Critique de film

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5150, Rue des Ormes

"5150, Rue des Ormes"
affiche du film

Le 5150, rue des Ormes se trouve au bout d'une allée tranquille dans une petite ville sans histoire. Suite à une chute de vélo, Yannick frappe à la porte des Beaulieu, une famille menée d'une main de fer par Jacques Beaulieu, et se retrouve séquestré dans leur maison. Le père de famille propose alors un marché à Yannick: s'il arrive à le battre aux échecs, il pourra s'en aller librement...

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Trailer - 5150 rue des ormes (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de 5150, rue des Ormes - N’y sonnez pas...
Par : Damien Taymans

Caméra en bandoulière, Yannick Bérubé se balade tranquillement en bicyclette dans une rue tranquille de sa ville jusqu’à ce qu’un chat noir (ouh, le mauvais présage) ne rencontre sa route. Une chute plus tard, son portable est éclaté (Fuck !) et sa chaîne de vélo complètement déboitée (double Fuck !). Il s’en va quérir de l’aide auprès du propriétaire du 5150 rue des ormes qui lui propose de réserver un taxi. Mais, curieux comme pas deux, Yannick se faufile au sein de la chaleureuse masure et s’aventure à l’étage afin de discerner d’où viennent les étranges bruits qu’il a entendus. Stupeur : un homme git dans une mare de sang dans une pièce sordide et appelle à l’aide. Le cauchemar de Yannick ne fait que commencer...

"Tabernacle ! V’là une bande qu’est loin d’être plate !" (traduction : Putain, ça c’est pas un film de merde, ça !) répètent encore à l’unisson les spectateurs du défunt festoche de Gerardmer, surpris par ce thriller psychologique venant du pays des caribous qui propose bien autre chose que des québécismes exotiques. Présenté au BIFFF 2010, 5150 rue des ormes permet à Eric Tessier, son réalisateur, d’effectuer son grand retour en terres bruxelloises après avoir présenté Sur le seuil en 2003. On ne change pas une équipe qui gagne serine l’adage respecté par Tessier qui, après avoir fourni une comédie en demi-teinte (Vendus) revient à ses premières amours en adaptant pour la seconde fois un roman de son complice Patrick Senecal. Publié en 1994, le premier roman de l’écrivain prend vie sur grand écran sous une forme à peine différente, la trame narrative étant scrupuleusement respectée par les deux compères qui élaguent à peine l’écrit originel pour le rendre adaptable. Autant centré sur la victime que sur le tortionnaire (Jacques Beaulieu, campé par l’excellent Normand D’Amour), ce thriller aux relents du Misery kingien renoue avec la tradition du film noir, essentiellement basé sur la psychologie de personnages borderline.

En la matière, 5150 propose une brochette des plus attrayante : le père hanté par la lutte du Bien contre le Mal (qu’il renomme les Justes et Non-Justes), la mère bigote qui égraine son chapelet et se perd en salamalecs dévots, l’aînée qui libère ses pulsions violentes en faisant péter les baffles de sa chaine Hifi et en fracassant les invités que son père ramène au logis, la cadette mutique qui nourrit une haine non dissimulée à l’égard de son paternel. L’argument, s’il est en apparence proche de celui de Mum and Dad, n’épouse jamais l’atmosphère glauque qui régnait dans le métrage de Steven Sheil et fonctionne a contrario, décrivant une cellule familiale lambda, moraliste de surcroit, dont les coutures recèlent néanmoins une folie qui gangrène, à des degrés divers, chacun de ses membres. Séquestré en douceur par cette tribu de fanatiques, Yannick (Marc-André Grondin, sorte de Romain Duris au sirop d’érable) tente de s’échapper de cette baraque de barges en utilisant une kyrielle de stratégies, continuellement désamorcées par un coup du sort ou une intervention du père spirituel de l’équipée, nourri à la Bible et élevé dans l’amour des échecs et de la taxidermie.

5150, rue des ormes tire le meilleur du roman originel, en rendant grâce aux profils psychologiques de ses personnages et en restituant, par un traitement de l’espace finement ciselé (une série de plans rapprochés et de plans d’ensemble localisants confinent le spectateur aux quatre murs de la geôle du prisonnier), l’atmosphère étouffante de ce huis clos que Tessier remodèle par le néant sitôt que l’instant de vérité se rapproche. Plutôt maladroit dans son entame, le métrage se montre par la suite brillamment orchestré. Echec et... presque mat...


Critique de 5150 Rue des Ormes - Coup gagnant
Par : Quentin Meignant

Après l’expérience positive que constitua l’adaptation du roman de Patrick Sénécal, Sur le Seuil, en 2004, Eric Tessier, égérie de l’horreur made in Canada, remit le couvert avec l’aussi fin qu’ambitieux 5150 Rue des Ormes. Fort de son Prix du Public à Gerardmer et d’une première participation en 2004, le cinéaste se rendit à Bruxelles dans le cadre de la 28ème édition du BIFFF. Le sympathique québécois présenta donc son métrage devant une assistance surchauffée qui attendait énormément de sa bande et, le moins que l’on puisse dire est que la magie a opéré… du moins en partie puisque le métrage est reparti bredouille de la capitale belge. Le 5150, rue des Ormes se trouve au bout d’une allée tranquille dans une petite ville sans histoire. Suite à une chute de vélo, Yannick frappe à la porte des Beaulieu, une famille menée d’une main de fer par Jacques Beaulieu, et se retrouve séquestré dans leur maison. Le père de famille propose alors un marché à Yannick : s’il arrive à le battre aux échecs, il pourra s’en aller librement...

Doté d’un pitch pour le moins original, 5150 Rue des Ormes était annonciateur d’un ensemble cérébral et, sans doute un rien ennuyeux, que se devait d’éviter son metteur en scène… C’est ce que celui-ci fit dès les premiers instants en mettant en regard deux conceptions totalement différentes de la vie : d’une côté celle de Yannick, jeune homme plein de vie et d’ambitions, et de l’autre, les Beaulieu, famille très vieille école, régie par un patriarche totalement dingue.

C’est d’ailleurs par cet affrontement de deux conceptions de la vie que le métrage brille dès les premiers instants, Tessier parvenant sans conteste à tirer le meilleur parti des différents protagonistes mis en présence. Outre le maléfique Beaulieu, qui, dans le fond, n’est sans doute pas le plus malfaisant, Yannick doit aussi faire face à la violence de Michelle, la jeune de la famille. Le malheureux héros n’est d’ailleurs pas non plus exempt de tout reproche, ses exactions psychologiques permettant à Tessier de construire un véritable triangle diabolique faisant monter l’ensemble en pression. Bénéficiaire d’un crescendo impressionnant au niveau de la violence à bien des degrés, 5150 Rue des Ormes est encore boosté dans une dernière partie tout simplement choquante, où le cinéaste parvient à pousser le spectateur dans ses derniers retranchements. Assez comparable au Mum & Dad de Steven Sheil, découvert en 2009 au BIFFF, le métrage québécois supplante ce dernier au niveau de l’ambiance plus réaliste qu’il développe avec brio.

Véritable réussite à tout point de vue, 5150 Rue des Ormes parvient à susciter l’étonnement et, très souvent, l’effarement du spectateur, Tessier tirant les bonnes ficelles aux moments ad hoc. Jamais en manque de rythme malgré les nombreuses phases de dialogues (brillants par ailleurs) qu’il propose, le métrage brille par un aspect psychologique à toute épreuve et fait sans aucun doute partie des grandes révélations de 2010.


Commentaires sur le film

Ce petit thriller psychologique (en forme de huis-clos ou presque) est pas mal du tout !

3 etoiles

Grâce notamment à la mise en scène enlevée et originale d’Eric Tessier (un réalisateur à surveiller). À noter que, selon les personnages, le film montre plusieurs folies différentes. Intéressant à découvrir.

9 juin 2010 à 16:06 | Par Wolvy

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