Critique de film

pub

A vif

"The Brave One"
affiche du film

Animatrice de radio newyorkaise, Erica Bain (Foster) peine à se remettre de l'agression qui a coûté la vie à son fiancé (Naveen Andrews). Traumatisée, elle se met à hanter les rues, la nuit, à la recherche des hommes qu'elle tient pour responsables de son malheur, et se transforme peu à peu en justicière. Si le public se passionne pour ses exploits anonymes, la police, elle, est sur les dents. Traquée par un détective obstiné (Terrence Howard), Erica s'interroge : sa croisade vengeresse est-elle vraiment la bonne solution ?

pub


Trailer - A vif (2007)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de A vif - Un bon vigilante quelque peu démago
Par : Damien Taymans
Tags : Vigilante

Le genre du vigilante movie a connu son heure de gloire lors des seventies. A cette époque, apparaissent sur le marché des classiques comme L’inspecteur Harry, Taxi driver ou encore Un justicier dans la ville (avec un superbe Charles Bronson, une fois n’est pas coutume). Ce dernier mettait en scène un homme qui se faisait justice lui-même en massacrant les assassins de son épouse et se permettait en même temps d’éliminer la racaille (au sens sarkozyste du terme) des rues newyorkaises. Les années 2000 se sont également avérées être un terrain béni pour un renouveau du genre, qu’on pense aux Man on fire, Hard Candy et, plus récemment, le très jouissif Death Sentence de James Wan. Ressemblant à s’y méprendre à Un justicier dans la ville (du moins au niveau de la thématique et du traitement a priori réaliste), A vif est bâti sur un scénario assez classique : rongé par la soif de vengeance, le personnage principal erre dans les rues newyorkaises pour retrouver ses assaillants et les abattre et en profite, en passant, pour dégommer à coups de 9mm ceux qui tentent de se dresser sur son chemin. Ce pitch convenu est pourtant agrémenté de quelques touches originales qui font de ce métrage quelque chose de singulier lui permettant de se démarquer de ses modèles.

Première originalité et pas des moindres : le personnage principal est une femme parfaitement campée par Jodie Foster. L’actrice qui incarne la citoyenne modèle et la mère parfaite dans l’esprit de tout un chacun convainc dans ce rôle délicat de femme meurtrie dans sa chair qui essaie tant bien que mal de contenir ses envies destructrices par le biais d’une morale inébranlable. Erica tangue et ne sait plus que penser. Frappée dans son âme, meurtrie dans sa chair, elle ne peut s’empêcher de tressaillir à la moindre attaque et de réagir en conséquence en adoptant le principe unilatéral d’action-réaction. Une descente aux enfers pour l’héroïne, sans cesse tiraillée entre soif de vengeance et philanthropie, entre désir de meurtre et envie de redevenir celle qu’elle était. Deuxième originalité : le recul que prend Jordan tout en traitant le sujet en profondeur. Jamais le cinéaste ne prend position par rapport aux actes commis par Erica, jamais il ne se dresse pour signaler son propre point de vue. Pourtant, le problème n’est pas uniquement traité en surface. Habilement, Jordan choisit de faire apparaître le point de vue d’Erica lors de ses animations radio et de mettre à découvert ses sentiments profonds uniquement par le biais de son fidèle enregistreur qu’elle balade sans cesse avec elle.

Cependant, la mise en scène parfois destructurée mais emplie d’images poignantes ne parvient pas à éviter les écueils conventionnels de ce traitement introspectif de surface. A force de rester volontairement en retrait et de ne jamais s’immiscer dans une quelconque moralisation, le pouvoir conceptuel de l’œuvre s’amenuise au fur et à mesure et débouche sur un dénouement étrange qui ne cadre pas avec le ton de l’ensemble. L’éloignement à dessein d’objectivité tourne alors à la vague plaisanterie lorsque le réalisateur décide de mélanger âprement amoralité et démagogie compulsive. De même, idéologiquement parlant, on ne pourra s’empêcher de reprocher à A vif de relancer l’éternel débat insipide sur le bien et le mal et l’état de légitime défense (mais avec un soupçon de préméditation) de la vengeance personnelle. Relançant dès lors la mode de l’empathie maladroite, Jordan s’est fourvoyé en s’appliquant à acculer son héroïne jusqu’à la condamnation fortuite.

A vif reste un exemple dans la tradition du vigilante movie. Scénario convenu, poncifs largement épuisés mais à une nouvelle sauce, plus contemporaine et originale. Malheureusement, sauf le respect que l’on doit à Neil Jordan, il signe là un film aussi démagogique qu’opportuniste au verbiage parfois un peu lourd.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 13193 photo 13194 photo 13195 photo 13196 photo 13197 photo 13198 photo 13199 photo 13200 photo 13201
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage