Critique de film

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Ace Attorney: Phoenix Wright

"Gyakuten saiban"
affiche du film

Phoenix Wright est un jeune avocat qui, pour ces premières affaires, doit prouver l’innocence de ses clients malgré d’énormes embûches.

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Trailer - Ace Attorney : Phoenix Wright (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ace Attorney - Objection !
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2012, NIFFF 2012

Les gamins irrités jadis par le rire strident de la ni-prude ni-soumise Chun-Li et enthousiasmés par les gargarismes post-séismes provoqués par le sumotori Honda éprouvaient, une décennie plus tard, le même déluge d’émotions avec une autre création chapeautée par Capcom, Ace Attorney. Le rythme effréné des doigts pouvait ralentir alors sur les croix directionnelles échaudées des Nintendo du monde entier tandis que la matière grise entrait enfin en action. Créé en 2001, le jeu est développé sur les plateformes DS, PC et Wii et, fort de plus de 4 millions de copies vendues à travers le globe, il s’évade du monde de la console pour s’inviter dans le domaine du comic book et même de la musique via l’Orchestre symphonique philarmonique de Tokyo. Après pénétration dans la peau de l’avocat inexpérimenté Phoenix Wright, le gamer investigue sur les lieux du crime puis œuvre durant le procès durant lequel il doit, à l’aide des preuves collectées durant la première phase, confondre les faux témoignages de la partie adverse, sous le regard impitoyable du juge, seul capable de faire vaciller la jauge de crédibilité. Vu la complexité du jeu originel, la crédibilité du stakhanoviste Miike est mise en doute lorsqu’il annonce à demi-mot qu’il entreprend de donner vie aux pensionnaires du plus célèbre des tribunaux virtuels sur grand écran.

C’est que des projets-fantasmes, Miike en porte des dizaines dans sa besace et que sa productivité, apte à faire frémir les cireurs de pompes d’Addis-Abeba et les petites tailleuses chinoises chères à Balzac, pèse inévitablement sur la qualité de ses productions. Pour un Hara-Kiri ou un 13 assassins, le nippon livre au moins autant de niaiseries infantilisantes à déconseiller même aux marmots les plus téméraires (Ninja Kids, what the fuck !?) et d’extravagances super-héroïques (le multi-coloré Yatterman, le bordélique Zebraman 2). Dans ce bazar des Beaux-Arts surviennent ponctuellement des œuvres qui ne ressemblent qu’à son auteur, transgresseur des genres, pourfendeur du classicisme qui ne prend un panard total qu’en explosant littéralement le cadre cinématographique, en enflammant la pellicule pour l’imprimer - parfois à l’excès - de sa patte folle. Avec Ace Attorney, non seulement le cinéaste offre une adaptation claire et compréhensible (même pour les non-familiers de l’univers vidéoludique) du récit de base mais il parvient en outre à combiner l’ambiance des canons du film de procès (Douze hommes en colère en tête de ligne) et les éléments très flashy et tape à l’œil de ces séances de justice futuristes (des écrans géants surgissent çà et là durant l’audience pour mettre en exergue les preuves citées par l’une et l’autre parties).

Les amateurs du jeu retrouveront en outre les abracadabrantes physionomies géométriques de leurs personnages vénérés (Phoenix arbore une crête des plus seyantes quand le juge, perché sur sa chaire, se distingue de l’assemblée par une barbe fleurie), les phrases-refrains qui ont contribué à la popularité du produit Capcom ("Objection !", "Take that") ainsi que de multiples références - parfois discrètes - aux différentes affaires abordées dans les cassettes Game Boy (le Samouraï d’acier intervient dans une énigme faisant intervenir un Nessie local).

Malgré une durée excessive, Ace Attorney se garde bien de provoquer l’intoxication élémentaire propre à ce genre d’œuvre-synthèse en variant habilement les séquences d’enquête et de procès et en multipliant les rebondissements les plus improbables. Basé sur un scénario modèle qui évite les ornières habituelles de la transition jeu vidéo-cinéma, Ace attorney mériterait amplement de devenir le mètre-étalon de ce genre d’entreprise au sein de la Gazette des scénaristes et pourrait s’offrir une place de luxe en ouverture du Journal de Miike.


Commentaires sur le film

5 etoiles

18 août 2013 à 20:08

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