Critique de film

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L'Abîme des morts-vivants

"Oasis of the zombies ; La Tumba de los Muertos Viventes"
affiche du film

Suit au décès de son père, un héros de la deuxième Guerre Mondiale, Robert Blabert repart chez lui. En parcourant les effets personnels du défunt, il tombe sur un journal intime relatant la légende d'une cargaison de lingots d'or enterrée dans une oasis en plein désert. Il réunit ses amis et ils partent à la recherche du trésor, gardé par une armée de soldats nazis, victimes d'une malédiction les ayant transformés en zombies.

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Trailer - L’abime des morts-vivants (1983)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’abîme des morts-vivants - Daube, quand tu nous tiens…
Par : Quentin Meignant
Tags : Zombies

Produit dans l’écume sanglante de Zombie de Romero et de L’enfer des zombies de Lucio Fulci, L’abîme des Morts-vivants est une manière pour Jess Franco de tirer son chapeau à toute une tradition de films de zombies. Pourtant, peu amène envers les créatures zompbiesques et apparemment déçu de la qualité de sa propre oeuvre, Franco décide de se déguiser sous un pseudonyme (A. M. Franck) pour signer cette bien triste (mais amusante à défaut) oeuvrette.

En effet, tout ou presque dans ce film est ridicule et désastreux. Aussi, commençons par ce qui est passable : le maquillage des zombies (Richard Green) est correct et l’oasis où se déroule une partie de l’action paraît réellement lugubre. Les points plus ou moins positifs s’arrêtent déjà là et il nous reste donc à énumérer toutes les erreurs et absurdités de Franco. Commençons par ce qui frappe en premier lieu : la musique de Daniel White (aussi responsable du score du navrant (mais tout aussi jubilatoire à défaut) Le lac des morts-vivants, Sadomania et de multiples œuvres pornographiques espagnoles) purement et simplement exécrable. Incessante, celle-ci s’apparente aux essais lourdingues d’un gamin qui tapote sur ses instruments pour prouver qu’il sait maîtriser une cadence entendue. Ensuite, les dialogues sont tout simplement aberrants. Sortis d’on ne sait où, on ne sait pourquoi, ceux-ci se portent comme témoins du néant abyssal à couper le souffle, tout cela sans compter qu’ils sont enregistrés si peu audiblement que la musique catastrophique de White prend vite le dessus.

Les scènes censées être tournées de nuit l’ont été mais sous un grand spot, ce qui fait que l’on se croit en plein jour. Tout ceci sans compter que nos zombies nazis (comme pour le Rollin Le lac des Morts-Vivants) se déplacent sous terre comme des taupes et refont surface quand ça les arrange ou plutôt quand ça arrange un scénario lent, plat et sans consistance. N’oublions bien sûr pas de citer un plan sombre que l’on ne comprend toujours pas, qui n’apporte rien à « l’intrigue » et qui pourtant revient deux ou trois fois dans le film. Et achevons en expliquant la fin : les zombies meurent car ils sont à découvert quand le jour se lève ! A ceci une question : zombies-vampires, mêmes faiblesses ?

Habitué aux dénaturations horrifiques, Franco crée un nouvel événement grâce à une relecture zombiesque aux allures nazies plantée en plein oasis. Censée être exotique et vivifiante, l’oeuvrette s’avère au finale désopilante... bien malgré elle. Un film à oublier !


Critique de L’abime des morts-vivants - Un gouffre abyssal...
Par : Damien Taymans

A peine une discussion sur le cinéma bis horrifique français entamée que deux noms viennent spontanément à l’esprit, ceux de Jess Franco et de Jean Rollin. L’un et l’autre, artisans en la matière, multiplient les films d’horreur au sein de l’Hexagone sans toutefois rivaliser avec les productions des autres pays. Tantôt bénis, tantôt décriés, les deux compères ont tenté de donner un second souffle timoré à ce genre souvent snobé par les spécialistes du cinéma.

Dans la vague déferlante qui envahit le cinéma horrifique post-Zombie, il était logique que Jess Franco se lance aussi dans l’aventure, répondant ainsi aux exigences d’Eurociné. Peu amoureux des morts-vivants qu’il considère comme des créatures peu effrayantes et qu’il traite même d’imbéciles (à cause de leurs lents déplacements et de leur fragilité corporelle), Franco décide de ne pas en faire des personnages centraux et les relèguent au rôle de figurants au sein d’une œuvre davantage centrée sur l’aventure que sur l’horreur. Dès lors, le métrage ne ressemble que très peu à un métrage horrifique et comprend des séquences très ténues lorsqu’il s’agit d’aborder la chose (même si une séquence particulièrement belle met en scène une arrivée zombiesque parfaitement chorégraphiée dans le soleil couchant et que la réalisation des figures morbides est cent fois supérieure à celles du fameux Lac des morts-vivants).

L’abîme des morts-vivants se révèle être une piètre réalisation qui nous offre une histoire bancale et débridée, rendue extrêmement complexe par le traitement narratif singulier du réalisateur. Pire encore, les dialogues très convenus sont débités par des acteurs amateurs sur le même ton que le journal télévisé d’une chaîne locale. Sans compter la mise en scène foireuse du début à la fin qui donne la nausée au spectateur lambda et filera la nausée aux cinéphiles avertis. Cerise sur le gâteau : la musique assassine que nous balance aux oreilles le réalisateur (dire que celui-là critique des musiques grandioses dans des films extraordinaires)…

Pour conclure, on reconnaîtra à travers cette œuvre le travail d’artisan et de passionné que fournit Franco et on sera tout à fait d’accord avec lui lorsqu’il affirme que ce film est un mauvais film. Ca nous fait un point commun, Jess, c’est déjà pas mal…

Commentaires sur le film

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de 1 à 4 (1 en haut, 4 en bas) : 4-2-1-3 :x désolé pour la gène

17 février 2009 à 05:02 | Par Barth

0 etoiles

Oui l’éclairage est catastrophique (on passe du jour à la nuit d’un plan à l’autre, puis on revient au jour, etc.), le montage et la réalisation sont à la limite de l’amateurisme, les effets spéciaux et les acteurs pas plus convaincants que ça, Quant à l’Abîme du titre français, nul doute que des pages entières de scénario durent y choir, tournoyant dans ce trou sans fond pour l’éternité...
Mais voilà, tout aussi naze qu’il soit, il attire une certaine compassion affective, qui fait qu’au final, on arrive pas à le détester (toute la magie de Franco est là, dans sa capacité à annihiler les esprits critiques). On parlait plus haut du "Lac" justement que Franco a co-réalisé avec Jean Rollin. Contrairement à son homologue du désert, il n’arrive pas à amener cette même indulgence, et on n’en éprouve pas la même sym

17 février 2009 à 05:02 | Par Barth

0 etoiles

Il va de soit que ce n’est visiblement pas du tout le but recherché, et Franco en annonce bien la couleur (faut-il encore rappeler qu’il a œuvré auprès de Welles pour deux de ses films ?).

Tout est gros, poussé dans un jusqu’au-boutisme évident. Il est vrai que la qualité de ses œuvres n’est pas égale à celle de ses compères italiens, artistiquement ou scénaristiquement parlant (encore que), bien loin du travail d’un Fulci ou d’un Martino. Mais il faut rester dans l’optique, comme le fait remarquer Damien, qu’il fait un travail d’artisan (sans doute du sang catalan dans les veines^^). Et pour un film tourné sans doute en quelques jours, sur un projet final n’excédant pas un mois, le résultat est plutôt correct, de mon point de vue.

17 février 2009 à 05:02 | Par Barth

0 etoiles

pathie...
c’est ce désert qui donne cette aura si particulière au film. D’ailleurs, à côté de certaines scènes réalisées uniquement en stock-shots, Franco arrive tout de même à nous filmer deux-trois scènes assez touchantes. Notamment celle où les zombies marchent dos au soleil couchant, image sublime sans aucun doute profondément nostalgique de la gloire passée du réalisateur...

C’est complètement ridicule, mais on ne s’y ennuie pas et rigole bien. Et puis c’était peut-être voulu, tout simplement ;)

17 février 2009 à 05:02
Le relativisme d’un mort-vivant

3 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Je me devais de répondre à d’aussi désastreuses critiques, même si, j’en conviens, L’abîme des morts-vivants ne constitue vraiment pas le summum du genre.
Oui, je suis de ceux qui défendent corps et âme notre ami A.M.Franck... ou plutôt Jess Franco (malgré une filmographie, diront certains, excessivement prolifique - ce qui revient le plus souvent en argumentaire - il faut toutefois garder en tête que Raoul Walsh, par exemple, en a réalisé presque autant !). Il a nous a tous un jour étonné avec Justine de Sade, Eugénie de Sade, surpris avec Le sadique baron Von Klaus et L’horrible docteur Orlof (ou encore la saga des Fu Manchu). Mais voilà, il semblerait donc que cet oasis sue plus de médiocrité, plutôt que de faire perler d’eau salée le spectateur de par un suspens torride. Soyons réaliste à présent.

17 février 2009 à 05:02 | Par Barth

1 etoiles

Et bien voilà une réponse construite, forcément morcelée par notre restriction volontaire au niveau des caractères. Evidemment, Franco est un artisan honorable qui sut donner au genre français des lettres de noblesse, souvent contestées d’ailleurs.
Il n’en reste pas moins que ce métrage est chaotique, monté à la pioche et souvent filmé avec les pieds, même si s’en détachent l’une ou l’autre séquence foutrement torchée... Ceci dit, ton point de vue se défend, Barth et je consens à adopter ton immense indulgence à l’égard de ce papy du cinoche français.

17 février 2009 à 16:02 | Par Damien

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