Scream queen

Anna Naigeon

18 décembre 2009 | Par : Gore Sliclez

Chez CinemaFantastique, ce que nous aimons chez nos scream queens c’est non seulement leur beauté, leur charme, mais aussi ce côté décalé et sans complexe qui les caractérise. Choisir le cinéma d’horreur pour se lancer dans l’aventure cinématographique avouez que ce n’est pas le chemin le plus facile, ni le plus court d’ailleurs. Mais quand en plus elles cumulent comme Anna Naigeon plusieurs casquettes, nous ne pouvons que rendre hommage à ces dames qui osent s’investir dans ce cinéma parallèle.

La belle Anna, en plus d’officier en tant qu’actrice dans Blackaria, le dernier film de François Gaillard et Christophe Robin, est également chargée de la photographie et de la lumière. L’histoire ne nous dit pas comment elle parvint à affronter la caméra tout en courant en petite tenue régler les derniers jeux de lumière, mais notre petit doigt nous rapporte que le spectacle ne se trouvait pas uniquement sur la pellicule.

Vous allez lire, Anna Naigeon en connaît un rayon sur le genre et possède quelques inspirations judicieuses en plus d’un très grand talent de technicienne. Et avec un sourire comme le sien, que demander de plus...

- On va vous connaître un peu plus dans le milieu grâce au film Blackaria mais en attendant une petite présentation de vous s’impose...

Je fais partie du collectif School’s out depuis un an. J’ai participé à deux long métrages et cinq court métrages avec ce groupe plus quelque autre films en dehors. J’ai commencé à me passionner de lumière avec les films d’horreur et à force de rencontres j’en suis venu à faire directeur de la photographie. C’est pour l’instant ma principale activité. Je me lance dans l’assistanat caméra sur de plus grosses productions en pellicule, ce qui me permet de me former au contact de grands professionnels.

- Comment avez-vous rencontré François Gaillard et Christophe Robin ?

Un des tournages de School’s out se faisait chez moi. J’étais un peu impressionnée de rencontrer un chef opérateur de films d’horreur, aussi modeste soit-il et je me suis dis que je pourrais apprendre des choses. En fait il n’y en avait pas. Je les ai aidé toute la nuit de tournage. François en a entendu parlé et on s’est rencontré pour le premier court métrage. En fait ils cherchaient quelqu’un qui ai les même goûts, qui ne soit pas trop snob sur les conditions de tournage et qui ne les jugent pas sur leurs manières de travailler. Depuis ça continue.

- Il paraît que vous êtes une fan "hardcore" de Mario Bava. D’où vous vient cette passion ?

C’est vrai c’est mon modèle. Mais en fait ce n’est pas venu tout de suite. Je lis de la littérature d’horreur depuis que je sais lire et j’ai toujours été du coté du loup dans les contes pour enfants. J’ai ensuite découvert le cinéma expressionniste et c’est vraiment ça qui m’a donné envie de faire de la lumière. Bava est un mélange du mystère envoûtant et frissonnant des histoires d’horreurs toutes en retenues, comme celles d’Edgar Allan Poe et de la force délirante et tellement visuelle de la lumière expressionniste. C’est un très grand chef opérateur ! Et puis il a ce coté vieux satyre qu’ont les italiens. Ça amène un second degré très rafraîchissant !

- Votre superbe travail sur la lumière est un des éléments essentiels du film au même titre que la couleur d’ailleurs. Comment avez-vous abordé ce travail pour Blackaria ?

Assez simplement en fait puisque avec nos moyens on a pas vraiment le temps de réfléchir. On fait comme on peu et vite. Alors on se sert de notre expérience et surtout de nos tripes. Il faut travailler beaucoup plus, tout est plus difficile alors il faut savoir réagir, s’adapter pour faire quelque chose de bien et surtout qui plaise au réalisateur. Mais de ce coté j’ai carte blanche et pas de souci à se faire, on partage vraiment le même univers visuel. On essaye juste de faire quelque chose qui ai soit un peu joli à regardé, c’est super que ça vous ai plût. On a fait notre maximum alors c’est bien que ça marche.

- Il paraît que vous travaillez à l’ancienne...

C’est François qui vous raconté ça ? A l’ancienne je sais pas mais artisanale en tout cas. Comme une fois où j’ai fais un petit réflecteur de face avec une assiette en carton... Moyen oblige. Il a du vouloir dire que j’essaye toujours de faire le maximum au tournage pour avoir le minimum d’étalonnage à faire. Je n’y connais rien en post prod alors j’évite de compter dessus. Et puis mon boulot c’est de faire de la lumière, quelle honte s’il faut repasser continuellement derrière moi ! Je fais du cinéma pas de l’informatique.

- Mais pour l’occasion vous êtes également actrice. Dès votre première, vous jouez dans un film assez érotique. Avez-vous eu des appréhensions pour certaines scène ?

Oui, mais pas les scènes érotique. J’avais le cœur un peu serré avant les scènes de dialogue avec l’accent roumain. Je me fiche d’être actrice donc si ça m’avait gêné je ne l’aurai pas fait. Et puis franchement je n’ai pas eu le temps de me poser des questions. J’avais juste le temps de finir la lumière avec des doublures, de me changer en quatrième vitesse et de faire la scène. Mais même en jouant je me préoccupe plus de la lumière et je pense plutôt à l’améliorer.

- Comment s’est passé votre collaboration avec les deux réals ?

C’est mon troisième film avec François alors on avait déjà nos habitude. J’ai travaillé surtout avec lui pour la partie technique. Mais là on a passé un cap, on forme un vrai duo, on se pousse en avant. Sur ce film on a été vraiment plus exigeants et on a essayé de composer tous les plans. Même dans l’urgence on arrive à ne pas sacrifier la qualité. Même si parfois si on a pris trop de retard on est obligé de taillé dans le vif.

Il arrive à me mettre en confiance et me donne une très grande liberté, en échange j’essaye de lui faire de belle choses tout en m’adaptant à sa façon de travailler. J’essaye par exemple d’éclairer un lieu une bonne fois de manière à ce qu’il puisse navigué comme il veut dedans sans trop avoir à la retoucher entre les plans. On va en s’améliorant. Ce garçon à de l’avenir. Et tout shool’s out aussi.

- Et comment étaient vos rapports avec les autres filles ?

En tant qu’actrice assez peu. Je garde toujours mon oeil de directeur photo et dans le cinéma que l’on affectionne les fille sont mise très en valeur et très érotisées. Même en jouant j’avais naturellement envie des tournées vers la lumière, de les poussées dans des gestuelles plus visuelles. C’est bizarre à dire mais je les vois plutôt comme des éléments du plan que comme des personnes.

- Après avoir goûté au métier d’actrice vous n’avez pas envie de continuer ?

Ça m’a beaucoup amusé, mais je ne pense vraiment pas être une actrice. Une exception peu être, on avait un vague projet de filme de nonne. Ça je crois que je m’amuserai beaucoup. Sinon on m’a proposé de faire assistante pour un spectacle de magie, vous savez la fille qui se fait couper en deux dans une boite !

- Que pensez-vous du court métrage de genre en France ?

Alors là vraiment aucun avis. Ils sont très peu diffusés. Je pense qu’il est très difficile d’exister en tant que court métrage de film de genre. faisons comme nos pères, des longs métrages même fauchés, ils auront plus de chances d’être vu.

- Vous avez vu le film "Miseria" de Françoise Ellong que vous connaissez je pense ?

Je la connais, on a fait un court ensemble il y a une petite années. Mais je n’ai pas vu Miseria.

- En tant que technicienne, avec quel réalisateur aimeriez-vous travailler ?

Oula, pleins ! Je vais joué je jeu je vais me contenté des vivants.
D’abord Roger Corman pour ces fabuleuses adaptations de Poe.
Stallone, je suis vraiment fan. Il a l’air d’un type parfaitement sympa.
Guillermo del Toro et Clint Eastwood.

- Pas envie justement de vous lancer dans la réalisation ?

C’est vraiment un sale boulot, il faut faire tellement de compromis et faire beaucoup de diplomatie. Cela dit on a un projet de coréalisation avec François. Une histoire de zombie un peu mystique. Mais ce n’est pas encore fait.

- Quels sont vos projets futurs ?

Il y a un autre long de François et Christophe prévu pour l’année prochaine. J’espère aussi un ou deux films en assistanat caméra. Écrire le scénario du film de zombie. Mais ça fait beaucoup de trous entre tout ça pour une accroc au boulot comme moi. Va falloir que je cherche, comme tous ceux qui font ce métier.

GALERIE

(Photos issues du film Blackaria de François Gaillard et Christophe Robin)

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