Critique de film

2 Soeurs

"Janghwa, hongryeon"
affiche du film
  • Genre : Thriller – Thriller psychologique
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Kim Jee-Woon
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 1h59
  • Scénariste : Kim Jee-Woon
  • Musique : Lee Byung-Woo
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Lim Soo-Jung, Moon Geun-Young, Yeom Jeong-A
  • Récompenses : Blue Dragon Award de la meilleure actrice pour Lim Soo-Jung (2003)
    Prix de la meilleure actrice, meilleur réalisateur, spécial du jury et meilleur film au festival Fantasporto 2004
    Prix 13ème rue, Grand Prix et prix du jury au festival de Gérardmer 2004
    Prix News Current Award de la meilleure actrice (Lim Soo-Jung) au festival de Pusan 2004
    Nominé au prix du meilleur film au festival de Sitgès 2003

Su-Mi et Su-Yeon, deux soeurs, rentrent chez elles. Leur belle-mère les accueille mais Su-Mi l'évite volontairement et Su-Yeon semble en avoir peur. Un jour, le frère de la marâtre et sa femme leur rendent visite. Pendant le dîner, elle aperçoit un fantôme et des événements étranges se produisent. Le fantôme d'une petite fille hante en effet la maison. Les oiseaux meurent. Persuadée que leur mort est due aux agissements de Su-Yeon, la belle-mère l'enferme dans un placard. Le conflit entre la marâtre et les deux jeunes soeurs ne fait que commencer...

Les critiques à propos de ce film

2 soeurs - 2x plus dramatique, 2x plus horrifiant
Par : Damien Taymans




Avant de parler du film qui nous intéresse, il est primordial d’émettre un avertissement sérieux. Contrairement à ce que beaucoup croient, ce film n’est pas dans la lignée des Ring ou Ju-On. 2 sœurs n’est nullement un héritier du fantastique asiatique qui envahit nos marchés actuellement. Pas de scènes d’horreur, pas de fantômes énigmatiques et effrayants. Ce film est à classer du côté des thrillers psychologiques voire même des drames.

Le point fort du film de Kim Jee-Won est l’interprétation des acteurs. L’histoire, on y reviendra, vaut effectivement la peine mais il faut bien avouer que sans l’irrésistible interprétation des personnages principaux, le métrage aurait sans doute été moins attirant. Perfection, éclat, magnificence, quels autres mots peut-on emprunter pour qualifier la prestation de Lim Soo-Jung et de Yeom Jeong-A (la belle-mère) ? Deux personnages complexes, en combats perpétuels l’une contre l’autre qui donnent corps au film et permettent de ne jamais laisser retomber la pression.

Car de la tension, il y en a dans ce film sud-coréen. Cette vieille bâtisse au bord de l’eau souffre d’une atmosphère pesante, quasi fantomatique. Les personnages eux-mêmes ne s’y retrouvent pas et ne s’y sentent pas tellement chez eux. Bouleversés dans leur quotidien par un lieu où un drame s’est apparemment déroulé, écartelés par un passé qui les poursuit, les membres de la famille ne savent plus où ils sont ni comment se réunir. Chacun est dans son coin, chacun dénigre l’autre, chacun souffre et veut faire souffrir. Un jeu masochiste qui les amène tous vers un univers tendu au possible et quasiment étouffant.


Une histoire difficilement compréhensible tant les données sont multiples, agrémentée d’un montage non linéaire qui ajoute à la complexité de la chose et dont la fin est une succession de twists qui laissent le spectateur pantois. Situés à l’étroite frontière entre folie et raison, on observe, on se pose des questions et, tout à coup, comme poussés dans le dos par quelque chose qu’on n’avait pas remarqués, on bascule. Cette œuvre splendide a réussi à se jouer de nous alors qu’on ne s’y attendait certainement pas.

Bilan clairement positif donc pour un excellent film psychologique. Seule zone d’ombre : quelques passages lents au possible qui ralentissent une cadence pourtant pas très soutenue. Ah oui, j’oubliais. Comme pour tout bon film asiatique qui se respecte, les Amerloques ont bien entendu réussi à acheter les droits pour faire un remake. Et encore un… Je commence à me demander si on ne devrait pas leur fermer nos frontières cinématographiques parce que, quand il s’agit de faire une croûte à partir de chefs-d’œuvre, ils sont toujours là…

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage