Critique de film

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Abandonnée

"The Abandoned"
affiche du film

Marie, productrice de cinéma américaine, retourne dans son pays natal, la Russie, où le cadavre de sa mère a été retrouvé dans des circonstances étranges. Elle ne l'a jamais connue, ayant été adoptée et emmenée aux Etats-Unis à la naissance. Le seul indice dont elle dispose est une ferme isolée, abandonnée dans les montagnes, qui appartenait à ses parents naturels. Marie hérite du lieu, mais personne ne veut l'y conduire car une superstition locale prétend que l'endroit est... damné. Un seul homme est prêt à s'embarquer pour un voyage aussi long et dangereux... Un inconnu qui, étrangement, semble en savoir beaucoup sur son histoire... Une fois sur place, le mystérieux guide disparaît, obligeant Marie à explorer seule le site abandonné. Elle y retrouve un homme appelé Nikolaï, qui prétend avoir été attiré ici exactement de la même manière, afin de découvrir également la vérité sur son passé...

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Trailer - Abandonnée (2006)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Abandonnée - Cerda’s ghosts
Par : Damien Taymans
Tags : Fantômes

Roi des festivals avec ses courts acclamés et primés de part et d’autre du globe, Nacho Cerda fait partie des ouvriers de la renaissance du cinéma fantastique ibérique. Aussi, lorsque le réalisateur d’Aftermath et de Genesis décide de passer au format long, de nombreux aficionados se réjouissent-ils de cette initiative.

Abandonnée, premier long métrage de Cerda, présage déjà de la riche carrière qui s’ouvre à son auteur. Fidèle à ses thématiques, le cinéaste traite à nouveau de la mort par le truchement du fantastique malgré un postulat de départ très convenu. Au contraire des nombreuses œuvres sur le sujet qui se contentent de mettre en image des histoires conventionnelles, dénuées de toute personnalité expressive, Cerda crée une ambiance véritablement anxiogène. Utilisant une photographie léchée et des effets sonores parfaits, le réalisateur parvient à créer une alliance totale de la beauté et de l’horreur, provoquant chez le spectateur un mélange inouï d’émerveillement et de terreur.

Le tourbillon d’images se répand sur un rythme soutenu, ne laissant que peu de temps au spectateur pour reprendre son souffle. Malgré le lieu unique dans lequel se déroule la majeure partie de l’action (à savoir la demeure familiale en ruines et le lac qui l’entoure), on se trouve entraîné dans un flot incessant d’événements tantôt tragiques, tantôt rassurants. Des événements dont le débit est conditionné par l’écoulement temporel inexorable. L’héroïne est ainsi en proie à deux ennemis redoutables qui ne la lâchent pas d’une semelle : d’une part, les démons du passé, témoins d’événements létaux futurs qui peuplent la bicoque et, d’autre part, le flux temporel qui précipite les événements et rend toute fuite impossible. Lorgnant sur l’univers d’Evil dead pour les décors de l’habitation glauque et son isolement dans un monde perdu ainsi que sur les créations fulciennes (une des inspirations particulières de Cerda) dans lesquelles il a notamment puisé les zombies aux yeux révulsés et le sous-sol inondé (L’Au-delà), le réalisateur se révèle d’une originalité cinglante par la construction de son récit. Alors que la plupart des oeuvres mettent en lumière au fil du film des éléments volontairement tapis dès l’entrée de l’œuvre, Abandonnée termine de plonger le public dans la folie en ne livrant pas toutes les clés nécessaires à la compréhension du récit. Souhaitant nous larguer dans une aliénation totale, le réal assombrit d’emblée le voile qu’il vient de lever, enterre ce qui était à peine découvert. Pour ce faire, le réal utilise à l’extrême les dimensions temporelles et géographiques dont il dispose, jouant allègrement avec le passé et le présent, changeant les décors au gré des saisons. Malheureusement, l’auteur commet quelques fautes de goût qui atténuent quelque peu la qualité du métrage comme cette utilisation d’inserts assez désagréable et un scénario parfois trop alambiqué donc certains éléments semblent superflus.

Néanmoins, l’oeuvre se présente comme une intéressante relecture du genre fantomatique devenu trop conventionnel par excès d’effets désincarnés. Reste à souhaiter à monsieur Cerda de continuer sur sa lancée et de persévérer à nous enchanter de la sorte…


Critique de Abandonnée - Cerda nous a abandonné…
Par : Gore Sliclez

Après les sensationnels Aftermath (1994) et Genesis (1998), Nacho Cerda décide enfin de sauter le pas avec ce premier long-métrage très attendu. Très attendu parce que le réalisateur espagnol nous avait offert avec ses deux courts un cinéma brut de décoffrage, deux gifles retentissantes et à contre-courant d’un cinéma des années nonante aseptisé et peu culotté.

Depuis, le cinéma de genre s’est réveillé de cette longue léthargie et avec lui une série de réalisateurs talentueux et novateurs. Mais Cerda ne se soucie guère de cette nouvelle concurrence, préférant prendre son temps et finaliser calmement le scénario déjà commencé par Karim Hussain (La belle Bête, 2006). Attiré, comme tant d’autres, par l’aventure outre-Atlantique il bénéficie d’un budget qui lui permet d’apporter une autre dimension à une carrière un peu légère en nombre. L’histoire est celle de Marie Jones, une quadragénaire décidée à en savoir plus sur ses origines obscures. Pour cela elle doit se rendre en Russie, dans une ancienne ferme paternelle perdue au milieu des bois et affronter sur place d’anciens fantômes terrifiants.

Pour l’occasion, Nacho Cerda reprend son thème de prédilection : la mort sous toutes ses formes et ses différentes manifestations sur Terre. Pour cela il utilise un classicisme rendu obligatoire par la lourde codification du film de fantômes. On y retrouve les poncifs du genre avec les sons étranges, les ombres qui passent et la musique d’ambiance toute de circonstance. Une atmosphère extrêmement tendue et lugubre accentuée par des couleurs sombres, froides et des décors abandonnés, d’un autre temps. L’héroïne (Anastasia Hille, excellente malgré un certain anonymat cinématographique), plongée dans un Pays de l’Est qu’elle ne connaît et dont elle ne maîtrise pas la langue découvre, comme un puzzle qui se reforme (visuellement très réussi), son triste passé. Comme dans un cauchemar éveillé, la maison reprend vie. Cela nous vaut quelques scènes de toute beauté comme celle où, balayant une pièce avec le faisceau lumineux de sa lampe de poche, Marie découvre en même temps le décor d’antan et La scène où tout commença.

Esthétiquement, The Abandoned est une merveille cinématographique où chaque plan est une photographie soignée, étudiée authentifiant la signature talentueuse du réalisateur ibérique. Mais voilà, certes on a peur, on sursaute souvent mais il faut bien reconnaître que le film s’inscrit dans un graphisme récurrent depuis quelques temps et n’apporte donc plus trop son lot de surprises. On reste toujours autant béat d’admiration devant ces visuels travaillés mais on ne peut s’empêcher d’attendre cette nouvelle gifle qui n’arrivera malheureusement pas. La faute sans doute à un travail visuel trop ostentatoire peut-être, très classique certainement, mais peu interpellant. Cerda nous avait habitué à un cinéma plus ambitieux, intelligemment provocateur et nous offre avec The Abandoned une très belle et sombre histoire qui ravira à coup sûr les amateurs du cinéma d’angoisse mais néanmoins c’est du déjà vu, déjà abordé ailleurs sous d’autres formes et notamment dans l’école du cinéma d’horreur espagnol voire asiatique.

L’œuvre est belle, soignée et terriblement efficace dans sa mise en scène mais ne comporte pas suffisamment cette touche très personnelle du réalisateur à l’origine du très dérangeant Aftermath. Mais que cette déception toute relative ne vous empêche pas d’admirer néanmoins ce sombre conte parfois onirique et souvent terrifiant…


Critique de Abandonnée - Seule dans la maison
Par : Samuel Tubez

Premier long métrage pour le réalisateur espagnol Nacho Cerda qui livre là un beau petit film d’épouvante atmosphérique de très bonne facture. Produit par Julio Fernandez (qui a soutenus d’autres projets tels que Fragile et The Machinist), The Abandoned ne révolutionne peut être en rien le genre mais il reste très efficace.

Marie, une jeune productrice américaine, revient dans sa Russie natale où le cadavre de sa mère a été retrouvé. Ayant été adoptée dès sa naissance, elle tente de découvrir au cœur de la ferme qui appartenait à ses parents naturels ses origines. Mais une superstition locale prétend que l’endroit est damné et un seul homme est prêt à s’y rendre. Une fois sur place, ce dernier disparaît et Marie doit continuer seule l’exploration du site abandonné. Elle y découvre Nikolaï, un homme qui prétend être son frère et fait même la connaissance avec son propre fantôme. Décidément, il y a vraiment quelque chose de louche dans cette demeure…

Rien d’hyper original dans ce pitch, me direz-vous, mais quand c’est bien torché, ça peut être très bien. Et ça l’est. Epaulé par Richard Stanley (réalisateur de Hardware) à l’écriture du scénario, Nacho Cerda mène son film tranquillement, sans trop se presser, vers des scènes de plus en plus angoissantes et oppressantes. Visuellement très soigné, The Abandoned fait son petit effet. L’atmosphère y est terrible et on se surprend à frissonner à plusieurs reprises. On pense même à Silent Hill (le jeu) lorsque les protagonistes visitent le lieu hanté et surtout quand tout bascule vers un autre espace-temps (mais chut…j’en ai déjà trop dit). Toutes les scènes d’épouvantes sont très réussies et le travail sonore amplifie l’atmosphère morbide qui règne tout le long du film. Et pour couronner le tout, les deux comédiens principaux, Anastasia Hille (vue dans The Hole) et Karel Roden (Rasputin dans Hellboy) sont très efficaces dans leurs rôles respectifs. Que demander de plus ?

Efficace et bien mené, The Abandoned est un bon film de genre. Sérieux et ne tombant jamais dans le ridicule, le réalisateur nous prouve qu’on peut encore faire frissonner avec une histoire de fantômes et de damnation. Ca fait plaisir à voir.


Commentaires sur le film

mitigé

3 etoiles

Un film de qualité malheureusement largement en deça des attentes et manquant quand même d’un peu d’originalité ou de vrais frissons.

5 mai 2009 à 10:05 | Par hellrick
Grosse déception

0 etoiles

daube Daube !

Le pitch de base est tellement ridicule et improbable qu’il m’a été trés dificile de rentrer dans le film. Quelque scène sont sympas mais sans plus. A éviter !

1er mai 2010 à 18:05
horreur

5 etoiles

mon avis est totalement personnel mais le fait de ne pas pouvoir fuir ou d’être enfermé avec des ennemis (les esprits) dans un espace très limité et angoissant on fait que je ne veut plus jamais voir ce film :)
Mais cette avis est très perso car c’est mon plus grand cauchemard...

6 juillet 2011 à 15:07 | Par Moi

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