Critique de film

pub

A Girl Walks Home Alone at Night

"A Girl Walks Home Alone at Night"
affiche du film

Dans la ville étrange de Bad City, lieu de tous les vices où suintent la mort et la solitude, les habitants n’imaginent pas qu’un vampire les surveille. Mais quand l’amour entre en jeu, la passion rouge sang éclate…

pub


Trailer - A Girl Walks Home Alone at Night (2014)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de A Girl Walks Home Alone at Night - La vampire au tchador
Par : Samuel Tubez
Tags : Vampires

Depuis la première mondiale à Sundance, cette coproduction américano-iranienne (on y trouve même un certain Elijah Wood dans la liste des producteurs exécutifs) continue de faire parler de lui au fil des festivals. Récemment récompensée à Deauville, cette curiosité en noir et blanc bouscule les interdits et se double d’une métaphore vampirique sur la condition féminine en Iran.

La réalisatrice Ana Lily Amirpour nous immerge dans Bad City, une ville-fantôme gangrénée par la drogue où un jeune homme boulotte afin notamment d’approvisionner son père héroïnomane. Prisonnier d’une vie de merde, survivant en marge de la société, il va bientôt croiser une femme mystérieuse, une vampire vêtue d’un tchador qui le sauvera de cette existence pourrie. Mais ça, il ne le sait pas encore, et l’apprivoisement ne se fera pas sans heurt. Quasi mutique, animale, monstrueuse, cette femme voilée élimine les dealers, avertit les jeunes garçons, soulage les clodos jonchant les rues en leur offrant le repos éternel. Elle « nettoie » cette ville-charnier de son mal, ou plutôt de ses mâles. Car A Girl Walks Home Alone at Night est bien évidemment un film féministe, une œuvre qui place cette vampire pas comme les autres en tant que « justicière ». A travers une esthétique très arty nantie d’une admirable photo noir et blanc, le film envoûte dès les premiers plans, nous hypnotise presque, faisant par ailleurs preuve d’une extrême lenteur, un peu à la manière du récent Only Lovers Left Alive. On est ici invité à partager ce bout de trip ultra stylisé, doublé d’une métaphore politique et sociale ne laissant pas indifférent.

Avec ce film, la réalisatrice d’origine iranienne milite, ça ne fait aucun doute. Mais elle livre aussi une subtile romance platonique où les regards sont plus évocateurs que les mots. Il est facile de s’y perdre voire de s’y ennuyer, d’autant que certaines scénettes se relient parfois mal à l’ensemble et que le final, optimiste, reste prévisible. Ceux et celles qui préfèrent voir leurs suceurs de sang préférés agir comme des bêtes affamées en sortiront déçus, voir dépités. Les autres, plus sensibles à la poésie morbide et aux métaphores politiques, apprécieront. Les fans de Stephenie Meyer, eux, sont hors-jeu depuis belle lurette. D’autant que ce film-ci s’adresse aux cinéphiles, Ana Lily Amirpour étant à l’évidence bercée depuis sa plus tendre enfance par les auteurs classiques (Murnau, Bava, mais aussi Leone) qu’elle cite sans esbroufe. Un premier film loin d’être parfait mais indéniablement prometteur et enivrant, aidé par une excellente bande son convoquant pop rock, électro et musique traditionnelle.

A girl Walks Home Alone at Night, non content d’être le premier film de vampire en langue perse, propose une image différente de la créature de la nuit traditionnelle, davantage ici régulatrice au sein d’un monde pourri que monstre se rassasiant du sang de ses victimes. Un film de vampire, oui, mais un film beau et envoûtant qui en dit long sur sa réalisatrice et son pays. Un film incroyablement personnel en somme.


Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 48097 photo 48096 photo 48098
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
Jessie
2017
affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage