NIFFF 2011

Avant-programme NIFFF 2011

Pour sa 11ème édition, le Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel propose plus d’une semaine de cinéma de genre. A noter que cette année le NIFFF inaugure une nouvelle salle de projections au Temple du Bas et se pare de deux nouvelles sections : Films of the Third Kind et Ultra Movies. Le public aura l’occasion de découvrir Just a Film, une grande rétrospective consacrée au genre aussi vaste que méconnu du cinéma dit « gore », en présence de celui à qui l’on attribue son invention, Herschell Gordon Lewis.

Films of the Third Kind et Ultra Movies

En 2011, le NIFFF étoffe sa programmation grâce à deux sections supplémentaires : d’un côté, Films of the Third Kind, une sélection à vocation grand public des meilleures avant-premières de la saison, parmi lesquelles le spectaculaire Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame de Tsui Hark, prodige du cinéma de genre hongkongais ; de l’autre, Ultra Movies, des séances de minuit qui dévoileront la face la plus extrême ou étrange du cinéma de genre d’hier et d’aujourd’hui. Une occasion unique de découvrir les perles cinématographiques les plus (d)étonnantes telles l’improbable Norwegian Ninja, film d’espionnage haletant qui associe culture nordique et Kung-fu.

Rétrospective Just a Film !

Le NIFFF consacrera cette année son grand programme rétrospectif au cinéma dit « gore ». Le festival y voit une initiative indispensable dans le cadre de son exploration de la diversité du cinéma fantastique.

Dans son sens le plus ouvert, le « gore » désigne des films qui mettent en jeu de façon spectaculaire des altérations du corps humain. Le but avoué de ces films est d’impressionner le spectateur, mais comme l’indique le titre de ce programme :

It’s just a film ! Ce n’est que du cinéma !

Prenant ses racines dans le théâtre Shakespearien et le Grand Guignol, le Grand Guignol, le genre traverse toute l’histoire du cinéma. Depuis l’invention du cinématographe en effet, des cinéastes ont exploité son potentiel expressif pour donner des représentations impressionnantes du corps humain.

Just a Film propose de (re)découvrir des classiques de ce cinéma de la pure sensation : des premières expérimentations de Georges Méliès au meilleur du fantastique gothique des années 50, jusqu’à l’éclosion proprement dite du genre en 1963 sous la houlette du cinéaste américain Herschell Gordon Lewis.

Ce dernier viendra en chair et en os présenter ses films les plus significatifs, produits d’exploitation aux titres suggestifs tels Blood Feast et 2000 Maniacs !

Just a Film s’aventurera vous embarquera jusqu’aux confins des années 80 avec l’explosion internationale du genre et son irruption dans le cinéma mainstream sous l’impulsion de cinéastes comme David Cronenberg, Sam Raimi ou Peter Jackson.

Pour le programme complet, rendez-vous le 15 juin 2011 sur le site du NIFFF

NIFFF 2011 - Jour 1

Me voilà de retour pour une nouvelle année au Neuchâtel International Fantastic Film Festival. C’est avec moi, beaucoup d’humour, de bières et de films, que vous allez suivre cette 11ème édition du NIFFF. Pour cette 11ème année, le NIFFF se déroule sur 9 jours qui s’annoncent d’ores et déjà éprouvants. Mais on va commencer gentiment avec deux films au programme pour ce premier jour. C’est sous un magnifique soleil que je me rends au Théâtre du Passage chercher mon badge et prendre mes billets pour la journée. Je commence le festival avec l’habituelle cérémonie d’ouverture. Il s’agit cette année de Hideaways d’Agnès Merlet. Après Ondine de Neil Jordan l’année passé, on remet une couche irlandaise et féerique sur ce début de NIFFF. Avant de pouvoir voir le film, nous avons bien entendu droit aux traditionnels discours d’ouverture. Et cette année on est gâté, ils n’en finissent plus et on attend tous avec impatience de voir ce que nous réserve la talentueuse Agnès Merlet.

L’histoire de Hideaways se passe donc en Irlande où les hommes de la famille Furlong ont tous un don surnaturel qui ressemble plus à une malédiction. James Furlong à cause de son don perd toute sa famille et se réfugie au milieu de la forêt. Un jour, un orage va obliger la jeune Mae à prendre refuge dans une cabane dans la forêt. C’est là qu’elle va faire la connaissance de James, rencontre qui va chambouler sa vie. Alors si en lisant mon synopsis, vous l’avez déjà trouvé cucu, vous n’avez encore rien vu. Vraiment long et prévisible, ce film ressemble surtout à un mauvais Robin des Bois des temps modernes. C’est fort dommage car les premières 15 minutes du film promettaient une histoire assez alléchante mais qui s’essouffle et se transforme en roman à l’eau de rose pas franchement crédible. Avec des acteurs qui en font soit trop, soit pas assez, une histoire d’amour tissée en deux secondes et de grosses fautes dans le montage, on a un peu l’impression de se trouver devant Twilight. Bref, fortement déçue du résultat, surtout venant d’une des seules réalisatrices dans le cinéma de genre qui a voulu raconter une belle histoire d’amour, mais qui au final s’enfonce dans le mélodrame niais. Néanmoins, le film plaira certainement aux filles de 15 ans.

Mon deuxième film de la journée est Balada triste de trompeta sur lequel je ne vais pas trop m’attarder vu qu’il a déjà été vu au BIFFF (je vous renvoie à la page écrite lors de ce festival http://www.cinemafantastique.net/Critique-de-Balada-triste-de.html). Avec une ambiance dans la salle un peu molle et surtout des clowns au programme (je déteste des clowns depuis que j’ai lu It de Stephen King), j’avais une certaine appréhension. Mais au final, un très bon moment avec ce métrage qui part dans tous les sens (peut-être un peu trop) comme seul Alex de la Iglesia sait le faire. J’ajouterai que c’est un des meilleurs génériques que j’ai vus depuis fort longtemps etque celui-ci constitue, de mon point de vue, avec les 5 dernières minutes, les gros points forts du film.

On se retrouve demain pour la suite avec au menu des Suisses et du Nippo.

NIFFF 2011 - Jour 2

Day two and rolling. Je commence ma deuxième journée bien tôt vu que la presse doit malheureusement être sur place à 9h pour avoir les billets pour la journée. Donc c’est avec très peu d’heures de sommeil que je me trouve devant le Théâtre du Passage pour prendre mes billets pour la journée et c’est d’ailleurs un peu la course aux billets pour les Swiss Shorts. Mes billets en main pour les Shorts et pour Guilty of Romance, je peux me consacrer à faire la guide touristique pour un guest du NIFFF et ami. Après cette pause bienvenue (même si ma journée n’a officiellement pas encore commencé) et beaucoup de café, nous reprenons ensemble le chemin du cinéma Apollo pour visionner les Suisses Shorts.

Les courts métrages, tous en compétion pour le prix SSA/Suissimage, devraient nous montrer ce que le cinéma suisse de genre à de mieux à offrir. Mais malheureusement si c’est ce que la Suisse a de mieux à offrir, on n’est pas dans la merde pour les années à venir. Pourtant, j’y croyais ; l’ambiance était bonne et on attendait tous le départ avec impatience. Je vais commencer par citer les points positifs de cette séance, car ils y en avaient quand même ! Tout d’abord, les films d’animation How the Wild Things are, courts, est très bien réalisés et ils vont droit au but. Puis La fondue draine la bonne humeur, le film est une ode à notre plat national inventé par un homme des cavernes ; on rit beaucoup à cette révision décalée d’un emblème Suisse. Ensuite vient le très attendu court métrage Employé du mois d’Olivier Béguin, réalisateur du très bon Dead Bones. Pour cette première incursion dans le registre de la comédie, c’est réussi. La salle rigole beaucoup et on apprécie particulièrement la très belle photographie et les effets parfaitement réussis. Mes seuls bémols sont, la sorcière Lily Cyanure, l’actrice qui tient le rôle manque de profondeur dans son jeu et elle ressemble trop à un cliché type de la sorcière, même si c’est voulu. Et une fée Chloé qu’on aurait voulu beaucoup plus sexy et aguicheuse, telle Kylie Minogue dans Moulin Rouge ou la Clochette de Loisel. Mais une très belle performance dans l’ensemble et je souhaite autant de succès à ce court, que Béguin en a eu avec Dead Bones. Et sans oublier Le Lac Noir de Victor Jaquier, que j’ai vraiment beaucoup aimé, très bien réalisé, avec une belle photographie et une histoire qui tient la route, bref un court qui vaut le détour. Heureusement grâce à ces deux réalisateurs on peut encore garder espoir que le cinéma Suisse pourra encore nous offrir de bons moments. Passons maintenant aux points négatifs de cette projection. Je vais finir en m’attardant sur un seul des courts qui laisse à désirer ; L’âme de l’acier de Alexandre Billardo. Que dire de ce court qui manque cruellement de profondeur ? Malgré les moyens plutôt conséquents du réalisateur qui permet une très belle photographie, le scénario mal construit et le jeu d’acteurs amateurs peu plausible font que l’on s’ennuie à mourir et qu’on prend plus le film à la rigolade qu’on n’imagine être dans un hommage au Film Noir. Je quitte donc la salle dans un esprit mi-figue mi-raisin, avec beaucoup d’appréhension pour les futures années du genre Suisse.

Je continue ma journée avec une tout autre catégorie, Guilty of Romance un film Japonais de Sion Sono. Le film relate l’histoire d’une jeune épouse soumise qui va trouver sa liberté par le sexe. Sur fond de meurtre dans le quartier chaud de Tokyo, on suit la relation tumultueuse d’Izumi jouée par Megumi Kagurazaka et de Mitsuko interprétée par Makoto Togashi. La relation amour/haine entre les deux personnages est incroyablement bien jouée par ces deux actrices, ainsi que les autres rapports entre les personnages qui sont bien ficelés et qui nous donnent une réelle image des relations conjugales au Japon (bon on est d’accord qu’il s’agit toujours et encore d’un film et pas de la réalité même si l’on ressent clairement la pression sociale du mariage parfait à la japonaise). En même temps déstabilisant, loufoque et même assez trash le film nous emmène dans le coté sombre et caché des Japonais BCBG. De l’ambiance générale des spectateurs à la sortie, le film a beaucoup plu, même si moi, il m’a laissé pensive sur le rôle du corps de la femme dans la vie de tous les jours. Mais de ce que j’ai entendu, des fans de ce réalisateur c’est un film à ne pas manquer, avis aux amateurs. Pour ma part je reste encore dubitative sur le film, cependant, il vaut le détour.

Me voilà déjà à la fin de ma deuxième journée et je vais profiter de finir tôt pour récupérer les heures de sommeil déjà perdues.

NIFFF 2011 - Jour 3

Je commence cette troisième journée sous le soleil. C’est dimanche et dimanche en Suisse c’est mort, encore plus à 9h quand il n’y a que les fous pour se lever et aller chercher leurs billets pour la journée à cette heure-là. Après un petit déj, direction salle de presse pour la rédaction du compte-rendu. Mais autant dire qu’on n’avance pas bien vite vu les débats qui ont lieu sur les films de la veille. C’est ça aussi le NIFFF, une grande famille qui se retrouve chaque année et qui se chamaille presque comme des gosses pour défendre les films qu’ils ont aimé. C’est donc après une rédaction mouvementée que je file donner un coup de main à un ami pour une interview en anglais du papa du gore, Herschell Gordon Lewis. Jamais on ne pourrait croire que “l’inventeur” du gore serait quelqu’un d’aussi gentil, drôle et adorable. Après avoir insinué qu’il voulait me prendre dans un de ces films (flattée mais non merci je n’ai pas tellement envie de finir avec des bouts d’animaux sur moi), j’avais presque envie de lui demander s’il ne voulait pas m’adopter et devenir mon grand-père !

Je quitte le Théâtre du Passage pour me rendre à l’Apollo où se déroule mon prochain film qui est diffusé dans le cadre de la catégorie From Russia with Screams : Tower. Arrivé dans la salle, on apprend que le film n’est pas un film du tout mais une émission de télévision russe, dont le réalisateur Denis Neimand, a choisi trois épisodes (qui ne se déroulent en plus pas à la suite). On nous explique aussi que le beamer utilisé pour les sous-titres surchauffe et qu’ils ne sont pas sûrs qu’il tienne toute la séance. Le générique passe, on est à trois minutes dans le premier épisode, les acteurs parlent à une vitesse affolante et plus de sous-titres. Impossible de le rallumer, la séance continue pour ceux qui parlent le russe mais pour les autres comme moi, ça s’arrête là. Je dois dire que je ne suis même pas vraiment déçue, le peu que j’ai vu partait dans tous les sens et ne donnait pas envie de se plonger dans l’histoire de ce huis clos russe.

En sortant du film, la file pour Blood Feast de Herschell Gordon Lewis n’est pas encore entrée dans la salle, je profite du peu de monde pour m’infiltrer et voir ce film culte. Pour la première fois de mon NIFFF, l’ambiance dans la salle est électrique et le devient encore plus quand Herschell Gordon Lewis nous rejoint pour nous raconter des anecdotes sur la production, tel un tournage en 4 jours, du faux sang inlavable ou encore la cire à chaussure utilisé pour le cheveux et sourcil de Fuad Ramses. Pour le récit du film je vous laisse relire cette critique : http://www.cinemafantastique.net/GORE-SAVE-THE-SCREAM-Blood-feast.html. Et le NIFFF c’est aussi ça, une ambiance et beaucoup de rire.

Je fini avec une bonne surprise, même si ce film n’a pas franchement plus à quelque autres du site. Stake Land (voir pour l’autre critique : http://www.cinemafantastique.net/Critique-de-Stake-Land-Desperation.html). Contrairement à mes collègues (pour leur défense, ils n’avaient pas une très bonne copie au BIFFF), j’ai vraiment beaucoup aimé le film. Il s’agit d’un des meilleurs films de vampires depuis fort longtemps (excepté, Let the Right One In). Les vampires sont cruels et bestiaux à souhait, ils ne brillent pas pendant la journée mais brûlent et surtout ne sont pas tous au même niveau. La musique souligne parfaitement les moments forts, sans les rendre lourds pour autant. Et la voix off pour une fois n’est pas redondante et nous apporte des détails supplémentaires sur la vision du héros dans ce monde post-apocalyptique. De plus l’émotion rendue par le jeu des acteurs est très convaincant, même Connor Paolo que je redoutais vu son rôle pitoyable dans Gossip Girl. Il y a malgré tout quelques points négatifs au film dans l’idée du fanatique religieux qui se transforme en un vampire vengeur et intelligent. Cela détonne complètement avec les autres vampires et donne une fin un peu ridicule qui aurai très bien pu sens passer. En plus de ceci, la relation entre Mister joué par Nick Damici et Martin manque un peu de travail et de profondeur. Mais malgré tout, pour une fois petit budget rime avec très bon film. Et surtout, il faut arrêter de comparer ce film à The Road, oui c’est un road movie et oui il y a une relation (presque) père/fils et oui il traite de la survie dans un monde bouleversé, mais nous avons à faire à deux films entièrement différents, donc à l’appréhender comme un film unique à part entière.

Voilà donc ma journée finie et place à la meilleure amie de tout festival, la bière.

NIFFF 2011 - Jour 4

Pour mon quatrième jour au NIFFF je décide de ne pas me lever à de rattraper mes heures de sommeil manquantes et de laisser Damien et Quentin prendre ma place pour Terra Nova. Bon je n’ai fait que de me plaindre sur les horaires pas vraiment évidents des accrédités au NIFFF mais des fois, il y a aussi des points forts, tel que le brunch préparé spécialement pour les journalistes.

Donc après le repas, direction l’Apollo pour Wake Wood de David Keating. Pour le synopsis et une première critique du film, je vous laisse voir celle faite pour le BIFFF, mais à laquelle je ne rejoins pas entièrement : http://www.cinemafantastique.net/Critique-de-Wake-Wood-Reveil.html.On éprouve un certain plaisir à découvrir Aidan Gillen qui joue dans Games of Thrones ainsi que l’excellent Timothy Spall. Le couple joué par Eva Birthistle et Aidan Gillen nous happe vraiment dans leur malheur et nous fait parfaitement ressentir la douleur de la perte d’un enfant. Du même avis que mon collègue sur le scénario et la mise en scène, je trouve néanmoins que le film tient la route grâce au très bon jeu d’acteurs (la petite Ella Connolly donne froid dans le dos) et aussi à une très belle photographie tout au long de l’oeuvre. Je reproche en plus à la réalisation un grand nombre de Jump Scares qui n’ont pas lieu d’être, ainsi qu’une deuxième fin bizarre avec un retournement de situation entre le mari, sa femme et leur futur enfant (je reste assez vague pour ne pas tout gâcher aux gens qui prendront le temps de le voir). Wake Wood n’est de loin pas un chef-d’œuvre mais pas non plus un mauvais moment à passer surtout dans la première partie du film, qui aborde de façon fantastique la manière dont un couple gère la perte d’un enfant.

Pour mon deuxième film de l’après-midi, honneur à la Corée avec The Injust de Ryii Seung-wan. Nous suivons la descente aux enfers du capitaine Choi Cheol-gi qui sera chargé par ses supérieurs de réparer la bévue commise par la police lors d’une enquête sur un meurtre. Avec un début un peu confus qui pendant les 15 premières minutes part un peu dans tous les sens et rend une histoire assez simple sérieusement compliquée. Mais cette entrée ne gâche en rien ce qui suit. Bien ficelé, avec un twist qui tient la route, on n’a pas le temps de s’ennuyer, même si le film dure 119 minutes. Il faut dire que les scènes d’action particulièrement réussies et incroyablement fortes, rythment le récit et ne nous permettent ainsi jamais de nous lasser. Photographie impeccable, bons acteurs et un montage quasi sans faute rajoutent encore au plaisir de ce film. A ne pas louper pour les fans du cinéma asiatique.

En avant pour mon dernier film de la journée, Terra Nova d’Aleksandr Melnik. Et oui je persévère dans ma lignée des films russes, mais ça ne valait peut-être pas la peine. Terra Nova est le plus gros budget du cinéma russe jamais produit, rien qu’avec ça on attend du lourd. Et ben non !!! On suit des prisonniers débarqués sur une île isolée et qui ont de quoi survivre pour trois mois. Ils sont laissés à eux-mêmes et doivent réapprendre à vivre en société et à s’entraider. Tout commence bien avec un générique sublime et une musique qui l’est tout autant. Les prisonniers sont très convaincants et on imagine assez bien le milieu carcéral russe être aussi strict qu’à l’écran. Malheureusement, la première demi-heure passée et une fois les prisonniers laissés seuls sur l’île, les choses dérapent. Malgré de magnifiques paysages, une bonne musique et une photographie passable, le film ne décolle jamais. La post-production est juste horrible, les voix sont souvent pas synchro et le montage est trop soft pour un film de truands. L’histoire est prévisible depuis le début et les prisonniers malgré tout sont des prototypes sans surprise (même si bien interprétés), et surtout il y a tellement de blabla inutile qui rallonge le film sans fin, que l’on se réjouirait presque de la mort des convives.

Donc pour finir ma journée je suis vraiment déçue surtout que j’aime beaucoup le cinéma russe. Demain, Super, The Murderer, Dawn of the Dead et Ironclad.

NIFFF 2011 - Jour 5

Alors, mon 5ème jour va être dur, très dur. J’ai dormi un peu plus de 2 heures et grâce à mes chers collègues belges, mon téléphone a sonné à 7h30. Il y a une expression en anglais du livre d’Isaiah (non, je ne vais pas vous faire un délire croyant) qui dit « No peace for the wicked », totalement approprié pour cette semaine du NIFFF.
Donc, me voilà en route pour l’Apollo afin de voir Super de James Gunn. Mais une fois là-bas, on attend, on attend et on attend mais pas de film. En fait, on nous apprend que le film n’est pas diffusé dans ce cinéma mais au Temple du Bas, qui est un ancien temple reconverti en salle de spectacle. Petit footing matinal (sans mon café, cela a été un vrai supplice). Super retrace l’histoire de Frank D’arbo qui, quand tout part en frite dans sa vie, décide de se transformer en un justicier masqué accompagné par son apprenti, Libby. Il faut le dire, Super c’est super. On rit du début à la fin, les acteurs incarnent leurs rôles à merveille, la musique est entrainante et la photo ainsi que les effets sont parfaits. En gros, j’ai adoré. Il s’agit d’un anti-héros attachant et complètement barré qui a sa propre vision de la justice. D’ailleurs, la morale du final est très ambigüe et prête à réflexion. Il faut que je mette en avant le jeu d’Ellen Page qui est juste grandiose et totalement barrée dans sa combi en latex. Les petits moins du film résident dans le jeu toujours identique et linéaire de Liv Tyler et dans les inserts d’images de comics dans la bataille finale qui n’apporte rien au film. Kick- Ass n’a qu’à bien se tenir car Super est un challenger d’envergure.

Après avoir mangé un bout avec Damien et Quentin, nous laissons ce dernier pour rejoindre en interview William Lustig, le réalisateur de Maniac et Maniac Cop et membre du jury cette année au NIFFF. J’avais déjà eu l’occasion de le rencontrer le jour d’avant et, lors de notre interview, j’ai pu confirmer que c’est vraiment une personne adorable et qu’il en connait un paquet sur le cinéma. Après avoir donné rendez-vous à l’Apollo à Lustig pour la projection de The Murderer, Damien et moi profitons d’une courte pause pour boire une bonne bière belge. Tristement, vu mon état de fatigue, cette boisson n’était sans doute pas la plus appropriée…

Donc, me voilà un peu alcoolisée, mais surtout complètement morte devant l’Apollo pour The Murderer de Na Hong-jin. Je vais vous l’avouer d’emblée : je me suis endormie. Pas parce que c’était mauvais, loin de là, mais bien parce que le mélange fatigue, soleil et bière a eu raison de moi. Après 1h30 de lutte, j’ai donc rendu les armes. Il est donc difficile pour moi d’en faire une critique. L’histoire de The Murderer est celui d’un chauffeur de taxi qui, pour éponger ses dettes, accepte de partir en Corée pour tuer un homme et, bien sûr, rien ne se passe comme prévu. Positif en beaucoup de points, de l’image au jeu d’acteur, le film jouit d’une histoire bien écrite et mise en valeur avec un super twist. Après l’année passée et ma première rencontre avec des incroyables films coréens, cette année ne fait que confirmer que la Corée est le nouvel eldorado du genre. A ne pas manquer, même quand on s’endort.

Une heure plus tard, j’enchaîne avec Dawn of the Dead George A. Romero. Ne l’ayant jamais vu en pellicule ni sur grand écran, c’était un peu une obligation. En fait, il s’agit de Zombie, le montage fait par Agento. La séance avait lieu dans le cadre de la carte blanche d’Eli Roth qui est venu présenter le film. Je confirme pour les rares filles qui doivent lire ceci qu’il est quand même assez canon (et oui, désolée les mecs, il fallait bien que je le dise). Je ne vais pas refaire une critique du film tant il est connu, mais j’ai apprécié de la voir en pellicule et dans un cinéma, même si il n’a pas vraiment bien vieilli.
Ensuite, c’est un peu dans le stress que j’enchaîne avec Ironclad de Jonathan English, réal pour qui il s’agit du troisième film. Le métrage suit une troupe de rebelle qui essaie de défendre le Château de Rochester contre le malveillant roi John. Un long siège s’installe donc entre les rebelles et les force du roi d’Angleterre. Ce film est le plus gros budget pour une production indépendante du Pays de Galles et ils ont fait bon usage de cet argent. Des personnages crédibles très bien joués même si on pas assez, à mon gout, de connaissances sur le passé des différents protagonistes et qu’ils restent tous malencontreusement trop distants pour le spectateur. Il faut encore mettre en avant la performance de Paul Giamatti, parfait dans son incarnation du roi John, ainsi qu’une trop brève apparition mais excellente de Jason Flemyng. Une très belle photographie nous transporte sans peine dans l’Angleterre du 13ème siècle. Les scènes de bataille sont très bien chorégraphiées et le réalisateur n’y va pas de main morte au niveau du sang et de la violence, ce qui constitue donc les ingrédients parfait pour un film de ce genre. Le film n’échappe néanmoins pas à quelques défauts. L’utilisation de la shaky-cam pendant toutes les scènes de combats devient vite lassant et presque dérangeante tant son emploi est abusif. Quant à l’habituelle histoire d’amour entre le chevalier et la dame, elle n’échappe pas au cliché, avec quelques répliques bien nulles et qui ne servent vraiment à rien dans le récit. Mais, dans l’ensemble, Ironclad constitue un très bon film et English a réussi à rendre le siège d’un château dynamique et divertissant.

Cela a donc été une journée pleine de surprise qui s’est terminée aussi bien qu’elle n’avait commencé, et je sens que je vais être tout autant gâtée demain.

NIFFF 2011 - Jour 6

Pour une fois, je ne suis pas debout trop tôt vu que je n’ai qu’un seul film, Insidious, en vision de presse. Après le café obligatoire, je me dirige vers le cinéma Rex pour assister à la projection.
Pour ceux qui n’ont pas suivi ma chronique l’année passée, je suis une trouillarde de première, mais j’adore les films d’horreur. Allez savoir pourquoi, je suis peut-être un peu maso. En tout cas, me voilà calée dans mon siège, avec mes deux collègues belges qui ont un œil sur moi pour voir les sauts que je vais faire et, comme c’était prévu, j’en ai fait pas mal. Le film réalisé par James Wan mérite les très bonnes critiques à son sujet. Insidious ayant déjà été chroniqué je vais vous donner l’avis d’une fille et d’une amatrice de ce genre qui va sérieusement trancher avec celui fait précédemment : http://www.cinemafantastique.net/Critique-de-Insidious-Paranormal.html. Comme presque tout film d’horreur ces derniers temps Insidious fait appel aux terribles Jump Scares, mais, contrairement à la plupart des autres oeuvres, ils fonctionnent vraiment. Et oui, j’ai fait beaucoup de bonds mais je sais aussi que je ne suis pas la seule et que mes quelques un de mes collègues les plus endurcies en ont fait. Ce film ne cherche pas à faire dans le chichi, bien sûr il y a des faiblesses, comme notamment dans ce diable à pattes de chèvres qui n’apporte rien à la narration. Insidious cherche aussi à renouer avec des histoires plus simples et se focalise sur la tension plutôt que de s’éparpiller dans tout les sens. Le twist final est efficace et bien mis en valeur, même s’il est un peu prévisible. La tension ambiante du film est maintenue tout du long, même si le réalisateur réussi à nous faire rire avec un bon clin d’œil à Ghostbusters. Au final, c’est un très bon moment, avec de très bons effets spéciaux, une excellente musique, un bon récit et des acteurs qui tiennent la route. Le tout apporte justement quelque chose de nouveau et de simple dans le milieu de l’horreur.

Après une longue pause, je continue avec un film dans la catégorie Films of a Third Kind : Wasted on the Young de Ben C. Lucas. Ce film australien nous parle de l’abus de la jeunesse dorée australienne : drogue, alcool et viol. Et surtout ils démontrent comment des ados dans leurs microcosmes gèrent la suite des événements. Alors que pour ce film les avis divergent, il m’a beaucoup parlé ; peut-être parce que je suis une fille et que c’est un sujet qui nous touche personnellement. En tout cas on se retrouve plongé dans cet univers d’ado, sans aucun parents, monstrueusement cruel et superficiel. On a reproché à ce film d’être justement trop superficiel et ne pas assez approfondir l’horreur du vioe, mais, pour ma part, je trouve qu’il reflète assez bien le coté superficiel du monde actuel des adolescents. Le coté stylisé assez froid ne laisse pas beaucoup de place à l’émotion mais n’est pas pour autant déplaisant. Le film est souvent mis en parallèle et comparé à The Social Network, mais ce n’est pas parce qu’il y a deux grammes de texte sur l’écran qu’ils se ressemblent. Pour une fois, on suit l’histoire du viol non pas du coté de la fille mais du point de vu du garçon qui l’aime. Cela nous permet pour une fois d’avoir une version du viol d’un côté externe plutôt que de suivre l’habituel monologue interne de la victime. Je peux très bien concevoir que c’est un film qui ne va pas plaire à tout le monde, mais du point de vue de la réalisation, il mérite qu’on lui donne ça chance.

Pour finir cette journée, je vais redonner une dernière chance aux films russes. Me voilà donc dans la file pour Julenka d’Aleksandr Strizhenov, sorti en 2008 en Russie. On suit un prof nouvellement débarqué dans une petite ville russe avec toute sa famille. Dans le pensionnat où il travaille, il va vite remarquer que ses élèves sont loin d’être de petits anges. Ce film n’échappe pas aux habituels clichés russes : une mise en scène bien tapageuse (avec pas mal de scènes qui ne servent à rien), un scénario prévisible et cette insupportable habitude qu’ont les Russes de toujours de répéter les noms et prénoms des personnages en entier tout le long du film. Mais Julenka a aussi pas mal de qualités. Même avec son scénario prévisible, il est bien construit, doté une bonne photographie et se laisse voir, mais, surtout, pour une fois, on ne s’ennuie pas. Le vrai point fort du film est la jeune actrice qui incarne Julia : Daria Balabanova. Incroyablement flippante, elle tient le film presque à elle toute seule. Daria Balabanova arrive à nous convaincre sans peine qu’elle est bien une adulte dans un corps d’enfant. Une actrice à surveiller et un film qui arrive dans une bonne moyenne.

Demain journée plus que tranquille avec un seul film au programme : Mirages.

NIFFF 2011 - Dernier jour et Palmarès

Troll hunter, grand gagnant !

Comme toute fin de festival, la fatigue et la nostalgie sont au rendez-vous et c’est avec un pincement au cœur que nous nous sommes rendus, sur le coup de 12h15 voir Griff the Invisible, un film de super-héros à l’australienne. Réalisé par Leon Ford, le métrage suit Griff, un jeune homme qui a du mal à s’insérer dans la vie réelle et pour cause : le soir venu, il troque son costume de fonctionnaire contre celui de justicier masqué. Totalement en marge de la société, sa rencontre avec Melody, la petite amie de son frère, Tim, va changer à jamais sa vision de choses. Très attachant dès son entame, le film de Leon Ford développe le thème des super-héros de manière plutôt originale et s’éloigne petit à petit des standards du genre. Savoureux dans sa première partie, Griff the Invisible se change malheureusement en ensemble bien plus sérieux par la suite et fait montre d’un manque de rythme évident. Dès lors, si le tout s’avère respectable, il n’en reste pas moins une petite déception.

Après une pause dévolue à la recherche des « meilleures glaces italiennes de la région », les projections reprennent et, au Temple du Bas, c’est au tour de l’intrigant We Need to talk about Kevin de Lynne Ramsay d’être projeté. Dans une salle presque comble se transformant rapidement en fournaise, les spectateurs ont pu découvrir les relations conflictuelles entre une mère et son fils. Sans pour autant développer de pitch fantastique et souvent emballé comme un drame familial, le film fait néanmoins froid dans le dos, tant le jeu des comédiens et la mise en scène de Ramsay s’avèrent efficaces. Bénéficiant d’un certain crescendo dans « l’horreur quotidienne », We need to talk about Kevin est donc l’une des excellentes surprises du festival, déjà riche en OFNI en tout genre.

Vint ensuite Jane Eyre, projeté au Théâtre du passage, film d’époque qui , on ne sait trop comment, s’est retrouvé dans la programmation des Films of the Third Kind. Sans pour autant démériter, cette bande signée Cary Fukunaga, a pu compter sur le silence poli d’une assemblée cherchant à se mettre sous la dent quelque explication fantastique. Bénéficiant néanmoins d’une Mia Wasikowska tout simplement excellent, Jane Eyre peut se targuer d’avoir réussi à captiver une grande partie de l’assemblée.

Efnin, le grand moment des adieux arriva en grandes pompes avec la projection du Melancholia de Lars von Trier, séance surbookée et néanmoins désertée par bon nombre de spectateurs après l’annonce des décisions des différents jurys. Contraste amusant donc que ce ballet entre « entrants » et « sortants », les uns trépignant pour voir la nouvelle création de von Trier, les autres discutant simplement de l’ensemble du festival.

Vers 23 heures, c’était donc l’heure des adieux qui, comme dans tout festival, revêtent des allures d’épreuves morales. Après une semaine passée à Neuchatel, les petits belges que nous sommes eurent un gros pincement au cœur à saluer toutes leurds connaissances récurrentes avant de regagner leurs pénates. Sans « partir en frite », comme dirait notre Suissesse préférée, votre pays, il dépote à mort.

PALMARÈS :

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film : Troll Hunter

Prix Mad Movies du film le plus Mad : The Violent Kind

Prix du meilleur film asiatique : Hello Ghost

Prix Narcisse du meilleur film suisse : Evermore

Prix Taurus Studio : Employé du Mois

Méliès d’Argent (court-métrage) : Brutal Relax

Méliès d’Argent (long-métrage) : Troll Hunter

Prix Titra Film : Insidious

Prix TSR du Public : Troll Hunter

Prix de la jeunesse Denis-de-Rougemont : Wake Wood

NIFFF 2011 - Jour 7

Pour cette 7ème journée, je me limite à un film, Mirages de Talal Selhami. Déjà vu et critiqué au BIFFF par Damien (http://www.cinemafantastique.net/Critique-de-Mirages-Sous-le-soleil.html) ma vision du film est bien différente de mon collègue Belge. Pour ma part, j’ai été surprise en bien, vu les avis très partagés sur ce film. Ça fait plaisir de pouvoir voir un film de genre marocain qui arrive en même temps à traiter un élément social sérieux. Donc malgré la très mauvaise qualité de la beta, je peux très bien imaginer que les paysages sont à couper le souffle (je me réjouis d’ores et déjà de voir une meilleure copie à Sitges). Ceux et celles qui n’aiment pas les films contemplatifs, ce film n’est définitivement pas fait pour vous. Pour apprécier Mirages à sa juste valeur, il faut prendre en compte dans quelles conditions le film fut tourné, un petit budget limité, une caméra d’une piètre qualité et 21 jours de tournage dans le désert sous un soleil brûlant. En tout ceci ne fait que de rajouter à mon admiration pour ce film. Il faut le reconnaitre le grand point fort de Mirages sont les acteurs. On voit tout de suite qu’ils sont très bien dirigés mais pas enfermés dans leurs rôles. Grâce aux jeux d’acteurs presque parfaits, des dialogues qui passent du Français à l’Arabe, une histoire bien ficelée (même si des fois un peu longuette) et de très beaux plans, réussissent à faire entrer le spectateur dans un monde où les pierres sont les seuls repères et les souvenirs, nos pires ennemis. Mon seul bémol est une fin un peu longue, qui aurait très bien pu juste se conclure avec le dernier plan et pas les cinq minutes qui la précèdent. Mais dans l’ensemble pour moi une expérience très positive que je me félicite de ne pas avoir manqué et je me réjouis de voir ce que ce jeune réalisateur va faire par la suite.

Voilà déjà le dernier jour pour moi vu que je ne serai malheureusement pas préseente pour la clôture du NIFFF. C’est avec une très grande motivation que je me dirige vers le cinéma Rex pour les dernières visions de presse, et pour mon dernier jour, je vais voir du lourd.

Je commence avec Griff the Invisible, le premier long métrage de Leon Ford. Griff est un jeune homme qui travaille dans un bureau mais qui n’arrive pas à se lier avec les gens. Mais le soir venu, il se transforme en super-héros masqué pour défendre son quartier. Voilà une très très bonne surprise ! Loin des films de super-héros habituels, Griff est particulièrement touchant. Dans un univers totalement décalé, avec une B.O qui littéralement tue, Griff the Invisible est la petite perle bizarre du NIFFF. Étonnamment très bien joué par Ryan Kwanten de True Blood ainsi que les autres acteurs, le film apporte un vent de nouveauté sur les films de héros en tout genre. L’histoire très bien racontée permet de ne pas s’ennuyer et on finit par adorer ce personnage totalement atypique qu’est Griff. Décalé, drôle et touchant c’est un film qui surfe sur la vague Kick Ass sans jamais lui ressembler. J’ai envie d’en dire beaucoup plus mais j’ai peur de gâcher le plaisir que vous puissiez avoir en le découvrant par vous-même si j’en dis plus. Donc à voir sans attendre !

Le 2ème film de cette vision de presse est un film complétement dingue comme seul les japonais peuvent le faire : Underwater Love de Shinji Imaoka. De la folie totale et je sais que Damien et Quentin vous en parleront aussi. On suit Asuka une jeune femme qui retrouve son ami d’enfance Aoki mort des années auparavant et transformé en Kappa, une créature mystique japonaise mi-homme mi-tortue. Le film décrit comme un érotique musical n’est ni l’un ni l’autre mais par contre on rigole bien. C’est vraiment le genre de film à prendre au 3ème degré, voire plus et à regarder entre amis. Absolument barré, mal fait, mal joué et franchement 30 minutes trop long, même si l’histoire de base du film est touchante (un homme qui revient pour sauver la femme qu’il aime), on a bien là un OVNI japonais. On est servi en blagues et insinuations salaces, avec une scène d’amour entre une femme et un kappa juste mémorable. Bref incroyablement fou et débile mais j’adore.

Pour mon tout dernier de ce NIFFF je fais encore plus fort avec un Sushi Typhoon : Karate-Robo Zaborgar (qui, je l’ai appris à la fin, était un remake). Après Mutant Girl Squad l’année passée, j’en remets une couche, mais cette fois pas entièrement de mon plein gré vu que j’accompagne à cette projection un ami qui adore ça. Bon pour l’histoire il ne faut pas savoir grand-chose. On suit un policier dont son acolyte est un robot du nom de Zaborgar et ensemble, ils combattent le mal jusqu’au jour où Daimon le policier tombe amoureux d’une de ses ennemies. Comme Underwater Love, il s’inscrit dans un genre particulier mais dont on se lasse facilement. On rigole beaucoup au début et bien sûr comme à l’habitude de Sushi Typhoon, l’humour ne vole pas très haut mais de nouveau il est considérablement trop long. Pour les fans du genre ils vont adorer, pour ma part j’ai bien ri même si ce n’est définitivement pas mon cinéma préféré.

Voilà qui marque la fin de mon passage au NIFFF avec la patate (et oui après la frite il l’a fallait bien). J’espère que j’ai pu vous donner envie de venir nous rejoindre en Suisse ou que vous avez au moins eu plaisir à me lire… And Cute !

NIFFF 2011 - Bilan

Deux nigauds belges en Suisse

Départ à quatre heures du mat’ pour arriver à une heure décente en terre neuchateloise. Des centaines de kilomètres à avaler, du bitume luxembourgeois au macadam craquelé des départementales françaises, avec en prime deux stations de péage pour aboutir à la frontière franco-suisse et débourser les premiers 40 francs. L’envahissement, même pacifique, des montagnes helvétiques a désormais un prix. Quelques bornes plus loin, débarquement dans la rayonnante cité de Neuchatel où se déroule, une fois par an, le festival du NIFFF.

Ô surprise, le décor n’est pas totalement différent : des gens attablés sirotent la bière nationale (la Cardinal, trop aqueuse que pour soutenir la comparaison de ses homologues belges) sous un soleil de plomb (le même qu’en Belgique mais sans les nuages qui le cachent) devant un majestueux lac avec de l’eau bien bleue (comme à la Mer du Nord, si vous remplacez les eaux polluées noirâtres par des hectolitres de flotte Evian). Dans le centre-ville, une concentration de cinémas bluffante, salles perpétuelles ou anciens antres mystiques sacrifiés sur l’autel du septième art fantastique (le Temple du bas, un ancien lieu religieux, accueillait l’écran jadis dévolu à l’Open air tandis que le Rex tentait de faire oublier que les branlements de ses sièges étaient dus autrefois aux vibrations onaniques d’amateurs de porno hardcore), parfaitement reliés les uns aux autres par une ruelle sauvage abritant le Richelieu, resto-bar-à-strip-tease testé par Quentin un soir de pleine lune. Conclusion du susnommé (racine latine, les gars, vous excitez pas !), déchiré à la BFM cuivrée : « Ca valait presque autant le coup que les expériences kappa-humain d’Underwater love. »

Qualité de l’accueil suisse testé au maximum donc. Et quel accueil ! Des membres du service presse (big up pour Mylène !) au staff, en passant par le simple quidam, les sourires inondent les visages, la politesse est de mise, les autochtones étant sans doute soulagés de constater que les européens des alentours continuent de fouler le sol pavé de diamants d’une Helvétie aux tarifs extrêmement élevés. Quelques points de repères : la bouteille de 5 décilitres de coca (oui, on compte en décilitres ici) coûte l’équivalent de 2,80 euros en librairie tandis qu’une saucisse de campagne cuite au barbecue revient à 7,50. Un coût de la vie proportionnel aux salaires des travailleurs locaux qui ont majoritairement refusé l’accession à la zone euro. On les comprend ! Si les billets de francs suisses, superbement pixellisés, fondent comme peau de chagrin, les orgas du festoche ont pourtant tout fait pour soulager le porte-monnaie des festivaliers (parking du port et hôtels à tarif préférentiel et places de ciné au rabais). Parce que faudrait quand même pas l’oublier, le NIFFF est avant tout un festival de cinéma et que sa programmation contenait quelques perles inédites qui méritaient indéniablement le coup d’œil. Nous vous fournissons en bas de cet article le classement des top et des flop de l’édition, histoire de ne pas s’éterniser à citer toutes les péloches vues (une petite trentaine en tout) qui bénéficieront au cours du mois de juillet de critiques en bonne et due forme. Néanmoins, il convient de souligner les séances mémorables de ce onzième festival : la présentation de Pieces par le délirant Eli Roth, profitant de son français laconique pour séduire les nombreuses groupies prêtes à se donner corps et âme au poulain de Tarantino, la conférence du papy-boomer Herschell Gordon Lewis animée par Julien Sévéon, les projos de The boxer’s omen en 35, de L’aldila présentée par Catriona McColl, toujours aussi séduisante, ou encore de Mondo Cane par l’énergique Philippe Rouyer. Le tout entrecoupé de discussions avec des habitués du festoche auprès des tentes de l’Apollo qui resteront autant de sympathiques rencontres ; à ce sujet, il serait temps que Cyril arrête de renier ses racines belges des plus prégnantes s’il veut pas se prendre un énorme bourre-PIFFF (tiens, ça pourrait être cool comme nom pour un festival sur Paris, ça !). Dernier clin d’oeil à la classe suisse totale, la sublimissime et sympathiquissime Sophie qui, étrangement, s’exprime avec le même flux de paroles que celui en règle sur nos terres.

Sur ce, je m’en vais récupérer Quentin qui s’est clandestinement introduit dans la chambre de Richard de Sci-fi universe pour tenter d’enfanter à deux d’un site hybride et je vous exhorte à faire partie de l’aventure 2012 qui sera encore plus grandiose.

TOP NIFFF 2011

Guilty of romance

Stake land

The violent kind

The caller

Saint

Hello ghost

We need to talk about Kevin

Good neighbours

Secuestrados

Super

Balada triste de trompeta

Troll hunter

FLOP NIFFF 2011

Limah’s ghost goes home

A horrible way to die

End of animal

Hideaways

Ninja kids

Norwegian ninja

Grave encounters

NIFFF 2011 - Les avis chiffrés des chroniqueurs

Nombreuses réussites en territoire helvétique

Se déroulant du premier au 9 juillet, le NIFFF version 2011 a proposé aux festivaliers bon nombre d’œuvres. Du bon au moins bon en passant par l’insolite, Damien, Sophie et Quentin ont navigué entre les péloches toutes neuves et les rétros complètement jouissives. Focus sur les avis chiffrés de tous les films vus à Neuchâtel.

Films Sophie Damien Quentin
Film d’ouverture /5 /5 /5
Hideaways 1,5 1,5 1,5
Compétition internationale /5 /5 /5
End of Animal - 2 1,5
Griff the Invisible 4,5 2,5 2
Insidious 4 3 2,5
Mirages 3,5 1 1,5
Saint - 2,5 3,5
Stake Land 4 3,5 1,5
The Caller - 3 4
The Violent Kind - 3 3
Todos tus muertos - 3 2,5
Troll Hunter - 3 4
Urban Explorer - 2,5 2
Wake Wood 2,5 1 1
New Cinema from Asia /5 /5 /5
Guilty of Romance 3,5 4,5 3,5
Hello Ghost - 3 3,5
Limah’s Ghost goes home - 1 0
Night Fishing - 3 2,5
Operation Tatar - - 3
Red Eagle - 3 3
The Unjust 4 - -
Underwater Love 1 2 3
Ultra Movies /5 /5 /5
Grave Encounters - 1,5 1
I saw the Devil - 4,5 5
Karate-Robo Zaborgar 0,5 3 3
La Traque - 2 -
Ninja Kids !!! - 2,5 2
Norwegian Ninja - 1,5 1,5
Secuestrados - 3 2,5
Films of the Third Kind /5 /5 /5
A Horrible Way to Die - 2 1,5
Balada Triste de Trompeta 3,5 3 4
Good Neighbours - 3,5 3,5
Ironclad 4 - -
Jane Eyre - 3 NC
Super 4,5 3,5 5
The Murderer 3,5 - -
Wasted on the Young 3,5 - 2
We need to talk about Kevin - 3,5 3
Rétrospectives /5 /5 /5
Mondo Cane - 3,5 4,5
Blood Feast 3,5 - -
Dawn of the Dead 3 - 5
L’Au-Delà - 4 4,5
Pieces - 2 3
From Russia with Screams /5 /5 /5
Julenka 2,5 - -
Terra Nova 1,5 - -

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