Critique de film

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The ABC'S of Death

"The ABCs of Death"
affiche du film

26 lettres. 26 réalisateurs. 26 façons de mourir. Un abécédaire de la Mort frénétique et extrême.

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Trailer - The ABC’s of Death (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de ABC’s of Death - Buffet froid
Par : Seb Lecocq
Tags : Film à sketchs, PIFFF 2012

Tu es plus gourmand que gastronome ? Oui ? Tu aimes t’en mettre plein le bide pour pas cher ? Encore oui ? Alors tu aimeras The ABC’S of Death tant ce film omnibus est semblable à ces restaurants offrant des formules de buffet à volonté. Tu paies une certaine somme, tu te sers à foison en ne prenant que ce que tu aimes et en laissant tout le reste de côté. C’est une bonne manière de contenter tout le monde et c’est ce qu’on ressent à la fin de cette anthologie couillue conviant pas moins de 26 réalisateurs de genre. Le manque d’homogénéité est souvent le problème majeur des films à sketches. Pas facile en effet de conserver une ligne directrice claire et un niveau qualitatif égal lorsqu’on assemble deux ou trois films réalisés par des cinéastes différents. Mais alors quand on propose une anthologie regroupant 26 films de 26 réalisateurs différents, c’est carrément mission impossible. Au final, après avoir vu l’entièreté des films, il en ressort une impression de zapping géant de l’horreur alternant le bon, le moins bon, l’excellent et le foutage de gueule intégral.

La note d’intention est ambitieuse : rassembler ce qui se fait de mieux dans la nouvelle génération de l’horreur mondiale et leur offrir une carte blanche totale. Avant d’entrer dans le vif du sujet nous saluerons la production qui a rassemblé un line-up issu des tous les continents. Un bon point. Maintenant examinons les forces en présence. D’un côté, des réalisateurs déjà confirmés comme Xavier Gens, Ti West, Jake West, Noboru Iguchi, Yoshihiro Nishimura, Nacho Vigalondo, Srdan Spasojevic ou encore Ben Weathley. De l’autre, des jeunes réalisateurs issus de l’underground mondial ou du marché du dtv. Ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est la différence de niveau d’implication des différents réalisateurs. Certains ont saisi l’opportunité de présenter leur travail et de prouver leur savoir-faire en signant des films travaillés et pensés comme de véritables courts-métrages à part entière. D’autres ont décidé de bâcler leur segment et d’envoyer un film torché à la va comme j’te pousse. Au niveau des mecs qui ne se sont pas trop fait chier, on citera aisément Ti West qui, manifestement, n’avait rien à carrer du projet tellement son segment suinte l’amateurisme et le dilettantisme. Son court-métrage, M is For Miscarriage qui semble avoir été tourné chez lui en deux heures, n’avait tout simplement pas sa place au sein de ce florilège. Autres oisifs l’Aussie Andrew Traucki avec son G is For Gravity amateur, Angela Bettis avec E is For Extermination aux effets spéciaux tout droit sortis des années 80 ou Ben Wheatley avec son U is for Unearthed en caméra subjective. D’autres segments sont tellement anodins qu’ils sont aussi vite oubliés que vus.

Mais heureusement, plusieurs réalisateurs remontent le niveau global de plusieurs crans. Et en tête de cette petite bande, on retrouve avec plaisir et fierté le duo Cattet-Forzani qui livre un O is For Orgasm fétichiste et sexuel tout en stylisation. Le duo continue d’explorer la voie tracée avec Amer et privilégie les sensations à l’analyse avec toujours cette façon incroyable d’érotiser la mort et de rendre tangible l’intangible. Le duo signe un vrai mini giallo de cinq minutes, véritable déclaration d’amour au cinéma. Niveau bonne surprise, on citera sans conteste le R is for Removed de Srdan Spasojevic qui surprend positivement en scrutant une fois de plus les meurtrissures de son pays d’origine sans cette fois sombrer dans la violence insupportable et gratuite. En tout cas le Serbe confirme qu’il sait créer une ambiance et manier une caméra pour mettre en image la révolte d’un sujet d’expérimentations scientifique. Une courte histoire qui n’est pas sans rappeler les origines du patient de la chambre V dans le chef-d’œuvre d’Alan Moore, V For Vendetta. Pour les confirmations, on citera aussi Jason Eisener (Hobo With A Shotgun) qui signe avec Y is for Youngbuck un segment à l’esthétisme dérangeant basé sur une histoire de pédophilie et de vengeance emballée avec une maitrise formelle et une bande-son qui rappelle à la fois Drive pour le revival eighties et le cinéma de Kenneth Anger pour la symbolique. Le côté clip confère encore une dose d’étrangeté et de malaise même si cette forme peut en gêner certains.

Parmi les révélations, il faut absolument parler de Marcel Sarmiento (DeadGirl) qui m’a véritablement séché avec D is for Dogfight, un film mettant en scène de façon extraordinairement graphique et esthétique le combat entre un chien et un homme retournant habilement les valeurs habituelles de ce genre de situation. Certainement le film le plus maitrisé et chiadé visuellement de la sélection. En vrac, on retiendra aussi le segment d’ouverture de Nacho Vigalondo, le très intéressant film de Simon Rumley, X is for XXL, le meilleur travail jamais livré par Xavier Gens et le culotté court de Thomas Malling.

Après les ratés et les réussites, il y a une dernière catégorie qui se dégage de l’anthologie. Celle de l’écurie Sushi Typhoon. Une fois de plus, les Japonais font exploser le baromètre du bon goût et de la folie anarchique avec leurs films totalement fous et encore plus improbables qu’à l’accoutumée. Noboru Iguchi offre une ode aux flatulences odorantes et aux collegirls avec l’incroyable F is for Fart (tout un programme), Yudaï Yamaguchi continue à explorer les voies de la comédie foldingue avec un hommage réussi, drôle et gore aux films de samouraïs (J is for Jidau-geki) pendant que Yoshihiro Nishimura réalise un grand moment de n’importe quoi subversivo-gore à base de pénis géant, de filles nues, de gore et d’éjaculation un peu spéciale. Avec toujours cette façon tellement unique et poétique de filmer une jeune fille se faisant asperger d’hémoglobine. Ce sont des films qui apportent une véritable plus-value à cette anthologie omnibus où on trouve à boire, à manger, à vomir et à déguster.

L’initiative était louable et est en bonne partie réussie car, au final, le plaisir procuré par les segments de qualité, une bonne moitié des travaux proposés valent la peine d’être vus, l’emporte largement sur le négatif. Enfin pour un film de près de deux heures, l’ensemble passe relativement vite, absorbé par le décompte des lettres, l’attente de découvrir son réalisateur fétiche et l’effet de surprise qui ne faiblit jamais.


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