Le personnage de Roger Murtaugh est un père de famille paisible de 50 ans, qui aspire à finir sa carrière de policier en douceur, afin de pouvoir couler une retraite heureuse. Riggs et Murtaugh constituent le cocktail détonnant parfait. L’un entraîne celui qui le freine, et vis-versa, et la machine peut s’emballer et déraper sans partir dans le décor.

La suite n’est plus à présenter : l’enquête policière est construite sur un ressort à double fond bien huilé. Le duo Mel Gibson- Danny Glover fonctionne à merveille et leur complicité crève l’écran. Ils ne rivalisent que de plaisir à jouer ensemble, sans accaparer toute la pellicule. Or, c’est ce genre de plaisir maîtrisé, qui, parce qu’il se transmet au spectateur en laissant place à l’histoire, est la clé d’un excellent buddy movie. Les liens affectifs entre les deux policiers se resserrent à mesure que l’intrigue se dévoile. Le tout est assaisonné de méchants trempés dans l’acier (il aura suffi de la flamme d’un briquet et de 30 secondes montre en main pour imposer Joshua (Gary Busey)), et de la petite famille touchante de Murtaugh. La fin, en revanche, doit être bien comprise : au sortir de cette enquête pour le moins éreintante, Riggs a trouvé un ami, une famille d’adoption, et reprend goût à la vie. Autrement dit, Riggs survit à ses tendances suicidaires, et l’arme fatale meurt. Richard Donner, fort de son succès commercial, poursuivra une franchise délestée d’une idée qui est décidément trop remarquable pour pouvoir dépasser les cadres du scénario original de Shane Black.

Maintes fois copié sans être égalé, souvent fourvoyé, ne serait-ce que par la franchise elle-même, L’Arme Fatale n’a pas pris une ride, et demeure un polar-actionner à la fois drôle et efficace. Un film jouissif donc, faute d’être parfait (la réalisation de Donner souffre de quelques scènes tirées par les cheveux), à voir et à revoir, et que l’on appréciera avant tout pour sa générosité. Avec en bonus, la guitare bluesy d’Eric Clapton sur la BO.

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