Critique de film

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Eleven

"11-11-11"
affiche du film

Un homme part en Espagne, à Barcelone plus précisément, pour oublier le décès de sa femme et de son fils. Tel ne va pas être le cas car il est poursuivi le malicieux chiffre 11, annonciateur de l’Apocalypse. Accompagné d’un prêtre, il va devoir lutter pour que les portes de l’enfer de s’ouvrent pas...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de 11-11-11 - La date de trop...
Par : Damien Taymans

Y a plus de saison. Nous dégustions hier à peine le savoureux 22 mai du belge Koen Mortier que déjà l’agenda nous pousse à examiner le 11 novembre, glorieuse date de l’armistice non moins glorieuse signée au lendemain de la Grande guerre. Mis à l’amende par l’ultra-dynamisme de nos modes de vie à l’occidentale, les saints patrons eux-mêmes ne savent plus à qui se vouer. Les musulmans cravachent pour récupérer leur demi-siècle de retard tandis que les Grégoriens chantent à l’unisson pour calfeutrer la course folle du temps sur laquelle ils n’ont plus la moindre emprise. Entraîné dans cette tornade temporelle, Darren Lynn Bousman, soucieux de provoquer plus tôt le tsunami promis pour fin 2012, précipite la production de son 11-11-11 pour le boucler avant la date-butoir, au-delà de laquelle il n’est théoriquement plus de rémission possible.

Parce que ledit jour, désormais révolu, les portes de l’enfer sont censées s’ouvrir et libérer sur notre belle planète quelques entités démoniaques à même de renverser le nouvel ordre mondial. Les signes sont patents : réveillez-vous, masses incultes, le nombre onze est partout. Porteur d’une symbolique plutôt obscure, cet alignement extra-parallèle envahit les temples footballistiques (combien de danseuses par équipe selon vous ?), symbolise la réussite de la course à l’alunissage (le mérite revenant autant à Neil Armstrong qu’Apollo) ou encore des attentats des Twins towers. A cela vient en outre s’ajouter le fait que c’est le premier nombre premier composé de deux chiffres et qu’on dénombrait presque autant de salopards et d’hommes en colère (à la louche !). Bref, si l’on préférait ne pas boire le bouillon de onze heures, mieux valait vérifier, en compagnie du héros Crone Joseph, auteur de best-sellers dépressif depuis le décès de sa petite famille, quelles plaies notre basse terre allait bientôt connaître.

La vérité, comme bien souvent, se trouve ailleurs. Non pas dans l’observation des astres et, plus particulièrement de la planète Mars, mais dans les vestiges familiaux de Joseph résidant en Espagne. En l’occurrence, un frère religieux en chaise roulante et un père mourant. Les retrouvailles manquent de tourner court en raison de la paranoïa qui semble habiter les pensionnaires de la demeure : la bonne prodigue des salamalecs en espagnol à tour de bras et le père n’est pas en reste en matière de sous-entendus abscons. Heureusement, pour donner plus de poids à ces avertissements lacunaires, Darren Lynn Bousman agrémente son scénario de quelques furtives apparitions démoniaques en ralentis par l’entremise d’une caméra de surveillance.

Puis, brusquement, au bout d’une heure et quelques poussières (oserais-je prétendre 11 minutes ?), l’aiguille du compteur s’affole, les événements s’enchaînent, le rythme s’élève. Dans l’indifférence la plus totale puisque, malgré des logorrhées interminables (le cadre ne quitte quasiment jamais les faciès des comédiens rivalisant de génie dans le surjeu), les enjeux dramatiques ne sont jamais clairement identifiés. Dans ce brouillard, on ne distingue plus que le temps qui passoie et l’ennui qui s’assoit. L’argument éventé, il ne reste plus au paternel des deuxième, troisième et quatrième épisodes de Saw, de l’intéressant Repo the Genetic opera et du mi-figue mi-raisin faux-remake de Mother’s Day qu’à compiler quelque jump scares pour le plaisir et ponctuer ce patchwork par le traditionnel twist final dont il semble s’être fait une spécialité (faut-il rappeler celui de son New Year’s Day ?).

"Tout ça pour ça" aurait déclaré Lelouch au sortir de la projection de cette œuvre faussement aguichante. Sur le papier, cela ressemblait fortement au Nombre 23 de Joël Schumacher. Personne n’imaginait que le fiasco serait quasi similaire. On avait raison, c’est bien pire encore...


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