Critique de film

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24 heures chez les Martiens

"Rocketship X-M"
affiche du film

En partance vers la Lune, une expédition est déviée de sa trajectoire et se retrouve sur Mars. Là, les terriens découvrent qu’une grande civilisation a disparu après une guerre nucléaire, et que les martiens sont revenus à l’âge de pierre…

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Trailer - 24 heures chez les Martiens (1950)
Par : Damien Taymans


Rocketship XM - trailer par apparitor

Les critiques à propos de ce film

Critique de Rocketship X-M - Destination Lune ?
Par : Damien Taymans

En attendant que les héros d’Hergé ne voient leurs odyssées lunaires portées à l’écran en motion-capture, Artus ressort une sélection de célèbres titres interstellaires des années 50 parmi lesquels figurent Les envahisseurs de la planète rouge, remaké trois décennies plus tard par Tobe Hooper, Flight to Mars, Red Planet Mars et Rocketship X-M étrangement retitré 24 heures chez les Martiens. Le nœud de l’intrigue est en effet honteusement déballée par ce titre puisque qu’au départ de l’œuvre, une expédition se lance à la découverte du satellite de la Terre dont le sol, non encore défloré par les empreintes de pointure 53 des astronautes Armstrong et Aldrin, semble n’être, à vue de téléscope, qu’un amas de rocailles tout juste bon à alimenter les rêveries d’un jeune marmot apprivoisant des renards en plein désert. En cours de route, la fusée, la fameuse Rocketship de la version originale, est déviée de sa trajectoire et atterrit sur la planète rouge dévastée par une guerre nucléaire et dont les habitants sont curieusement revenus à l’âge de pierre.

A l’aube des fifites, à l’image de Destination Lune sorti la même année, les explorations martiennes n’étaient pas encore talonnées par les considérations politico-paranoïaques de la Guerre froide. Aucune menace communiste ne plane sur la bien-nommée planète "rouge" dont l’exploration ne s’étire que sur une dizaine de minutes quand les aléas du voyage auront occupé la majeure partie du métrage. C’est que cette la création de cette production bis, destinée à devenir le Destination Lune de George Pal, est expédiée en un tournemain et envahit les écrans américains trois semaines avant le début de l’exploitation d’Irving Pichel. L’outsider programmé à l’origine comme faire-valoir de la première colossale entreprise du science-fiction-man George Pal (La Guerre des mondes, Le Choc des mondes) offre une introduction convaincante aux exodes martiennes qui bénéficieront pour la plupart des honneurs de la couleur. Pour l’heure, Kurt Neumann opte pour de simples filtres rouges pour dynamiser les 24 heures martiennes.

Emigrant aux Etats-Unis au début de l’ère du cinéma parlant, Neumann est dans un premier temps engagé pour tourner des versions germaniques des films hollywoodiens avant de se retrouver dans la chaire de metteur en scène de nombre de productions de cinéma B. Pressenti pour réaliser La fiancée de Frankenstein, Neumann fait du genre son dada et brosse pour les studios RKO quelques tableaux de l’aventurier Tarzan et de nombreuses oeuvrettes horrifiques (She-Devil, Kronos) avant de se donner la mort à la veille de l’avant-première de son chef-d’œuvre, La mouche noire.

Pour sa première expérience en tant que scénariste, Neumann remplit le cahier des charges des créations science-fictionnelles fauchées : caractérisation méticuleuse des personnages qui composent l’équipage de la fusée, éviction de toute outrance visuelle et métaphore filée agrémentée de quelques salves poétiques débouchant sur les réflexions post-Nagasaki concernant la force atomique. Les Martiens dégénérés préfigurent en quelque sorte les troglodytes terriens du Secret de la planète des singes. "Ah gue-non !", vitupéreront les puristes, plus enclins à enferrer Rocketship X-M dans son contexte post-conflit mondial et de la déchéance atomique infligée aux Japonais tandis que les scribouillards d’Arthur P. Jacobs n’utiliseront le prétexte nucléaire que pour combler les lacunes de cette infâme séquelle simiesque.

Trop bricolé et bancal que pour soutenir la concurrence de Destination Lune, véritable rampe de lancement du genre science-fictionnel qui connaitra ses dix glorieuses durant les années 50, Rocketship X-M n’en reste pas moins une intéressante petite œuvre aussi délicieusement naïve que les aventures lunaires de Tintin et ses compagnons (déclinées en deux albums). L’objectif Lune raté, les petites enjambées sur le sol martien, préfigurant La guerre du feu d’Annaud mêlé d’esthétique western, se révèlent suffisamment exotiques pour marquer durablement les mémoires. De quoi apostiller un peu dans une marge jusque-là complètement vide.


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