Critique de film

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Appleseed Alpha

"Appleseed Alpha"
affiche du film
  • Année de production : 2014
  • Réalisateurs : Shinji Aramaki
  • Scénaristes : Masamune Shirow, Marianne Krawczyk
  • Casting : Luci Christian, David Matranga, Brina Palencia, Adam Gibbs, Elizabeth Bunch,
  • Musique : Tetsuya Takahashi
  • Genre : Animation, action, science-fiction
  • Pays d'origine : Japon, USA
  • Durée : 93 minutes
  • [
  • Bande annonce
  • ]

Abandonnés après une énième guerre mondiale, deux mercenaires - Deunan et son partenaire cyborg, Briareos - sont envoyés en mission aux abords d’une ville ravagée par les combats. Pendant l’opération, ils croisent le chemin d’Iris et Olson, deux citoyens de la ville utopique d’Olympus qui ont peut-être un plan pour sauver le monde, mais l’impitoyable Thalos et le seigneur de guerre Two Horns ont leur propre idée derrière la tête. C’est à Deunan et Briareos qu’il incombera de protéger leurs nouveaux amis et sauver le dernier espoir de l’humanité.

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Trailer - Appleseed Alpha (2014)
Par : Fred Bau

Les critiques à propos de ce film

Critique de Appleseed Alpha - Une graine de plus en plus cybericaine.
Par : Fred Bau
Tags : Animation

Un métro glisse dans l’obscurité. "Une caméra subjective" traverse un compartiment... le début d’Appleseed Alpha est ouvertement évocateur du début de Blood, the last vampire, anime de 48 minutes seulement, qui fut cependant un tournant décisif tant au niveau du film d’animation en images numériques, que sur le plan de la collaboration américano-japonaise dans ce domaine. Nous retrouvons à la réalisation Shinji Aramaki, qui s’était déjà chargé de mettre à rude épreuve les puristes avec ses deux précédentes adaptations filmiques du manga culte de Masamuse Shirow, avant de diviser en 2013 les fans hardcores de japanisation avec Albator. L’étau de cette collaboration se ressert de plus en plus du côté outre-atlantique. Exit ici les scénaristes d’origine asiatique. C’est la freelance Marianne Krawczyk, dont les talents de scénariste ont jusque là été mis au service des jeux vidéos (la série God of War notamment), qui s’est vu assignée la tâche d’écrire cette préquelle.

Paradoxalement, le scénario de l’américaine, bien que sans commune mesure avec les travaux de ses prédécesseurs, s’inscrit d’emblée plus en plein dans le matériel originel que celui élaboré par Haruka Handa et Tsutomu Kamishiro pour l’Appleseed de 2004. Nous retrouvons les deux ex-commandos Deunan Knut (toujours aussi sexy) et Briareos Hecatonchires (devenu cyborg) en train de survivre dans une ville en ruine après la Troisième Guerre mondiale, alors qu’Appleseed (2004) prenait, probablement pour des questions d’adaptations vers un plus large public, quelques libertés avec le manga (Briareos travaille dans la ville d’Olympus, bâtie sur les ruines du monde et où se côtoie humains et bioroïdes, et vient chercher Deunan, qui ignore qu’il est devenu un cyborg). En résulte une "trilogie" dont les enjeux dramatiques souffrent des incohérences scénaristiques, alors que la série créée par Masamune Shirow est quant à elle aussi riche et complexe que cohérente.

L’influence américaine, qui s’est au fil des opus peu à peu imposée, se fait cette fois-ci extrêmement prégnante. Shinji Aramaki s’était jusque-là efforcé de placer la gestion de l’action policière et militaire de cette franchise sous l’influence de John Woo (qui sera d’ailleurs invité à collaborer étroitement sur Appleseed Ex Machina (2007) en tant que producteur). Le style devient cette fois-ci beaucoup plus post-apocalyptico-blockbusterien (on sait pas si ça se dit, mais ça se fait). En clair, plus stéréotypé et bourrin. Cette mouture présente tous les aspects d’un super jeu vidéo de guerre passé par des filtres "robocopiens", "terminatoriens", et même "madmaxiens". Le résultat est graphiquement plus que bluffant, à tous les niveaux, et rien que pour ça, le film mérite le détour (sauf allergie au tout numérique). Mais l’histoire ne soutient jamais vraiment les enjeux scénaristiques des deux premiers opus dont elle est supposée être la préquelle, et repose surtout sur ses personnages (Deux Cornes vaut son pesant de vau d’or) et des punch-lines à l’humour très ricains. Trop ricains.

Au fil de cette "trilogie", le leg de Masamuse Shirow, difficilement adaptable, s’est sensiblement américanisé, pour aboutir avec Appleseed Alpha à un mets qui est à prendre pour ce qu’il est : le produit dérivé le plus simplificateur et éloigné de la richesse du manga. Mais un produit dérivé qui fonctionne malgré tout.

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