Critique de film

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2000 Maniacs

"Two thousand Maniacs!"
affiche du film

Six touristes s'égarent dans une région perdue de Floride, et se retrouvent dans un petit village, célébrant son centenaire. Malgré l'accueil chaleureux qui leur est réservé, les nouveaux venus ne tardent pas à s'apercevoir qu'il se passe quelque chose d'inquiétant et de mystérieux.

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Trailer - 2000 maniacs (1964)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de 2000 maniacs - Pour quelques rednecks de plus...
Par : Damien Taymans

Boudé par la critique qui fustige l’amateurisme de la réalisation et les velléités voyeuristes de son créateur, Blood feast remporte contre toute attente un vif succès public, qui pousse Herschell Gordon Lewis à se remettre directement au travail. Il faudra moins d’un an au cinéaste pour accoucher, toujours avec la complicité du producteur David F. Friedman, de 2000 maniaques (Two thousand maniacs), nouveau terrain d’expérimentation du genre horrifique.

Localisé dans le petit village de Saint Cloud, en Floride, le tournage qui s’étalera sur deux semaines à peine, se voit garni des habitants du cru qui gonflent les rangs et se prêtent volontiers aux jeux sanglants de Lewis. Le gore, élément désormais indissociable de sa filmographie depuis Blood feast, constitue une nouvelle fois l’attraction principale de cette pellicule, bien que les effusions sanglantes y soient moins impressionnantes. Déversée avec parcimonie et sans ambages, l’hémoglobine ne s’écoule que ponctuellement, suivant les rares exécutions qui, si elles s’avèrent moins graphiques (le fixisme voyeuriste post-crime de Blood feast est abandonné au profit du déroulement du meurtre lui-même), gagnent en originalité. Doigt coupé, démembrement, écartèlement entre quatre chevaux (selon le modèle réservé aux assassins des rois de France), multiples tonneaux dans un fût agrémenté de clous, autant de joyeusetés qui attestent d’une écriture scénaristique plus soignée (le script connaîtra d’ailleurs les joies de la publication).

2000 maniaques, malgré un nombre substantiellement plus élevé, se révèle moins démonstratif dans son étalage de barbaque, ne réservant au spectateur que quelques séquences de torture éparses et se contentant, pour étancher sa soif de gore, de timides plans sur quelques vagues détails symboliques (le bras relégué au méchoui du cérémonial, la corde au nœud coulant censée étrangler le chat). Gordon Lewis soigne sa mise en scène et sa direction d’acteurs et offre ainsi une pellicule nettement plus professionnelle, tout en conservant l’essence même de son cinéma, bourré d’influences personnelles et nourri aux multiples vagabondages qu’il a effectué dans la branche bis. Filmé à la manière des « nudies » avec lesquels Lewis a entamé sa carrière de réalisateur, son registre horrifique se montre vicieux, salace et emprunte beaucoup au genre pornographique : chaque détail sanglant est ainsi amorcé par de naïfs procédés scénaristiques, propres aux « films X » (la stratégie téléphonique des indigènes pour séparer les membres du couple, renforcée par l’apparence racoleuse des piégeurs), ou flanqué d’un point de vue subjectif (la scène du tonneau et celle du rocher), dispositifs qui confèrent à la mise en scène une dimension voyeuriste.

Cette version macabre de la comédie musicale Brigadoon de Vincente Minnelli, déjà transposée à l’écran depuis les scènes de Broadway, exploite intelligemment le filon offert par le scénar’ original (une ville fantomatique qui réapparait tous les cent ans avant de disparaître). Délaissant pour un temps le pur délire gore (continué dans le troisième volet sa trilogie, Color Me Blood Red), Lewis se concentre sur son intrigue et, sous un fatras gonflant de bavardages inutiles et longuets, livre quelques personnalités rednecks extrêmement attachantes. Largement plus accompli que Blood feast, 2000 maniaques constitue un agréable moment en compagnie de confédérés un brin allumés et de confédérées séduisantes qui contraignent le spectateur de se prendre au jeu et d’assurer de concert que "De mémoire, c’est probablement le plus beau centenaire qu’on ait eu."

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