Le Festival Européen du Film fantastique de Strasbourg

Les courts européens qui cartonnent

Courts mais bons

Arbeit für alle (Full Employment)

Allemagne – 2008 – Mockumentary/Gore – 12’

Director :Thomas Oberlies et Matthias Vogel

Sous forme de documentaire télévisé, ce court allemand présente une entreprise qui emploie des jeunes afin d’accompagner des seniors dans leur travail. La caméra suit donc une journée ordinaire d’un employé qui s’en va aider une septuagénaire. En apparence, rien de bien dérangeant ni original. Or les choses tournent différemment quand on réalise qu’ils s’occupent du dégommage de zombies dans une entreprise…

Tourné à la dérision et au troisième degré, Arbeit Für Alle est une belle surprise, dix minutes de pure rigolade dans une ambiance totalement décalée et très do it yourself, à croire qu’on a affaire à des employés de bureau qui s’emmerdaient sacrement et décidèrent de se transformer en zomblards pour s’occuper ! Un bon coup de cœur, joliment gorasse et décalé.

Brother’s Keeper

The Netherlands – 2008 – Horror – 15’

Director : Martijn Smits

Les rapports entre deux frères ne sont pas toujours faciles, et ce particulièrement quand l’un est beau et a du succès auprès des femmes, tandis que l’autre vit reclus dans une cave afin de dissimuler sa difformité. Présenté avec une ambiance très proche de celle des Contes de la Crypte, le court de Martijn Smits fait dans le classique, mais reste efficace. Une version quelque peu remasterisée de la Belle et la Bête, version new-age, avec le dit monstre portant le doux nom de… Romero ! Le make up de ce dernier est particulièrement réussi, tout comme les effets sanglants. Du travail soigné, avec une préférence pour les derniers plans après la vengeance de celui qui se révèle être bien plus humain que ne le sous entends l’apparence…

Devil’s Wedding

UK – 2009 – Fantasy/Comedy – 14’

Director : Dan Cadan

Le diable va se marier. Il a jeté son dévolu sur une sorcière au charme diabolique et au caractère bien trempé. Mais il n’a pas d’invités car il a oublié d’envoyer les invitations, sa chère et tendre est furieuse contre lui. Il se met encore plus dans le pétrin quand il fait un pacte avec le réceptionniste de l’hôtel afin que celui-ci lui fournisse des hôtes… Tourné dans une ambiance très proche de celle des nouvelles d’Edgar Allan Poe, Devil’s Wedding use de la langue de Shakespeare avec talent, en transformant les dialogues en une poésie constante, les personnages se donnant la réplique en versifiant leurs paroles. Et il faut avouer que Satan a une beauté particulièrement diabolique, avec sa chemise pâle et sa cravate rouge sang, qui lui donnerai presque les traits d’un vampire (Edward Cullen, sort de ce corps…), tout comme son épouse ! Sans oublier le projectionniste, dont la peur tourne bien vite au délire démoniaque suite au don de l’âme du diable… A réserver aux fans d’ambiance gothique et lyrique, mais à ne pas rater !

El Ataque de los Robots de Nebulosa-5

Spain – 2008 – Sci Fi – 7’

Director : Chema Garcia Ibarra

L’attaque des robots de la planète Nebulosa 5 est imminente. Une seule personne est au courant mais personne ne l’écoute. Du coup, il reste assis dans son parc à attendre l’arrivée des aliens, quand il ne se déguise pas en extra-terrestre fait en carton pâte ou dessine ses futurs envahisseurs pour effrayer sa môman. Première déception des courts métrages. Au vu des nombreux prix récoltés par Chema Garcia Ibarra, il était normal de s’attendre à une œuvre d’art miniature. Mais à vrai dire, c’est comme se balader dans un musée d’art moderne : on comprends rien, on regarde des traits dignes d’un enfant de cinq ans mais on appelle ça de l’art quand même. L’idée du court est bonne, mais la manière de la mettre en scène est des plus fades. Pas de rythme, rien qui accroche, pas de chute. L’électrocardiogramme est ultra plat, et c’est particulièrement dommage.

Le Petit Dragon

Swiss/France – 2009 – Animation/Kung Fu – 8’

Director : Bruno Collet

L’esprit du dragon pénètre à l’intérieur de la figurine de Bruce Lee détenue par un fan de kung-fu. Elle ne va pas tarder à s’animer et va devoir affronter de redoutables adversaires ! Assez énorme comme court. Ca ne dure pas même dix minutes, mais mon Dieu, ce que c’est excellent ! Voir une figurine en mousse de Bruce Lee se castagner contre un robot à bras articulé, sans dialogues mais régulièrement ponctué des cris de guerre de l’asiat’, c’est du pur bonheur, de quoi bien se fendre la poire. Difficile de ne pas se sentir atteint par ces quelques minutes de délire, et de ne pas passer le générique de fin sans pousser un petit cri de combat…

Maquetas (Miniatures)

Spain – 2009 – Sci Fi/Drama – 3’30

Director : Carlos Vermut

Trois personnes sont interviewés au sujet d’un tragique accident où ils ont tous perdu un être cher. Un documentaire façon Striptease qui, à l’image de Arbeit Für Alle, se révèle être totalement décalé, avec une bonne chute. En effet, chacun personne témoignant a en fait été victime… d’un monstre géant à la Godzilla ou King Kong. Et oui, c’est bien beau de vouloir visiter Manhattan (cela dit, dans le cadre de Maquetas, ce serai plutôt Madrid…), mais évidemment, quand on dispose de grosses pattes et de nageoires caudales bien dimensionnées, il faut songer à faire attention dans les virages, les infrastructures humaines n’étant hélas pas adoptés aux varans mutants et autres joyeusetés radioactives. Si Cthulhu avait décidé d’être de la partie, le délire aurai été total. Et il est loin d’être faiblard !

The Knot (Liten Knute)

Norway – 2009 – Comedy/Fantastic – 13’

Director : Kjersti Steins

Kåre est né avec son cordon ombilical relié de manière permanente à sa mère. Ils vivent en présence l’un de l’autre de manière permanente. Une sorte de Tanguy à double sens, où les deux personnages ne peuvent ni ne veulent se quitter. L’adolescence est délicate, et oui, comment fumer ses joints et débuter une vie sexuelle avec maman à côté ? Mais malgré tout, fils et mère restent très intimement liés, complices jusqu’au bout, et ce par ce cordon ombilical que même la scie circulaire ne parvient pas à trancher ! Une des rares comédies du paquet ce courts européens présentés au festival, une petite fable qui se finit par le partage éternel entre la mère et le fils, qui finit par s’installer dans une cabane aux côtés d’elle dans le cimetière, quand elle finit par mourir… Drôle mais léger.

Undead Union : The Making Of

UK – 2008 – Gore/Comedy – 10’

Director : Jamie Stanton

Comme l’indique le titre, ce court se révèle être un making of d’un film de zombies avec évidemment une star féminine particulièrement sexy, un premier rôle masculin très rock’n’roll, et un réalisateur qui pète les plombs. Une ambiance bien portée sur les blagues salaces (avec une balade finale à la guitare qui ferai pâlir bien des chansons paillardes…), le sexe et les répliques cultissimes dignes de la pire des séries B. Et, cerise sur le gâteau, le court se finit avec LA BANDE ANNONCE de Undead Union : du pur délire grindhouse, pellicule de mauvaise qualité et gros calibres à l’appui. Suis-je la seule à avoir vue une allusion à Machete lorsque le héros menace un zombie de son fusil à pompe en contre plongée ?

Virtual Dating

Belgique – 2009 – Horror – 10’

Director : Katia Oliver

Une jeune femme en manque d’amour trouve son bonheur en achetant un robot « Prince Charmant ». Il réalise tout ses fantasmes jusqu’au jour où la machine devient incontrôlable et se transforme en son pire cauchemar… Du coup, il ressemble davantage à un T800 qu’à une reproduction version humaine de Wall-E ! L’idée ne manque pas d’originalité, une variante féminine du vagina dendata peut être… A quand le rébellion du godemiché ? Il en existe d’ailleurs une version soft joliment nommé Le petit ami vibromasseur !

CHRONIQUE - Esther

Présenté hors compétition à l’ouverture du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, et ce en première française, le film de Jaume Collet-Serra plonge directement dans une ambiance teintée de psychose enfantine mais bien plus tordue qu’on ne l’imagine. Si la jeune Esther apparaît, au premier abord, comme étant une petite fille particulièrement attachante et mûre, il se trouve que sa personnalité est plus proche du miroir éclaté en morceaux que de celle des habituelles mômes en crise d’identité, se prenant pour une princesse ou une star de la chanson. Bien des mystères se cachent sous ces robes à froufrous, ces rubans très old-school et ces discours particulièrement précoces, qui ne manquèrent pas de toucher la mère, interprétée par Vera Farmiga. Personnage central, elle demeure touchante tout au long du film, de par sa fragilité sous-jacente et la hargne avec laquelle elle s’acharne à prouver à son entourage que quelque chose cloche avec la nouvelle venue…

Si les films d’enfants démoniaques vous troublent ou vous perturbent, passez votre chemin, car Esther offre au public deux heures d’une tension délectable, qui monte crescendo, et ce grâce à la prestation d’Isabelle Fuhrman, littéralement hallucinante dans le rôle de l’orpheline, manipulatrice à souhait, emmenant dans son jeu enfants comme adultes. Son arrivée brise progressivement le tableau idyllique de la famille unie, qui va au-delà des épreuves (la toute jeune cadette est sourde-muette, Kate est une ancienne alcoolique qui peine à faire le deuil de son enfant mort-né) et cherche à étendre son bonheur en ouvrant ses bras à un troisième enfant. Une étape qui fut délicate à passer pour Kate, poursuivie par sa crainte d’être une mauvaise mère, et par son douloureux passé qui ne manque jamais de remonter à la surface au mauvais moment, évidemment…

Malgré des jeux de caméra pour détourner les plans habituels suscitant sursauts ou angoisse (la porte qui se referme ou le personnage qui se baisse et laisse entr’apercevoir le boogeyman, les jeux de cache-cache), Esther reste un film au spitch relativement classique et peu innovant, l’histoire de l’enfant psychosée pour on ne sait quelle raison (je ne spoilerai pas, mais le twist du film est particulièrement tordu !) étant reprise plus d’une fois. Cependant, il mérite largement d’être vu, ne serait-ce que pour le jeu d’Isabelle Fuhrman, dont les traits semblent s’assombrir et se creuser au fur et à mesure que sa véritable identité se délivre au public. Bien que Jaume Collet-Serra joue davantage dans la suggestion que dans le gore tape-à-l’œil, angoisse par de simples ralentis, des tendances à jouer au chat et à la souris… Sans compter une scène finale relativement glauque où la gamine tente de se faire son père… Tout comme une référence plus que probable au Shining de Stephen King, où Esther se brise le bras dans un étau pour faire croire que sa mère (ancienne alcoolique comme Jack Torrance !) l’a grièvement blessé lors d’une dispute qui tourna mal. Désirer faire des gosses après un tel film tient certainement du masochisme.

Un film jouant sur les mythes de l’enfant détruisant mentalement et physiquement ses parents, au pitch improbable et tordu, mais un bon moment en perspective.

CHRONIQUE - Trick’r’treat

Diffusé en clôture du FEFFS, Trick’r’Treat est le genre de bobine littéralement jouissive pour le spectateur féru de cinéma d’horreur, puisqu’elle se base sur un des mythes fondateurs de la culture bis : Halloween. Jouant les clichés pour mieux les détourner, le film de Michael Dougherty insuffle une énergie nouvelle à un pitch pourtant ultra-classique et repris des centaines de fois. Ici, pas de psycho-killer masqué à la Mike Myers, le boogeyman principal étant plutôt considérable comme un lointain cousin du Leprechaun, les trèfles en moins.

Si l’action se déroule dans les environs d’une même ville, celle-ci ne s’axe pas autour d’un unique personnage, mais d’une dizaine de personnes aux vies et aux attitudes totalement opposées, qui finiront cependant par se retrouver de manière fortuite dans des situations dignes des meilleures histoires des Contes de la Crypte. Le mot est donné dès le générique, qui rappelle celui du particulièrement original Repo ! The Genetic Opera pour son atmosphère très comic book : Trick’r’Treat est une véritable bande dessinée, ancrée dans le fantastique jusqu’à la moelle. S’il débute par la mise en scène d’une angoisse assez classique, à savoir celle du jeu du chat et de la souris, il se trouve que chaque histoire se voit dotée d’une fin plus ou moins barrée.

Dans cette ville paisible où tout le monde semble festoyer et s’amuser, il y a un bon nombre de personnes qui ne partagent pas cette bonne humeur. Il y a les vieux aigris, les jeunes blasés et ceux qui sont carrément lassés par le folklore, ne respectant aucun des rituels, soi-disant élaborés dans le but de protéger la populace des démons en liberté. Et si les générations précédentes étaient bien plus ouvertes à ces principes, les nouvelles s’en foutent carrément… et tout finit par leur tomber dessus. C’est l’enjeu même du film de Michael Dougherty. Sous des allures de teen-movie, la nuit d’Halloween devient l’occasion rêvée pour picoler, occuper sa nuit… sans compter les intentions moins innocentes !

Si, évidemment, un croque-mitaine se faufile dans la foule pour faire couler du sang de pseudo vierge, non factice cette fois-ci (petite pensée pour Thanksgiving, le trailer fake d’Eli Roth), les créatures qui profitent de l’occasion ne sont pas de simples métaphores, et, à la différence de leurs imitateurs, savent se montrer plus discrètes, mais non moins efficaces ! De cette idée résultera une scène surprenante et délurée, où loups-garous et vampires ôtent leurs « robes » de soirée pour se tailler un steak, dans une ambiance très proche du Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez. Et rien que pour ce putain de plan totalement décalé, le film mérite d’être vu !

Comment faire un film sur Halloween sans aborder les mythes urbains et autres racontars à narrer au coin du feu ? Michael Dougherty a revisité de fond en comble la fête de Jack’O’Lantern, nous servant également une histoire d’enfants attardés tués par le chauffeur d’un bus. Et ce ne sont pas les quelques ados avec leurs citrouilles qui réussiront à les apaiser… Bien au contraire, ce deviendra l’occasion rêvée pour orchestrer leur retour, épaulés par une bestiole farfadesque qui n’hésitera pas à sévir plusieurs fois…

Trick’r’treat est une sorte de film-labyrinthe, chaque cliché et chaque personnage ouvrant sur une nouvelle histoire, qui se recoupe dans une autre, et ce via un astucieux procédé de changement de point de vue. Le genre de série B qui permet de passer un bon moment, et qu’on regrette de ne pas voir en salle plus souvent, car étant certainement autant appréciable par un fana du genre qu’une personne moins excitée par le genre.

CHRONIQUE - The Children

Deux couples partent pour les fêtes de Noël avec leurs cinq enfants, quatre bambins et la grande sœur en pleine crise d’adolescente tendance gothique. Dans une maison de campagne idyllique, les enfants réclament de plus en plus d’attention pour que les parents jouent avec eux. Alternance de pleurs et de consolation, de cris et de rires, jusqu’à l’accident, ou plutôt ce que les parents croient être un accident…

Attention, événement ! Dans la lignée des films d’horreur sur les enfants maléfiques tels que Damien : la malédiction ou Les Révoltés de l’An 2000, le réalisateur anglais Tom Shankland nous offre, après WAZ, thriller horrifique dans la lignée de Saw, une bobine faisant passer la soit-disant pureté de l’enfant pour utopique en mettant au centre de l’action une sauvagerie immaculée et inattendue, ne semblant présenter aucune frontière…

Si, pour vous, les films d’infectés sont synonymes de créatures zombiesques, visages blafards et yeux injectés de sang, vous allez devoir revoir votre définition avant de visionner The Children. L’atmosphère horrifique que propage le film de Tom Shankland va de paire avec la frappante dichotomie entre la barbarie des meurtres et la pureté apparente de ceux qui les commettent. Si les occupations initiales des enfants paraissent innocentes au premier abord, elles deviennent progressivement empreintes d’une touche perturbante, qui tourne rapidement au malsain. Crayon planté dans l’œil, luge jetée avec puissance dans les tibias, poupée profondément enfoncée dans les tripes, rien ne semble avoir de limites pour les quatre marmots qui semblent davantage dignes d’une création diabolique que d’une publicité haut en couleur pour Benetton.

Les causes du brusque changement comportemental des enfants restent relativement obscures : les quelques plans de germes et de cellules infectées laissent sous-entendre une contamination virale. « Paul Andrew Williams (NdlR : scénariste et metteur en scène de Bienvenue au Cottage) avait écrit un script traitant du passage d’une comète, et de l’arrivée d’aliens sur Terre. » déclare Tom Shankland. « Ils auraient créé des embryons qu’ils auraient implantés dans les enfants. Ces derniers ayant une immunité plus faible que celle des adultes, ils seraient donc devenus des sortes de zombies, et auraient commencé à tuer leurs parents. » Pourtant, nulle présence d’extra-terrestres ou autre créature from outer space. Ici, l’horreur est belle et bien réelle, davantage proche d’un soudain revirement schizophrénique que de la science-fiction. « J’aimais l’idée des enfants tueurs plutôt que celle des morts-vivants et des météorites. Je voulais quelque chose de plus réaliste, je savais que ça serai plus effrayant si ça restait dans une atmosphère plus familière, sans explication. Il y a pas mal d’allusions au film Les Oiseaux de Hitchcock. Ce que j’aime, c’est qu’on ne sait jamais vraiment d’où vient le mal qui touche les oiseaux, c’est irrationnel. »

Se déroulant en huis-clos, la cellule familiale se trouve fissurée et torturée jusqu’à l’implosion. Symbolique de pureté, le décor hivernal révèle finalement que la blancheur de la neige se dégrade au contact du sang, tout comme la candeur apparente des bambins. « Dès le moment où j’ai décidé de tourner le film dans la neige, j’ai eu envie d’en faire une métaphore de la violence cachée sous l’innocence. J’aimais cette idée de vouloir jouer avec l’idéalisation des enfants dans la société actuelle. On se sent facilement mal à l’aise quand on songe à la sauvagerie dont ils sont capables s’ils ne sont pas éduqués. » C’est d’ailleurs en dehors de la maison que se dérouleront les premiers évènements, taxés « d’accidents » par les parents, qui ne pensent pas une seconde à remettre en question la responsabilité de leurs rejetons. Comme dans Les Révoltés de l’An 2000, du réalisateur espagnol Narciso Ibanez Serrador, une question revient sans arrêt au cours du film : qui peut tuer un enfant (le titre original du film espagnol étant d’ailleurs ¿Quien puede matar a un nino ?) Incapables de voir la réalité en face, les adultes iront même jusqu’à accuser Cassie de leur étrange comportement. Adolescente rebelle, elle se dit « rescapée » de l’avortement, arborant le tatouage d’un fœtus au niveau du nombril, se démarquant des adultes de par son comportement, et des enfants de par son âge. Si elle ne semble proche d’aucun d’entre eux (excepté de son oncle pour qui elle semble avoir le béguin), c’est vers sa personne que se tourneront les premiers reproches. Il faudra attendre que le cercle familial se resserre progressivement pour que les parents cessent de nier la dure réalité : dès que les attaques commencent à se dérouler dans le sein même du cottage, il ne leur restera plus qu’à faire face à la situation, laissant l’horreur s’immiscer librement dans leur conscience. Pamphlet anti-avortement ou rébellion de l’enfant-roi ? Tom Shankland laisse planer le doute, préférant laisser à chacun sa vision de la chose, plutôt que de chercher à tout prix à justifier faits et gestes.

Le rapport qu’entretient le film de Shankland avec l’horreur est le fruit d’un travail ingénieux entre l’image, le son et les situations classiques habilement détournées. A l’instar du film de Narcisco Ibanez Serrador, The Children se déroule uniquement de jour. Si les plans extérieurs sont lumineux voire éblouissants (la neige pose bien des soucis du point de vue de l’éclairage d’une scène), ils font ressortir avec talent la montée d’une tension qui se fait de plus en plus palpable, véhiculée par de très brefs inserts d’yeux crevés et de corps éventrés. A ce sujet, le réalisateur dit : « J’avais l’idée d’alterner les points de vue. […] Lors du dîner de Noël, les enfants ont une sorte de flash sur ce qui va arriver. Je voulais que le public soit proche de leurs pensées, pour ressentir leur évolution. D’autre part, dès le moment où j’ai su qu’il y aurait cette scène où Rachel Shelley se prend un crayon dans l’œil, j’ai pensé que placer de courts plans sur des yeux aurait amené le public à penser, inconsciemment, à l’œil et à sa vulnérabilité ! » Une méthode qui se révèle particulièrement efficace ! D’autre part, The Children ne tranche pas totalement au niveau du comportement des marmots, faisant aisément passer une crise d’hystérie pré-massacre pour la turbulence propre aux gosses, lors de la scène du repas notamment. La bande-son se résume principalement au parallèle entre le bruit (rires cristallins des enfants, hurlements des parents) et la quiétude (bruit feutré des pas sur la neige, soufflement du vent, silence). A première vue, cela passerait aisément pour un détail, mais The Children est un film qui réveille les plus simples angoisses aussi bien que les instincts primitifs.

Oscillant entre innocence et monstruosité, les enfants jouent dans le film de Shankland des tueurs plus efficaces que n’importe quel croque-mitaine, oeuvrant dans une bobine brève (85 minutes) mais diablement efficace.


L’INTERVIEW DE TOM SHANKLAND

"C’est vraiment une bonne chose que ce film soit projeté en France. Comme ça vous pouvez tous avoir une idée de la manière dont se déroulent les vacances en famille en Angleterre. Aucun enfant n’a été blessé durant le tournage de ce film. Par contre, ce sont peut-être les parents qui ont été marqués à vie…"

Avez-vous une dent contre les enfants ?

J’ai beaucoup d’amis qui ont des enfants. C’est une sorte de revanche vis-à-vis de mes amis, en fait. Ils m’ont emmené aux anniversaires de leurs gosses. Ca criait de partout, ils donnaient des coups, vomissaient… Les parents disaient toujours « c’est pas grave, ils sont juste un peu fatigués ! » Une fois, je suis parti en vacances avec ces amis-là, et l’un d’entre eux, père de famille, avait organisé un jeu compétitif avec les enfants. Un des adultes a triché pendant le jeu, et une fille a piqué une crise d’hystérie, c’était vraiment effrayant. Et l’explication du père était la suivante : « Diana a un fort sens de la justice ! » Mais non, en fait c’est juste une petite peste !!

Rachel Shelley est une actrice que l’on voit assez peu en France, et qui ne semble pas prédestinée à ce genre de films… Qu’est-ce qui vous a amené à la choisir ?

Je ne connaissais pas Rachel Shelley auparavant. Je savais qu’elle était en tournage à Vancouver, alors je lui ai envoyé un DVD. J’avais aussi appelé une actrice, que je ne nommerai pas, avec qui j’avais travaillé, et qui, au premier abord, semblait être une maman poule. Je me suis rendu compte qu’en fait elle était complètement folle ! Rachel Shelley était vraiment belle, chaleureuse. Beaucoup d’actrices lui ressemblent. On les fait tourner dans des films historiques, avec de beaux costumes, et c’était là l’occasion pour Rachel de faire quelque chose de totalement différent. Par contre, elle a commencé à avoir peur de la fille qui jouait Léa. Quand celle-ci a entendu qu’elle devait jouer une scène où elle mettait un crayon dans l’œil de Rachel, elle n’arrêtait pas de faire ça pendant le déjeuner (il répète le geste d’une main qui plante un objet pointu dans quelque chose), et ce dès qu’elle la voyait. C’était une petite fille très gentille, elle ne disait pas grand-chose durant cette période. Au début c’était marrant, mais à la fin Rachel avait vraiment peur…

On pourrait presque considérer votre film comme étant contre l’avortement, dans un sens ! Il y a le cas de Cassie, son tatouage, le fait qu’elle se déclare comme étant une « rescapée », et sa mère qui finit par se faire attaquer par le fruit de sa chair… Les enfants qui apparaissent dans le plan final seraient-ils le symbole de la vengeance de toutes ces vies ôtées par leur propre génitrice lors de l’avortement ?

Pour moi, cette histoire entre le tatouage et l’avortement n’est qu’un détail du film, comme je l’ai dit précédemment. Mais j’aime le fait que chacun l’interprète différemment !

Est-ce difficile de tourner avec des enfants et d’inverser l’image classique de leur innocence ?

Les enfants savent parfaitement faire la différence entre la fiction et la réalité. Je ne leur ai pas donné la script, mais la plus âgée l’a lu et a raconté toute l’histoire aux autres ! Nous avions vraiment peur qu’ils soient choqués, mais en fait ils ont adoré, et ils avaient hâte de tuer les adultes ! Cela ne leur posait pas le moindre souci. Au début, ils avaient des doutes quant au réalisme de leur jeu, ce n’était pas convaincant. Pour moi, c’est comme travailler avec un adulte. Il y a toujours cette recherche de naturel.

Comment avez-vous choisi tels enfants plutôt que d’autres ?

C’était un peu comme Pop Idol, ou des émissions de ce genre… On a fait des centaines et des centaines d’auditions avant de trouver ces quatre fabuleux enfants. Nous recherchions une véritable force, qu’ils ne prennent pas trop la situation au sérieux, mais qu’ils comprennent que ce n’était qu’un jeu. Les jeunes acteurs du film ont d’ailleurs commencé à tourner leur propre version de The Children durant le film, qui est bien plus violente que la mienne !

Dans un genre un peu différent, il y a Eden Lake, du réalisateur anglais James Watkins. Qu’en avez-vous pensé ?

Je l’aime beaucoup. C’est un peu différent, vu que les acteurs sont plus âgés. Eden Lake est très ancré dans la réalité. The Children est plus fictionnel, mais il est vrai que plusieurs films sur le même thème sont sortis en même temps.

The Children est assez proche d’un film de zombies, les enfants ayant été touchés par un virus d’origine inconnue. Mais si on retourne en arrière, on remarque que le fond de l’histoire d’un film de morts-vivants est souvent celui d’une critique de l’univers contemporain du réalisateur. Par exemple, Zombie était une satire de la société de consommation. Avez-vous le sentiment d’avoir ajouté une pierre à l’édifice avec The Children, qui pourrait être perçu comme une critique de l’enfant roi ?

Je ne sais pas si c’est aussi le cas en France, mais en Grande-Bretagne, il y a beaucoup de programmes de reality-show comme Super Nanny, qui donnent des conseils pour éduquer des enfants. Bien que je n’en aie pas, j’adore cette émission. Un film comme Les Révoltés de l’An 2000 représente bien notre obsession vis-à-vis des enfants, et notre tendance à vouloir expliquer leur violence. Mais c’est le comportement des parents qui m’intéresse et m’interpelle. On pourrait presque dire que leurs névroses sont représentées par ces rejetons monstrueux.

Il y a beaucoup de gros plans sur des yeux dans votre film… Y a-t-il une signification particulière ?

A vrai dire je pense qu’il y a deux explications. Tout d’abord, pendant que je tournais, j’avais l’idée d’alterner les points de vue, entre celui des enfants et celui des adultes, qui doivent faire face aux évènements. Lors du dîner de Noël, les enfants ont une sorte de flash sur ce qui va arriver. Je voulais que le public soit proche de leurs pensées, pour ressentir leur évolution. D’autre part, dès le moment où j’ai su qu’il y aurait cette scène où Rachel Shelley se prend un crayon dans l’œil, j’ai pensé que placer de courts plans sur des yeux aurait amené le public à penser, inconsciemment, à l’œil et à sa vulnérabilité !

Au niveau des scènes de meurtres, on ne voit pas vraiment les enfants assassinent les parents. Par contre, quand c’est l’inverse, les plans sont beaucoup plus clairs et directs. Est-ce une volonté que de ne pas montrer la violence des enfants ?

Je n’ai pas un problème moral concernant le fait de montrer des enfants tuer des adultes. Je pensais seulement que la différence de taille entre les deux ne serait pas très effrayante. Le public serait toujours en train de penser qu’il suffirait d’un revers de main et l’affaire serait réglée ! Les enfants devaient assassiner les adultes d’une manière assez créative, les manipuler afin de les pousser à se sacrifier plutôt que de commettre un meurtre. Ce côté suggéré est assez délibéré. Durant le film, quand les adultes tuent les enfants, c’est toujours par accident. Je voulais amener les spectateurs à désirer ardemment leurs morts. En Grande-Bretagne, quand j’ai projeté le film pour la première fois, il y a eu des applaudissements dans la salle ! J’aimerais que le public dise : « Oui, tuez le monstre ! » Mais en fait ici ce sont les enfants, ces monstres ! Dès que les jeunes acteurs ont appris qu’ils devaient tuer les adultes, ils ne tenaient plus en place. Ils avaient vraiment hâte de tourner ces scènes !

N’avez-vous pas eu la crainte de voir votre film censuré ?

Nous en avions peur, mais en Angleterre il a seulement été interdit aux moins de quinze ans ! Si on avait tué des animaux, ça aurait été moins de dix-huit ans, mais apparemment en Angleterre, ça ne les dérange pas de tuer les enfants… (rires) Nous préférions faire un film intelligent, avec beaucoup de suspens, plutôt qu’un film d’exploitation… Je savais dès le début que je ne voulais pas montrer trop de violence.

La plupart des scènes de violences se déroulent en dehors du cadre familial : dans la forêt, la neige… Est-ce une manière de montrer le lien qui existe entre la sauvagerie de la nature et celle des enfants, avant qu’ils ne soient éduqués ?

Dès le moment où j’ai décidé de tourner le film dans la neige, j’ai eu envie d’en faire une métaphore de la violence cachée sous l’innocence. J’aimais cette idée de vouloir jouer avec l’idéalisation des enfants dans la société actuelle. On se sent facilement mal à l’aise quand on songe à la sauvagerie dont ils sont capables s’ils ne sont pas éduqués. Mais il y a aussi le fait que les adultes dénient, inconsciemment, ce qui se passe. A la fin du film, la violence arrive au sein même de la maison, alors qu’auparavant, elle était à l’extérieur, dans le paysage. A partir de cet instant, ils ne peuvent plus refuser ce qui se passe, ou dire que c’est de la faute de Cassie. Ca pénètre vraiment dans leur conscience, et ils doivent finalement faire face à ce qui se passe réellement.

Comment s’est déroulée votre collaboration avec Paul Andrew Williams, le scénariste et réalisateur de Bienvenue au Cottage ?

Paul avait un script intitulé Miria, qui est un anagramme du nom d’un célèbre metteur en scène américain. Il s’agissait, à l’origine, d’un scénario mettant en scène le passage d’une comète, et l’arrivée d’aliens sur Terre. Ils auraient créé des embryons qu’ils auraient implantés dans les enfants. Ces derniers ayant une immunité plus faible que celle des adultes, ils seraient donc devenus des sortes de zombies, et auraient commencé à tuer leurs parents. J’aimais l’idée des enfants tueurs plutôt que celle des morts-vivants et des météorites. Je voulais quelque chose de plus réaliste, je savais que ça serait plus effrayant si ça restait dans une atmosphère plus familière, sans explication. Il y a pas mal d’allusions au film Les Oiseaux de Hitchcock. Ce que j’aime, c’est qu’on ne sait jamais vraiment d’où vient le mal qui touche les oiseaux, c’est irrationnel. Je trouvais que Miria était un titre ridicule, ça faisait trop Disney. Nous avons donc décidé de le renommer The Day. Le public-test aimait beaucoup le film mais détestait ce titre. J’y tenais, mais on a finalement décidé de suivre le conseil du producteur, qui nous disait de le changer. Paul m’a permis de réécrire le scénario. J’ai toujours d’excellentes relations avec lui, et c’est d’ailleurs un excellent metteur en scène.

Avez-vous d’autres projets en tête ?

Oui, j’en ai quelques-uns ! Une de mes idées serait, qu’à chaque film, il y ait une personne de moins qui meurt. Au final, j’en arriverais à réaliser des comédies… Donc dans mon prochain film, il n’y aura qu’une personne qui mourra ! Mais ça restera effrayant, avec du suspens…

(Propos recueillis et traduits par Metzgerin)

CHRONIQUE - Triangle

Jess, mère d’un enfant autiste, confie son fils à une baby-sitter et décide de passer la journée à faire de la voile avec des amis. Mais dès le départ, elle se sent mal à l’aise et anxieuse pour des raisons qu’elle ne peut expliquer. Quand le bateau se retourne après une violente tempête, le groupe réussit à monter sur un navire qui passait par là. Une fois à bord, ils se rendent compte que le navire est pratiquement désert, et le groupe se trouve coincé dans un vortex de violents évènements qui défient notre notion du temps et de l’espace. Seul Jess comprend ce qui passe réellement… enfin presque.

Après s’être attelé à la réalisation d’un survival bien rodé et d’une comédie horrifique gavée à l’humour noir, Christopher Smith nous offre son troisième film, Triangle, bobine bien différentes de ses deux autres créations, car ne s’apparentant à aucune logique narrative classique. Les vingt premières minutes ne présentent pas d’ambiguïté particulière. Jess (Melissa George vue dans 30 Jours de Nuit) est une jeune mère vivant seule avec son fils autiste. Alors qu’elle arrive au port, ses amis trouvent son comportement étrange : elle-même ignore pourquoi ses pas l’ont amené à cet endroit, ne semblant initialement pas projeter de rejoindre ses amis pour faire de la voile durant le week-end. L’arrivée du paquebot, perdu en pleine mer, semble être l’occasion rêvée de quitter leur navire qui s’est retourné après une violente tempête. Il deviendra l’élément central du film, doté d’une aura particulièrement étrange. A l’image de l’hôtel de Shining, il est totalement vide, ses couloirs et sa salle principale rappelant étrangement celles chères au livre de Stephen King, adapté sur le grand écran par Stanley Kubrick. Cet intriguant bateau semble lui aussi abriter un esprit maléfique, qui se révèle n’être qu’une représentation des troubles qui perturbent Jesse.

En effet, la personne qui les poursuit, elle et ses amis, ne se révèle être qu’elle même, entraînant le spectateur dans une incessante et troublante tautologie. Le film se répète à l’infini dès l’instant où Jess regarde la mer et s’aperçoit, en compagnie de ses amis, sur la coque de leur bateau. La mise en abyme, un véritable cercle infernal a débuté. Cependant, pourquoi Christopher Smith a-t-il décidé d’appeler son film Triangle ? Est-ce en raison du nom du bateau ? Une référence au triangle des Bermudes ? Ou parce qu’il s’agit d’un troisième film ? A ce sujet, le réalisateur déclare : « A la base, le point de départ du film m’est venu avec l’image de la jeune femme regardant la mer depuis le pont du bateau, et se voyant en contrebas, sur la coque du voilier. Je voulais faire un twist final avec un triangle permuté avec les trois personnages, mais le film est parti dans une optique totalement différente. J’ai cependant gardé le titre initial. C’est un peu stupide, mais j’étais bloqué sur ce nom, je ne pouvais pas m’en séparer. J’aurais pu l’appeler Cercle mais ça n’aurait pas été terrible…Il n’y a pas vraiment d’explication narrative concernant ce film, mais je me disais que Triangle résumait plutôt bien l’histoire. » Une sorte de version horrifique de la comédie Un Jour Sans Fin, où Melissa George remplace Bill Murray, et où la marmotte est transformée… en mouette.

Inutile, donc, de désirer à tout prix de vouloir rationaliser ce film, dont l’histoire tient plutôt de la métaphore de la maladie mentale, du trouble incessant qui prend part dans l’esprit de Jess. Si elle semble, au premier abord, présenter une puissance psychologique, le mythe se fissure bien vite et laisse transparaître la fragilité d’une mère de famille qui élève seul son enfant, ce dernier étant, de surcroît, autiste. Difficile, dans une telle situation, de faire face avec force à un quotidien éreintant. Visiblement au bout du rouleau, Jess maltraite son fils, plus par épuisement que volontairement. « On peut dire que le bateau est une sorte de cauchemar que seule Jess peut comprendre » dit Christopher Smith. « C’est une sorte de punition envers son comportement. » La jeune femme semble partager les particularités mentales de son enfant, s’emmurant elle aussi dans le silence et l’incompréhension.

Triangle joue sur les faiblesses de son personnage principal, faisant du film de Christopher Smith une tautologie troublante, mais bien rodée et particulièrement efficace.

FEFFS 2012

The bilan

1er jour – Samedi 15 septembre 2012

14h, première journée de festival. Les aficionados de gueules amochées et de membres en putréfaction se regroupent lentement aux alentours de la place Broglie, le visage en lambeaux et la bouche couverte de sang… artificiel, bien évidemment. Comme chaque année depuis 2009, les zombies en herbe se retrouvent dans les rues de Strasbourg pour participer au traditionnel défilé, qui a pris une belle ampleur avec le temps, offrant toujours l’occasion de découvrir des déguisements sympathiques et originaux. Mais pendant que les maquilleuses de Candice Mack s’affairent pour préparer les zomblards, le festival commence déjà sur les chapeaux de roues ! Ma première projection fut celle de The Fourth Dimension, triptyque un brin expérimental mettant en scène une nouvelle dimension capable de projeter l’être à un niveau supérieur d’existence. Le thème est difficile à cerner, chaque réalisateur voguant à son gré sur sa propre vision de la quatrième dimension. La première partie, dirigée par Harmony Korine (Gummo, Mister Lonely), est malheureusement décevante, un peu fade, manquant de ces regards marginaux et riches de vie qui enchantent et fascinent dans chacune de ses créations. Rare élément réjouissant pour la geek amatrice de vidéos virales qui sommeille en moi : la reprise de la version autotune de Double Rainbow dans le générique de fin… Le second segment offert par Alexy Fedorchenko (Silent Souls, The Railway) est intrigant. Il y a cet homme, scientifique blasé et acariâtre, tentant de voyager dans le temps, mais les images s’offrant sur son écran ne lui semblent que peu satisfaisantes… jusqu’à ce que les indices s’unissent et deviennent alors vraisemblables. Surprenant mais envoûtant, tout comme le dernier élément de Fourth Dimension, qui clôt ce film avec réussite : la création de Jan Kwiecinksi (Cigarette Break, Incident). Une bande de jeunes désillusionnés, errant dans les rues d’un village exempt de toute vie, en raison de l’annonce imminente d’une catastrophe naturelle. Il y a quelque chose de fascinant dans ce court-là, qui plonge le spectateur dans une dimension parallèle, un brin malsaine mais onirique, une sorte de rêve de gosse. En bref, un film de qualité inégale car par moments trop brouillon, mais le visionnage des deux dernières parties est bien moins décevant que celle d’Harmony Korine.

Continuons ensuite avec le film de Boris Rodriguez, au titre intrigant mais non moins alléchant : Eddie, the Sleep Walking Cannibal. Celui-ci parle de Lars, artiste de renommé mondiale, mais incapable de peindre depuis des années : il ne ressent tout simplement plus d’inspiration. Au bout du rouleau, il trouve néanmoins un job de professeur dans un lycée canadien, et fait la rencontre d’un élève un peu particulier, du nom d’Eddie. Grand gaillard un peu simple d’esprit mais doux comme un agneau, ce dernier échappe au placement en institut en raison de la fortune léguée au lycée par sa tante. Lars le prend sous son aile et découvre du coup le terrible secret d’Eddie… qui lui permet de retrouver goût à la création ! Original, viscéral et a-moral, Eddie the Sleep Walking Cannibal est une petite perle de comédie noire, qui se regarde avec plaisir. Boris Rodriguez part d’une idée simple mais originale, et offre sans détour ni complexité une pelloche sympathique. Ce lien fusionnel entre destruction et création s’intensifie à chaque seconde, la culpabilité se lisant dans les yeux de ces deux personnages peinant à assumer une nature qu’ils aimeraient dissimuler, mais qu’ils se doivent d’accepter pour subsister.

Vient ensuite Maniac, de Franck Khalfoun, très attendu du public pour plusieurs raisons : il s’agit du remake du film éponyme de William Lustig, écrit et produit par le talentueux Alexandre Aja (Haute Tension, Piranhas 3D), puis il y a la présence d’Elijah Wood (Le Seigneur des Anneaux, Sin City) au casting, dans le rôle du tueur en série en quête de scalps… Sanglant, bandant, effrayant, pas assez de mots pour décrire cette tuerie, pleine de fantasmes inavoués et refoulés. Le film est trash, jusqu’au-boutiste, à tel point que certains spectateurs ont quitté la salle durant les scènes les plus violentes, et durant un festival du film fantastique diffusant quand même un paquet de pelloches horrifiques, c’est très rare. Elijah Wood est tout simplement hallucinant, aux antipodes de son personnage dans l’amusante série Wilfred, où il campe un type paumé mais sympathique se liant d’amitié à un chien qu’il est le seul à voir comme un homme déguisé en clébard. C’est une joie de se dire que Maniac sortira sur grand écran d’ici la fin de l’année, car en matière de création horrifique, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu quelque chose d’aussi impressionnant.

Après une telle baffe, difficile de faire le poids : le visionnage de V/H/S s’avère difficile. L’idée est pourtant intéressante : il s’agit d’une compilation de courts-métrages tournés en found footage, à l’image d’un Projet Blair Witch, où des groupes d’amis se font tous zigouiller dans des conditions étranges : retour d’un tueur en série faisant bugger les caméras, soirée drague dans un bar qui finit en bain de sang, poltergeist plus qu’agressifs et autres meurtres glauques… Malgré une réputation sulfureuse, V/H/S ne laisse pas une impression très positive : sérieusement, apprenez à filmer. Ok, vous réussissez à faire sursauter le spectateur, mais c’est d’une fadeur monstrueuse : aucune inventivité, on dirait juste un énième remake caméra à l’épaule et low budget de Cannibal Holocaust. Et même avec le peu de moyen dont il a disposé, Ruggero Deodato fait encore trembler l’audience, vingt-deux ans après. Je doute fort que V/H/S ne demeure dans les mémoires, ne serait-ce que quelques semaines…

2eme jour – Dimanche 16 septembre 2012

Il est venu l’un de mes moments préférés en festival (outre la bonne bière du Village Fantastique, entourée de gens sympas !) : la projection de courts-métrages. C’est toujours l’occasion de découvrir des créations tournées dans un format bref, mais disposant souvent d’idées fantastiques. Cette projection présentant une sélection de courts internationaux débuta avec A Curious Conjunction of Coincidences, du néerlandais Jost Reijmers. Il s’agit des histoires de trois personnes vivant à des époques différentes et traversant une sale journée. Chacune de leur maladresse semble être sans conséquence immédiate… jusqu’à l’instant où une simple canette tombant dans un égout provoque une réaction en chaîne désastreuse ! Humour, légèreté, une véritable réussite.

The Best Pickpocket in the World, de l’américain Jerry Koukol, présente un voleur de portefeuille persuadé de maîtriser son métier à la perfection. Il est alors provoqué en duel par une mystérieuse femme, prête à lui prouver que ses talents sont plus grands que les siens. D’une idée simple naît un mockumentary sympathique, très bref mais non moins efficace !

C’est ensuite au tour de l’Espagne de prendre place dans la sélection, avec The Bird Spider, de Jaime Dezcallar. Souffrant terriblement de sa séparation avec sa compagne, un homme arachnophobe décide de vivre en compagnie d’une espèce de mygale au poison mortel, car il est persuadé que la cohabitation avec l’être qui le terrorise le plus ne pourra être plus difficile que la perte de l’être aimé. Le désespoir de cet homme doit être immense pour qu’il juge que sa vie ne mérite pas d’être mise en jeu par la présence de la Mort dans ses appartements. Car The Bird Spider représente, à mes yeux, le choix de l’être face à sa propre destruction, tellement prêt à en finir que le suicide semble être l’unique solution. Et même quand on estime être prêt à aller de l’avant (l’homme s’apprête à revoir celle qu’il a aimé dans), et que tout semble se porter pour le mieux, c’est à cet instant précis qu’il s’agit d’être fort et de survivre. Et c’est à ce moment même que l’araignée sort de sa cachette et ôte la vie à son propriétaire. Une leçon de vie, en somme, cinglante et angoissante.

Blinky TM, film irlandais de Ruairi Robinson, met en scène un enfant perturbé par les incessantes disputes entre ses parents. En regardant la télévision, il voit une publicité pour un robot, et le demande pour Noël, persuadé que la présence de l’androïde résoudra les problèmes familiaux. Mais est-ce que Blinky est réellement sans danger ? La désillusion de l’enfance et le robot qui pète un câble, croustillant ! Un ending qui ne fait pas dans la dentelle ou dans une surenchère d’explications, et c’est ce qui fait sa qualité !

Dans un domaine plus onirique et mystérieux, il y a The Captured Bird du canadien Jovanka Vuckovic, où une fillette échappe à l’attention de ses parents et s’immisce dans un manoir où évoluent des créatures effrayantes. D’une beauté éblouissante et fascinante, ce court a le mérite de scotcher son public en l’espace de quelques minutes : les monstres sont d’un esthétisme à couper le souffle, effrayants mais captivants. Pas pour rien que The Captured Bird bénéficie du soutien de Guillermo del Toro, qui l’a produit !

Toujours dans le fantastique, The Halloween Kid, réalisé par l’anglaise Axelle Carolyn, narre l’histoire d’un garçon isolé, car étant manifestement le seul à voir les monstres qui l’entourent. Heureusement, il y a Halloween, seul jour de l’année où il trouve du réconfort ! Touchant et poétique, dans l’esprit d’un livre pour enfants.

Tout aussi lyrique mais dans une atmosphère plus mélancolique : The Last Bus, des Slovaques Ivana Laucikova et Martin Snopek. La saison des chasses ayant débuté, les animaux de la forêt craignent pour leurs vies et s’enfuient à bord d’un bus. Mais ils se font vite rattraper par les chasseurs… Mélancolique et doublé d’une très belle musique (Idem Si de Teatro Fatal, qui tourne en boucle sur mon Ipod), l’histoire évolue dans une aura d’une rare tristesse, probablement due à ces personnages aux corps humains mais aux têtes d’animaux empaillés, aux mouvements saccadés et aux couleurs à l’ancienne.

Créé par le belge Thierry Uyttenhoven, Motorhome est un court où un couple part au volant de son camping-car un jour de canicule pour prendre quelques vacances. Pas transcendant mais bien tenté, les hallucinations du conducteur seraient-elles liées à la chaleur étouffante du van ?

La Mystérieuse Disparition de Robert Ebb, collaboration franco-anglaise entre Clément Balla, François-Xavier Goby et Matthieu Landour, est un de mes favoris : un veilleur de nuit dans un studio de cinéma décide de faire une blague à son collègue lors de leur ronde. Enfiler un déguisement de poulpe lui semble être une idée parfaite : la farce tourne cependant au vinaigre quand il se rend compte qu’il ne peut retirer son costume, et que son acolyte, terrorisé, est allé prévenir tout le village qu’il vient de se faire attaquer par le monstre marin qui fait trembler tous les habitants des alentours… Hilarant et au final magistral, La Mystérieuse Disparition de Robert Ebb offre un bon moment de rigolade, dans une atmosphère rappelant, rétrospectivement, celle de Grabbers, la beuverie en moins.

Le dernier court, Tram, de Michaela Pavlatova (réalisation franco-tchèque), raconte la journée d’une conductrice de tramway, qui verra le véhicule s’érotiser au rythme des secousses et des tickets introduits dans le composteur. J’ignore si ma haine des transports en commun ou le côté un peu ridicule de cette femme ventripotente m’ont prédisposé à ne me sentir que très peu inspiré par Tram, qui m’a semblé bien fade en comparaison aux autres courts de la sélection.

The Life and Time of Paul the Psychic Octopus est un documentaire sympathique traitant du poulpe le plus célèbre de la culture populaire. En multipliant les points de vues et les témoignages de ceux qui ont côtoyé la star tentaculesque, Alexandre O. Philippe retrace la vie de Paul, de sa naissance à Weymouth à sa fin, en passant par ses heures de gloire dues à son mystérieux talent de prédicteur, sans oublier les menaces de morts et autres recettes à base de pieuvre envoyées anonymement à l’aquarium d’Oberhausen. Alexandre O. Philippe, ayant auparavant réalisé The People vs. Georges Lucas, projette de s’atteler à la création d’un documentaire sur la culture zombie, des films de Romero aux Zombie Walk, sans oublier les récentes actualités sur les bath salts, drogues étranges dotant son consommateur d’une force surhumaine, en ayant même amené certains à bouffer leurs semblables. Relisez les bouquins de Max Brooks, rechargez vos shotguns et améliorez votre cardio, l’invasion est proche !

Laissons place au cinéma asiatique avec Doomsday Book. A l’image de The Fourth Dimension, il s’agit d’un triptyque centré sur l’apocalypse. La première partie, A Brave New World, créé par Yim Pil-sung, présente le développement d’une infection zombiesque suite à la consommation de viande infectée. Les asiatiques sont connus pour avoir des idées bien What the Fuck, cependant les Coréens demeurent en général plus sages que les Japonais : A Brave New World regorge de petites scènes un brin déjantées, mais le dernier segment, Happy Birthday, du même réalisateur, en est encore plus riche : imaginez une enfant commandant sur Internet une boule de billard. Jusque-là, rien d’anormal. Le seul souci est qu’elle a involontairement passé commande sur un équivalent extraterrestre d’Amazon, et l’inquiétante météorite fonçant sur la Terre s’avère être ladite boule noire, aux dimensions dantesques. Ces deux courts s’avèrent être les plus aboutis et les plus amusants. Celui du milieu, The Heavenly Creature, de Kim Jee-Woon (I saw the Devil, A Bittersweet Life), déçoit un peu. Le thème, vu et revu, est celui d’un robot vivant au milieu de moines bouddhistes, qui sont persuadés qu’il est la réincarnation de Bouddha. The Heavenly Creature tire trop en longueur, cette réflexion philosophique se perdant un peu au milieu des idées délirantes de Yim Pil-Sung.

3eme jour – Lundi 17 septembre 2012

When the Lights Went Out, long métrage anglais réalisé par Pat Holden, est mon coup de cœur de cette édition du festival. Dans le milieu des années soixante-dix, une famille s’installe dans une maison qui suscite les rêves et envies de la maîtresse de maison depuis un moment. A leur arrivée, des poltergeists commencent à se manifester, semblant menacer tout particulièrement leur fille... Si le film commence sans grande prétention, sa qualité et le plaisir naissant de son visionnage grandissent au fur et à mesure que la tension grimpe au sein du foyer fraîchement installé. Les premiers agissements paranormaux sont classiques, de ceux facilement assimilables à une blague de mauvais goût, à tel point que la mère ne prend pas sa fille au sérieux, trop obsédée par l’acquisition de sa nouvelle maison. La terreur va crescendo, délicieusement, faisant de When the Light Went Out une petite pépite, bien flippante, jusqu’à la dernière seconde.

Bag of Bones, présenté pour la dernière séance de la journée, est le dernier film de Mick Garris, président du jury et créateur des Master of Horrors. Adaptation du roman éponyme de Stephen King (Sac d’Os en version française), Bag of Bones a été conçu en deux parties pour la télévision, et narre l’histoire d’un romancier accablé par le chagrin suite à la mort de sa femme. Il s’installe dans leur maison de vacances pour reprendre des forces, et se trouvera impliqué dans une lutte féroce pour la garde d’un enfant entre sa mère et son ex-beau-père, millionnaire tyrannique. En parallèle, l’écrivain commence à ressentir une présence mystérieuse dans la maison… Un peu long, mais évoluant avec fidélité et dextérité dans les pensées créatives du maître King.

4eme jour – Mardi 18 septembre 2012

Le quatrième jour de festival débute avec un film anglais réalisé par Ryan Andrews, qui signe là son premier long métrage. Elfie Hopkins est une histoire de détective menée par deux adolescents : Elfie, punkette hippie blasée fan de détectives à l’ancienne et son meilleur ami geek Dylan. Vivant dans un village paumé en plein Pays de Galles, ils tentent d’occuper leur quotidien en cherchant à résoudre des crimes, mais n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent. Jusqu’à l’arrivée de nouveaux voisins, voyageurs fascinants et sophistiqués suscitant l’admiration de bien des villageois. Mais Elfie va vite se douter que quelque chose ne tourne pas rond… Si les deux adolescents se révèlent être plutôt attachants, surtout la jeune fille qui n’a pas sa langue dans la poche, les décors magnifiques et bien que l’histoire s’annonce intéressante, il manque à ce film un élément primordial : le rythme. L’action peine à prendre forme, et d’ici à ce qu’on réalise que les nouveaux venus ont des goûts culinaires originaux (Armin Meiwes, si tu me lis, je te passe le bonjour !), le public a le temps de piquer du nez. C’est bien dommage, car le personnage d’Elfie a du caractère, du style, et la disparition de sa mère mériterait plus de détails. En somme, on a vu pire, mais on a aussi vu bien mieux.

Faire un festival, c’est accepter de voir des films qu’on n’aurait peut-être pas visionnés dans d’autres circonstances, faire de bonnes découvertes, rencontrer des réalisateurs prometteurs, mais c’est aussi, malheureusement, l’occasion de visionner de sacrées bouses : The Pact est l’une de ces bobines au potentiel tristement gâché. Sans parler des longs SANS potentiel, mais ce sera pour le 19 septembre, avec Victimes. Le film de l’américain Nicholas McCarthy commence comme bien des films de cette dernière édition du FEFFS : une maison hantée et un secret du passé. Là où When the Lights Went Out brillait, The Pact déçoit : il n’y a juste pas de rythme. Le personnage principal ne suscite aucun attachement, alors que ce qui fait, à mes yeux, la richesse d’un film d’horreur, c’est la capacité de s’identifier, même inconsciemment, aux victimes. Si les pelloches de psychopathes à la Patrick Bateman ou les tortures porn me font généralement sourire, je dois avouer que j’ai toujours une trouille monumentale devant les histoires de poltergeist et autres possessions. Mais par contre, The Pact, c’est peanuts. L’action met quinze ans à venir, et l’actrice a autant d’expressions faciales que Kristen Stewart. Donc, non. Beaucoup d’idées, mais aucune originalité.

Antiviral part d’une idée croustillante, pour ne pas dire absolument géniale : Syd March est employé dans une clinique injectant à des fans hardcore les virus de leurs stars favorites. Il revends illégalement des échantillons des maladies après se les être administré : mais il devient la cible des collectionneurs après s’être inoculé celui de la célébrité Hannah Geist, qui causa sa mort. Amusant détail, son nom de famille signifie « fantôme » en allemand, ce qui concorde étrangement avec cette icône qui, durant tout le film, n’apparaît qu’en fond pixelisé sur des grands écrans ou, silencieuse derrière son masque de nuit, sur son lit de mort… Si le film de Brandon Cronenberg commence magistralement, à l’image d’un des premiers films de son père, la suite de l’action retombe. Non sans rappeler les obsessions charnelles du Cronenberg version senior, la première création du fiston n’atteint pas le niveau d’un Videodrome. Cependant l’idée est juste bluffante, dans cette société de consommation où tellement de fanboys seraient prêt à se damner pour s’approcher un peu plus de leur idole, l’avoir dans leur sang et leur chair ! Mais si Antiviral s’avère être une déception, la carrière de Brandon Cronenberg mérite d’être suivie, car même indépendamment de son père, le réalisateur montre qu’il est digne qu’on lui prête de l’attention.

Ce n’est pas au FEFFS que j’ai visionné ce film, mais devant le choc et l’enthousiasme presque maladif que m’a procuré sa projection à l’Etrange Festival de Paris, il FALLAIT que j’écrive quelques lignes à son sujet : j’ai nommé Cockney vs. Zombies. Le terme cockney désigne les Londoniens issus de la classe ouvrière et vivant dans l’Est de la ville, ainsi que leur accent. Et là vous me dites : mais quel est le point commun entre ces Britishs et les morts-vivants ? Et bien deux de ces cockneys décident de braquer une banque pour que la maison de retraite de leur grand-père ne soit pas transformé en appartements. Bon, entre nous, je doute que ce soit la véritable raison du hold-up, parce que le grand-père, il en tient une couche, c’est carrément un Rambo du troisième âge : ancien tueur de nazis qui aurait terrorisé Hitler, le papy est dans le genre badass qui donne des cours de fracassage de zombies dans la maison de retraites. Après avoir récolté le pactole, les deux apprentis braqueurs et leur équipe se rendent compte que la ville est infestée de morts-vivants, du coup ils partent sauver les vieux, leur butin, et tenter de se barrer de la ville vite fait. Alors les vieux fanboys de Romero ont beau râler comme quoi y a trop de films du genre qui sortent en ce moment, que ça en perd son intérêt, et tout. Mais là, dites non aux hipsters de l’horreur qui se plaignent que leurs bestioles préférées deviennent trop mainstream, sinon vous passeriez à côté d’une tuerie ! Le film semble ne durer qu’une dizaine de minutes, tellement les gags se suivent sans laisser place au moindre temps mort. Le réalisateur Matthias Hoene a créé une de ces péloches qu’on regarde entre potes, avec un Cornetto à la main (high five à celui qui capte la référence !), qui fait toujours autant marrer même au second visionnage, et qui mets de bonne humeur. Du Shaun of the Dead sublimé, délirant, juste délectable. Merci les Britishs !

5eme jour – Mercredi 19 septembre 2012

Scalene, film de l’Américain (et très sympathique, au passage !) Zack Parker, est un thriller fascinant, raconté à travers trois points de vue différents. Paige, une jeune étudiante, travaillant en tant qu’aide-soignante auprès de Jakob, jeune homme atteint d’une déficience mentale, accuse ce dernier de viol, ce qui le conduit à être interné en hôpital psychiatrique. L’intrigue évolue entre le regard de la mère de Jakob, Paige et le jeune homme, allant au-delà des simples faits, dévoilant les émotions et le vécu de chaque personnage. Chaque point de vue diverge, le vécu de chacun intensifiant l’histoire, liant les évènements entre eux : de cette idée de souvenirs et de réactions déséquilibrées naît le nom de ce film, en référence au triangle scalène, dont les trois côtés sont de longueurs différentes. Le film de Zack Parker est impressionnant, débutant avec le meurtre de Paige par la mère de Jakob : une première scène plongeant le spectateur dans une grande interrogation, lui donnant l’envie de comprendre. Et l’attente est méritée : l’ending est hallucinant, d’une violence psychologique inouïe. Une grosse, grosse baffe.

Room 237 est un documentaire de Rodney Ascher sur Shining de Stanley Kubrick, monument du film d’horreur. Certains l’adorent, le jugeant comme étant un chef d’œuvre du genre, alors que d’autres déplorent une adaptation trop libre de l’ouvrage de Stephen King. Room 237 regroupe les témoignages des aficionados du métrage, exposant ses messages cachés et autres théories nées d’un visionnage pour le moins poussé de Shining. Les analyses sont doublées d’images de la filmographie de Kubrick, correspondant aux dires des cinéphiles interviewés : aucun visage de témoins n’apparaît, le documentaire est monté d’une manière personnelle et originale. Si l’avis à froid de certains spectateurs laissait sous-entendre que les théories étaient trop poussées, j’avoue avoir été scotchée par cette foule de message secrets, à la limite du subliminal. Room 237 m’a définitivement donné envie de re-visionner l’œuvre de Kubrick.

Réalisé par le français Robin Entreigner, Victimes présente François, jeune homme solitaire consultant un psychiatre en raison de son mal-être. Au fur et à mesure des séances, il dévoilera ses envies de meurtres. Niveau scénario, on peut difficilement trouver plus simple : ce n’est pas pour autant un signe systématique de médiocrité… Or, c’en est un pour Victimes ! Le synopsis promet un film plein de suspens, un personnage subtil et effrayant. Il n’en est rien ! Le jeu des acteurs est insupportable dès les premières séances : le dialogue entre François et le psy s’éternisent, n’offrant rien d’intéressant, la même phrase semblant se répéter inlassablement : « que cela vous a-t-il fait ressentir ? » Difficile de faire plus cliché, d’autant que dès les premières minutes du métrage, on se doute que François va passer à l’acte et qu’il sera trop tard pour l’arrêter. En somme, un échec cuisant.

6eme jour – Jeudi 20 septembre 2012

Dans un festival où la mascotte est un poulpe, au sein d’une ville qui aime boire de la bonne bière, un film comme Grabbers trouve forcément sa place et son public. Des monstres marins semi aliens, semi pieuvres attaquent les habitants d’une île au large des côtes irlandaises. Les deux policiers du village ont pour mission de protéger la population locale, et grâce à l’aide du scientifique des environs, ils découvrent que le point faible de ces voraces bestioles… est l’alcool. Et oui, l’une d’elle a tenté de bouffer l’ivrogne de service, et ce fut un cuisant échec : au lieu d’enchaîner la barbaque, le poulpe extraterrestre a rendu l’âme comme un vulgaire poisson desséché. Du coup, pour lutter contre l’envahisseur, les flics organisent une grosse, grosse beuverie. Et le meilleur dans l’histoire, c’est que Grabbers est encore plus fendard que ce que laissait sous-entendre ce scénario déjà totalement barré ! Les dialogues sont hilarants, le réalisateur Jon Wright (il serait de la famille d’Edgar que ça ne m’étonnerai même pas) évite les clichés et livre une bobine ultra-fun, efficace et visuellement satisfaisante : entre les magnifiques plans des décors irlandais et l’originalité des monstres, il n’y a pas de quoi se plaindre !

Iron Sky, du Finlandais Ttimo Vuorensola, est le genre de films qui chat,ouille là où il faut à la simple vue du trailer : des nazis cachés sur la face cachée de la lune, sur fond de Laibach. Wait, what ? Et oui, vous l’avez bien entendu : les salopards se sont cachés depuis soixante-dix ans en construisant des soucoupes volantes dans l’attente du moment où ils pourront reconquérir la Terre. Personnellement, en voyant ça, je trépignais d’impatience sur mon siège tellement j’avais envie de voir ça. Un ovni dans ce genre, ça ne se rate pas, surtout que Dead Snow et ses zombies nazis m’avaient bien fait marrer. Le film commence bien, il y a un bon rythme, les costumes sont fous, et le scientifique nazi qui découvre l’Iphone, c’est priceless. Par contre, par la suite… j’ai du mal à retenir ma déception. L’intégralité de la salle est en train de se bidonner (j’avais rarement vu une salle aussi blindée), et moi, je suis là, à attendre l’explosion de fun. Alors certes, il y a certains gags bien tournés, le lieutenant nazi a le côté badass d’un Hugo Stiglitz (mais personne ne devancera Till Schweiger !), la prof nazie un peu niaise est über sexy (à souligner vingt-cinq fois). Mais pour le reste, ça vole au ras des pâquerettes, et le coup de la candidate à la présidentielle qui voit débarquer deux nazis dans son salon, et qui écoute sans broncher leur discours, c’est middle. Surtout qu’elle décide de s’approprier leur gestuelle et leurs slogans… Et quand à la musique de Laibach, il y aurait eu de nombreuses scènes où leurs rythmes martiaux et la voix grave du chanteur auraient pu trouver leur place. Mais impossible de déceler cette touche slovène et militaire si délectable. Dommage !

7eme jour – Vendredi 21 septembre 2012

Excision, première réalisation de l’américain Richard Bates Jr., est une tragicomédie horrifique traitant de l’adolescence et des angoisses qui en naissent... mais poussées à l’extrême. Pauline est une jeune fille mal dans sa peau, mal intégrée dans son école et au sein de sa famille, entre sa mère coincée (Traci Lords !), son père peinant à s’imposer, et sa sœur parfaite mais atteinte de la mucoviscidose. L’adolescente a un rapport maladif à la chair, au sang, rêvant de devenir chirurgienne. Elle entreprend de guérir sa petite sœur de ses propres mains... La transformation d’AnnaLynne McCord (Nip/Tuck), interprétant Pauline, est impressionnante, son personnage rappelant celui de May, dans le film éponyme de Lucky McKee. Les fantasmes de Pauline se glissent au sein du film, par courtes séquences, dotés d’une certaine beauté visuelle, mais atteignant des sommets en matière de glauque et de malsain. Ces images ont un côté artistique particulièrement poussé, à l’image d’une publicité artistique, mais prennent rapidement une dimension sanglante. En somme, un bon film sur une adolescente obsédée par la mort. Gardez l’oeil ouvert pour repérer les caméos, entre autres, de John Waters et Malcolm McDowell !

En bref, une cinquième édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg pleine de films intéressants, de bonnes idées et de créativité. Un grand merci à l’équipe de m’avoir accueilli aussi chaleureusement, et au passage un petit coucou à Stéphane Dubois ! (et à Gilles Esposito… ;) )

FEFFS 2013 - Bilan

Première immersion et coup de cœur immédiat pour le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (le FEFFS pour les intimes) qui s’est clôturé samedi soir, le 21, avec l’avant-première du forcément badass Machete Kills. Le jeune festival (six ans, le petiot !) a déjà tout d’un grand côté programmation avec sa compétition internationale et européenne, son affiliation au Méliès, ses midnight movies, ses séances spéciales, ses documentaires, ses rétrospectives (Monkey Business et Santo à l’honneur), ses courts métrages et ses évènements parallèles tels que la fameuse Zombie Walk ou, opération tout à fait inédite au sein d’un festival de cinéma, la première compétition dédiée aux jeux vidéo, l’Indium Game Contest. Parmi les autres réjouissances, on pouvait également aller à la rencontre d’artistes de renommée tel le papa du Goon en personne, Eric Powell, venu en toute simplicité répondre aux questions du public et leur offrir quelques dédicaces ou encore se jeter une pluie de Meteor en succombant à l’invasion de Zombeer dans le bar du Village fantastique.

Côté films, l’éclectisme était au rendez-vous avec du survival en bagnole (In Fear), de la nécrophilie poétique (Love Eternal), du gloumoute enneigé (The Station), de la créature intestinale (Bad Milo !), du revenge movie drôlement noir (Big Bad Wolves), du catcheur masqué (Nos héros sont morts ce soir), du flic en slip (Wrong Cops), des araignées maousse (Big Ass Spider), des créatures de Frankenstein (Frankenstein’s Army), du film à sketches en caméra subjective (V/H/S 2), des cheerleaders assoiffées de sexe et de sang (All cheerleaders die) et j’en passe ! Lors de la cérémonie de clôture, le président du jury Lucky McKee (une première pour lui !) a d’ailleurs évoqué la qualité de la sélection et a sans fléchir décerné l’Octopus d’or à Kiss of the damned pour « son fun, son aura sexy et la personnalité de sa réalisatrice, Xan Cassavetes ». Une décision discutable qui, de son propre aveu, n’a pas fait l’unanimité auprès de ses comparses (tu m’étonnes !). Néanmoins, la mention spéciale attribuée au « culotté » Dark Touch de Marina de Van et surtout le Méliès d’Argent octroyé à l’étonnant Borgman d’Alex van Warmerdam s’avéraient plus mérités. Quant au public, il a décerné son prix au film d’animation brésilien Uma historia de amor e furia de Luiz Bolognesi, récit à la fois historique et science-fictionnel qui nous fait voyager dans l’histoire brésilienne. Vous retrouverez bien évidemment ici même les critiques de certaines de ces œuvres très prochainement (votre serviteur n’étant arrivé qu’en fin de festival, il s’est tout de même mangé une douzaine de films) ainsi que trois papiers exclusifs sur l’attendu Machete Kills de ce sale gamin de Rodriguez, le revenge movie israélien Big Bad Wolves (LA bonne surprise du festival) et le surprenant (mais pas forcément dans le bon sens du terme) All cheerleaders die de Lucky McKee dans le cinémag’ #4 à sortir fin octobre (ça c’est du teasing mes amis !).

D’ici là, on trépigne déjà d’impatience pour la 7ème édition (promis, rendez-vous est pris, l’année prochaine on se fait la semaine complète !) tout en souhaitant que cet évènement devenu majeur continue de grandir tout en conservant sa simplicité et sa proximité envers le public. Congrats aux organisateurs et special thanks à Lucie et Nathalie du coup !

FEFFS 2014 : une dure journée ?

Nous voilà enfin arrivés en Alsace pour vivre les cinq derniers jours du FEFFS, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. On jette ses valises dans la chambre d’hôtel, on prend possession de l’accréditation et autres places de ciné et on se précipite dans la salle du Star St-Ex’ pour enchaîner sans plus tarder les premières visions.

Ce mercredi 17 faisait la part belle à la section "Crossovers", réunissant une poignée d’œuvres n’entrant pas strictement dans la catégorie fantastique. Deux thrillers à haute dose d’humour noir se sont ainsi dévoilés à nos yeux : le coréen A Hard Day de Seong-hun Kim et le norvégien Refroidis (In order of Disappearance) de Hans Petter Moland. Le premier, lorgnant vers Memories of Murder et The Chaser, suit un flic ripou qui va enchaîner les mésaventures suite à un accident de voiture où il tua un homme. Suite à des actes l’enfonçant de plus en plus dans un merdier pas croyable (dont le premier est de dissimuler le corps de la victime…dans le cercueil de sa mère qui vient de trépasser !), le détective va se retrouver avec un témoin plus que gênant sur le dos. Malgré quelques effets de surprises et ruptures de ton dont seuls les coréens ont le secret, ce polar enchaîne bien trop d’invraisemblances, oublie ses aspects dramatiques et néglige trop souvent ses personnages secondaires que pour tenir la dragée haute à ses prédécesseurs cités plus haut. N’empêche, A Hard Day se regarde sans déplaisir, le portrait peu reluisant des forces de l’ordre ainsi que la prestation des deux antagonistes (dont un excellent Jin-woong Jo en pourriture increvable) s’avèrent suffisamment convaincants, voire croustillants, pour emporter l’adhésion. Ou tout du moins nous faire passer un bon moment. Le second, Refroidis, est un vigilante movie tout à fait réjouissant mené par le tout bon Stellan Skarsgard, ici conducteur de chasse-neige qui s’échine à retrouver et exécuter les responsables de la mort de son fils, victime d’une overdose. Le tout dans les superbes paysages hivernaux d’une Norvège pas forcément blanche comme neige. Nous reviendrons plus en détail sur cette excellente comédie noire qui sort sur les écrans français le 24 septembre.
Entre ces deux films, la fameuse coproduction américano-iranienne (oui, ça peut arriver !) A Girl Walks Home Alone at Night a étalé toute sa splendeur picturale et son atmosphère unique pour un résultat aussi envoûtant…qu’ennuyant. Bilan détaillé dans une critique qui ne saurait tarder. Enfin, après ce tour du Monde très dépaysant, la soirée s’est terminée par un « Midnight Movie » apparemment très attendu au vu de la salle comble prête à s’éclater devant Zombeavers qui a bien failli en faire mourir de rire plus d’un. Votre serviteur, lui, a plutôt « mouru » d’ennui (oui, j’aime parfois faire des fautes exprès) devant ce nanar où des jeunes sortis d’un quelconque Vendredi 13 se font attaquer par des castors contaminés par un baril dont s’est échappé un produit toxique (clin d’œil au Retour des morts-vivants). Si on pouvait peut-être espérer un spectacle à la Black Sheep avec en guise de bovidés sanguinaires des mignons rongeurs devenus carnassiers, on tombe plutôt dans la comédie lourdingue servie par des effets spéciaux ringards digne du Muppet Show (et pourtant, j’adore le Muppet Show !). A part deux ou trois gags amusants et une Cortney Palm toujours prête à se dénuder, pas grand-chose à sauver ici.

Pour s’en remettre, nous allons aujourd’hui, Jeudi 18, jeter un œil (et même les deux, bien grands ouverts !) dans la rétro Tobe Hooper en redécouvrant (ou plutôt « découvrant pour la première fois » en ce qui me concerne, je dois vous le confesser) Le crocodile de la mort ainsi que Eggshells. Mais on va aussi aller faire mumuse avec les loups-garous de Late Phases et se trémousser sur la piste à minuit avec Discopathe. Des critiques arrivent incessamment sous peu, soyez aux aguets !


FEFFS 2014 : le cinéma de Hooper et Du Welz

Les films s’enchaînent et on ne voit pas le temps passer au FEFFS ! Demain, c’est déjà la clôture (sympa : le lendemain le festival se prolonge d’un jour avec une foultitude de redif’) et le président du jury international, Tobe Hooper, aura la délicate tâche de remettre ses prix à une compétition plus que jamais de qualité (nos chouchous : Housebound, White God, A Girl Walks Home Alone at Night et Alléluia). Mais on ne va pas trop ici s’attarder sur ces films coup de cœur et d’autres, qui nous auront moins convaincus comme Late Phases, sorte de « Bubba Lycanthrope » sans humour avec des loups-garous moyennement réussis ou l’horripilant Starry Eyes dont mes collègues vous ont déjà parlé (des critiques sont déjà dispo sur le site, d’autres arrivent très vite et certaines auront même les honneurs de figurer dans le CinémagFantastique #6 à sortir mi-octobre).

Non, attardons-nous plutôt un peu sur deux œuvres de la filmographie de Tobe Hooper montrée à Strasbourg dans le cadre de la rétrospective qui lui est consacrée : Eggshells et Le crocodile de la mort. Le premier, resté inédit par chez nous, est daté de 1969 et n’est rien de moins que les premières expérimentations du réalisateur sur format long. Dans un style documentaire, Eggshells est le portrait d’une communauté hippie refaisant le monde à force de dialogues sous acide et contradictoires. La forme ne l’est pas moins, sous acide, Hooper trifouillant images, lumières et son pour un résultat halluciné forcément dispersé et n’ayant souvent ni queue ni tête. Il n’empêche, on y trouve au stade embryonnaire des détails et éléments qui seront notamment présents dans Massacre à la tronçonneuse et même Poltergeist, Eggshells faisant allusion à des entités fantomatiques.
Le second, daté de 1977, s’attarde moins sur son crocodile mangeur d’hommes que sur sa palette de personnages hauts en couleurs dont un redneck psychotique incarné par Neville Brand. Le « strange » William Finley, la « screaming » Marilyn Burns et le futur « killer » d’Elm Street Robert Englund traversent cette péloche saturée de couleurs baignant dans le poisseux. Vivre Le crocodile de la mort sur grand écran fut l’un de ces instants uniques qui ranime d’un coup notre cinéphilie déviante, quelque peu endormie par trop de produits standardisés.

Heureusement, standardisé, notre compatriote Fabrice Du Welz ne l’est pas. En atteste son dernier film, Alléluia, qui n’a rien à envier côté sordidité au cinéma de Hooper. Il est d’ailleurs amusant de se rendre compte que le « maître » devra juger l’ « élève », également présent à Strasbourg. Calvaire faisait écho à Massacre à la tronçonneuse et le réalisateur belge n’a jamais caché son admiration pour l’œuvre du texan. Son dernier film, mettant en scène Laurent Lucas et Lola Duenas dans le rôle d’amants criminels s’inspirant de l’histoire sanglante de Martha Beck et Raymond Fernandez (déjà adaptée à l’écran par Leonard Kastle dans The Honeymoon Killers et Arturo Ripstein dans Carmin profond) est une nouvelle fulgurance. Un film sulfureux, glauque, sans compromis, aussi sec qu’un coup de trique. Après la mésaventure Colt 45, Fabrice Du Welz est déjà de retour et ça va faire mal ! Gageons que Hooper n’en ressorte pas indifférent, tout comme nous, qui vous en reparlerons plus amplement sur ce site et dans le prochain Cinémag….


FEFFS 2014 : le palmarès

Le 7e Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg est fini et le verdict tant attendu est tombé ce samedi 20 septembre. Le Jury international présidé par Tobe Hooper et composé de Juan Martinez Moreno et Xavier Palud a remis ses Octopus, Méliès et autres prix aux jeux vidéo indépendants, courts et longs métrages qui ont rythmé la vie des festivaliers durant dix jours. Avant la remise en elle-même, le directeur artistique du festival Daniel Cohen a souligné l’importance des divers acteurs qui font de cet événement un des rendez-vous incontournables pour tout fantasticophile qui se respecte ainsi que l’augmentation significative de la fréquentation. Le festival aurait battu tous ses records perso et c’est bien la moindre des choses compte-tenu de la qualité de la programmation cette année.

Côté palmarès, la majorité de nos favoris ont fait mouche puisque le Prix du public a été octroyé à Housebound, Fabrice Du Welz a reçu des mains de Tobe Hooper (jolie consécration !) une mention spéciale pour Alléluia, le Méliès d’Argent a été donné à Amours cannibales et la récompense suprême, l’Octopus d’Or, est allé à White God. Fantôme, folie meurtrière, cannibale et vengeance animale, ce palmarès est on ne peut plus logique quand on connaît la filmographie et la personnalité du réalisateur. Pour son œuvre, le cinéaste a par ailleurs obtenu une longue standing ovation de la part du public présent, célébration d’affection qui l’a laissé étonnamment impassible et mutique (on mettra ça sur le dos de sa timidité). Suite à cela, la clôture s’achevait en beauté avec la projection en première européenne du nouveau film de frères Spierig, Predestination, étonnant et audacieux film de SF à l’ancienne qui vous retourne les méninges. Vous en retrouverez la critique dans la partie (P)reviews du CinémagFantastique#6.
A notre tour de remercier les acteurs du FEFFS grâce à qui nous avons passé un excellent séjour : Daniel Cohen et Consuelo Holtzer pour la qualité de la programmation, Lucie Mottier pour de très bonnes relations presse, Nathalie Flesch pour son efficacité et sa gentillesse au cœur du Village Fantastique ainsi que tous les dévoués bénévoles à qui nous avons eu affaire. Et puis un remerciement tout spécial à Fabrice Du Welz pour son formidable film. On en veut encore d’autres comme celui-là, mec, ne t’arrête surtout pas !

Pour consulter le palmarès complet, c’est là-bas que ça se passe :
http://www.strasbourgfestival.com/


FEFFS 2015 : c’est parti !

Le 8e Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg a débuté ce vendredi 18 septembre avec une ouverture pour le moins aguicheuse puisque c’est le nouveau film d’Eli Roth, Knock Knock, qui y était présenté en avant-première lors de la cérémonie d’ouverture.

Keanu Reeves en quadra tenté par deux diablesses « muy caliente » (la brunette Lorenza Izzo et la blondie Ana de Armas) qui débarquent en pleine nuit dans son home sweet home pour y foutre le bordel, voilà un programme attrayant ! D’autant que les spectateurs moins porté sur les protocoles officiels (néanmoins très décontractés au FEFFS) avaient la possibilité d’opter pour une rediffusion un peu plus tard en soirée…et d’enchaîner avec le premier « Midnight movie » de cette édition : The Green Inferno du même réalisateur. Soit un remake officieux du Death Game de Peter S. Traynor et une lettre d’amour gore aux films de cannibales italiens, voilà un double bill carrément excitant pour les bisseux que nous sommes !
Malgré quelques scories épars dans les deux camps, notamment liés à la personnalité généreuse mais balourde du cinéaste, le spectacle était au rendez-vous et remplissait parfaitement son office. Plus de détails sur ces deux œuvres seront à lire dans nos critiques du CinémagFantastique #8 prévu pour la mi-octobre. Même si les avis divergeaient à la sortie des deux projections, la salle était en tous cas surchauffée (dans tous les sens du terme) à Strasbourg. Petit bonus non négligeable : une courte vidéo en avant-programme de Green Inferno était présentée avec un Eli Roth nous invitant dans un franglais savoureux à lui donner nos impressions sur son Tweeter perso (le réalisateur y étant très actif).

Nous voilà ainsi fin prêt et chaud comme une flammekueche pour la suite du programme avec une compétition de haut vol (Der Bunker, The Corpse of Anna Fritz, The Invitation, The Lobster, Tag,…), des Crossovers balèzes (Cop Car, Catch me Daddy, The Guest,…), d’autres Midnight Movies haut en couleurs (Tales of Halloween, Deathgasm, German Angst, Stung, Turbo Kid,…) ainsi qu’une Master Class indispensable en présente de Joe Dante le dimanche 20. Sans oublier les docs, séances spéciales, rétrospectives et autres événements auxquels nous ne pourrons pas toujours assister car plus que jamais, dans les festivals, il faut choisir !

Plus d’infos :
http://strasbourgfestival.com/index.php

FEFFS 2015 : kids rocks !

Alors que le festival touche tout doucement à sa fin, une tendance est largement ressortie lors de cette 8e édition : les enfants assurent grave ! Ce n’est pas un hasard si l’une des rétrospectives s’intitulait « Kids in the dark ». On a pu y revoir les douze étranges gamins marchant en rang du Village des damnés, assister aux maléfices du terrible Damien Thorn (La Malédiction), voir une gouvernante devenir presque folle sous l’influence des deux mioches qu’elle est censée éduquer dans le chef d’œuvre de Jack Clayton Les innocents ou encore se poser légitimement la question « Qui peut tuer un enfant ? » dans le film culte de Narciso Ibanez Serrador Les révoltés de l’an 2000.

Mais ce n’est pas tout : ces satanés gosses continuent leur (mé)faits dans le cinéma d’aujourd’hui, certains films présentés, toutes sections confondues, nous l’ayant prouvé de bien belle manière. Dans Emelie, c’est le grand frère qui tente de se débarrasser de la fausse baby-sitter venue enlever son cadet. De même, deux garçons prennent la voiture d’un flic (pas net) et ensuite les armes pour contrer la menace présente dans Cop Car de Jon Watts. Pas décidés à se laisser faire les mioches ! Plus teigneux, plusieurs d’entre eux jouent de sales blagues aux adultes lors d’une mortelle veillée de la Toussaint dans le segmenté Tales of Halloween. Involontairement cette fois, la tragique disparation d’un enfant est à l’origine de tous les maux du personnage principal de The invitation, bouleversant retour au cinéma indépendant de Karyn Kusama. Plus héroïque, celui du nostalgico-jouissif Turbo Kid fonce à toute allure sur son BMX pour sauver son monde post-apocalyptique du tyrannique Michael Ironside pendant que celui de l’animé Phantom Boy flotte entre les gratte-ciels de Manhattan pour y résoudre une enquête. Ils assurent les galopins !
Flippants, redoutables ou aventureux, ils nous ont démontré plus que jamais à Strasbourg qu’ils étaient autant notre avenir que notre perte.

> Tales of Halloween

FEFFS 2015 : le palmarès

Le Jury longs métrages de cette 8e édition, présidé par Enzo G. Castellari, a rendu son verdict ce samedi 26 septembre. Et c’est l’excellent film de Karyn Kusama, The invitation qui remporte légitimement l’Octopus d’Or (soit la récompense suprême du FEFFS) et The Hallow qui remporte le Méliès d’Argent, ce dernier étant dès lors en lice pour le Méliès d’Or.

Retrouvez la liste complète des prix ci-dessous :

LONGS-MÉTRAGES

Octopus d’Or : The Invitation de Karyn Kusama

Méliès d’Argent : The Hallow de Corin Hardy

Mention Spéciale du Jury : The Survivalist de Stephen Fingleton

Prix du Public : The Lobster de Yorgos Lanthimos

COURTS-MÉTRAGES

Octopus d’Or : Barrow de Wade K. Savage

Méliès d’Argent : Detector de Floris Kingma

Prix du Jury dans la catégorie Animation : World of Tomorrow de Don Hertzfeldt

Prix du Jury dans la catégorie Made in France : Aquabike de Jean Baptiste Saurel

Mention Spéciale du Jury : Clones de Rafael Bolliger

Mention Spéciale dans la catégorie Animation : Le Repas Dominical de Céline Devaux

Mention Spéciale Court Métrage Made in France : Garçonne de Nicolas Sarkissian

Prix du Jury Jeune : Detector de Floris Kingma

Prix du Public : Detector de Floris Kingma

INDIE GAME CONTEST

Octopix : Apocalypse cow

Prix du Meilleur Jeu Fantastique : Zombie Night Terror

FEFFS 2016 : Toutes les couleurs du fantastique européen

Ca y est, votre serviteur a rejoint la 9e édition du FEFFS afin de profiter de ses nombreuses projections et activités. Comme son nom l’indique, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg met une fois de plus en évidence le cinéma de genre européen avec des titres éclectiques. Des films qui concourent au sein même du festival pour la Compétition Internationale mais également pour le Méliès d’Argent, et par extension celui d’Or.

Au menu, le thriller irlandais signé Billy O’Brien (Isolation) I Am not a Serial Killer mettant en scène son adolescent convaincu d’être voué à un destin de tueur en série. Nous reviendrons plus en détail sur ce titre dans le CinemagFantastique#9 (sortie prévue en octobre) qui met face à face Max Records (qui a bien grandi depuis Max et les Maximonstres) et le très estimable Christopher Lloyd. Nous nous attarderons également dans notre magazine sur le cas du fulgurant premier long de Julia Ducournau, Grave, déjà bien remarqué dans divers festival dont Cannes et Toronto. Le film nous a tellement emballé qu’on le voit difficilement repartir bredouille de la compétition même si le très fun They Call Me Jeeg (multi récompensé en Italie et récipiendaire du Grand Prix Nouveau Genre à L’étrange Festival) pourrait lui faire un peu d’ombre. On y fait la connaissance d’un minable voleur qui acquiert une force surhumaine après avoir été mis en contact avec du contenu radioactif. Tourné à Rome, ce superhero movie affiche une belle radicalité ainsi qu’un panel de bad guys qui nous rappelle un certain Kick-Ass. Drôle, violent mais aussi touchant, They Call Me Jeeg est un mix parfaitement réussi entre cinéma européen et américain avec également une touche japonaise puisque le récit s’appuie sur la série animée Steel Jeeg de Go Nagai sans pour autant en être une adaptation. Plus posés sont Shelley et The Open, le premier surfant sur la vague « grossesse diabolique » sans jamais vraiment décoller au cœur de sa très calme campagne danoise tandis que le second affiche une absurdité totalement assumée (dans un monde post-apocalyptique, deux hommes et une femme concourent pour un Open de tennis…sans cordes ni balles !). Deux œuvres minimalistes qui passent ou qui cassent. Le britannique K-Shop lui, casse beaucoup de choses matérielles en tous cas avec sa jeunesse en proie aux accès de violence et son étudiant très fâché qui va transformer en kebabs les clients du fast-food de son père fraîchement assassiné. Miam ! Enfin, Pet, co-production entre l’Espagne et les States nous séquestre aux côtés d’une jeune femme qui a trop tapé dans l’œil d’un homme timide (excellent Dominic Monaghan) qui a décidé de la garder dans une cage, rien que pour lui. Un récit qui nous retourne dans tous les sens et nous perd en nous faisant prendre des vessies pour des lanternes. Habile et déstabilisant.

Voici donc la richesse du cinéma de genre européen représenté à Strasbourg qui ne laissera certainement pas indifférent le Jury composé de William Lustig, Veronika Franz,Brontis Jodorowsky et John Ajvide Lindqvist qui remettrons leur verdict ce samedi 24 septembre lors de la cérémonie de clôture. On vous tiendra bien sûr au courant !

> Grave de Julia Ducournau


FEFFS 2016 : le palmarès

Comme pressenti, c’est bien l’excellent Grave de Julia Ducournau le grand vainqueur de la 9e édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. La réalisatrice, très émue de recevoir les suffrages à la fois du public (Prix du public) et des professionnels du milieu (Octopus d’or) a côtoyé les plus grands lors de cette cérémonie en recevant des mains de William Lustig le prix ultime du festival sous les yeux de Dario Argento, invité d’honneur présent dans la salle. Comme l’a précisé Daniel Cohen, directeur artistique du festival, les dieux du cinéma étaient littéralement de la partie pour faire de cette édition une franche réussite où la qualité et la convivialité étaient une fois de plus au rendez-vous.
Merci à Lucie Mottier ainsi qu’à toute l’équipe du festival et vivement l’année prochaine pour un 10e anniversaire qui devrait nous réserver quelques surprises !

LONGS-MÉTRAGES
Octopus d’or : Grave (France, Belgique) de Julia Ducournau
Méliès d’argent : I Am Not a Serial Killer (Irlande, Royaume-Uni) de Billy O’Brien
Mention spéciale du jury : Another Evil (Etats-unis) de Carson Mell
Prix du public : Grave (France, Belgique) de Julia Ducournau
Prix du jury du meilleur film Crossovers : Psycho Raman (Inde) de Anurag Kashyap

COURTS-MÉTRAGES
Octopus d’or du meilleur court-métrage : The Disappearance of Willie Bingham (Australie) de Matt Richards
Méliès d’argent du meilleur court-métrage européen : Tunnelen (Norvège) de André Ovredal
Mention spéciale du jury court-métrage : Subotika, Land of wonders (Suisse) de Peter Volkart
Prix du public du meilleur court-métrage : Madam Black (Nouvelle-Zélande) de Ivan Barge
Prix du jury jeune : The Disappearance of Willie Bingham (Australie) de Matt Richards
Prix du meilleur court-métrage Made in France : Quenottes (France) de Pascal Thiebaux et Gil Pinheiro
Prix du meilleur court-métrage Animation : Teeth (Hongrie) de Daniel Gray et Tom Brown

INDIE GAME CONTEST
Octopix du meilleur jeu vidéo indépendant : Mars Underground (Australie) (www.marsunderground.net)
Prix du meilleur jeu vidéo fantastique : MachiaVillain (France) (www.wildfactor.net)

> Dario Argento et Daniel Cohen (©Nicolas Busser / Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg)

> William Lustig (©Cédric Jager / Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg)

> Julia Ducournau auprès du Jury International (©Nicolas Busser / Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg)

> Julia Ducournau (©Nicolas Busser / Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg)


7ème Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg

Le mois de septembre est à nos portes : on laisse derrière nous les bains de soleil pris à l’autre bout du globe, on reprend tout doucement ses activités professionnelles, on s’organise pour ramener ses marmots à l’école…et on se prépare pour les festivals ! Peu enclins à aller faire les cacous à Venise ou Deauville, Cinemafantastique préfère les évènements à hauteur d’homme comme le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, dont la 7ème édition se tiendra du 12 au 21 septembre dans la capitale alsacienne.

Hormis quelques titres déjà visionnés au BIFFF ou au NIFFF (Dead Snow 2, Killers, Discopath, What we do in the Shadows, Starry Eyes, Housebound, Honeymoon, Zombeavers,…) on pourra notamment y découvrir en compétition internationale le très attendu long métrage de Fabrice du Welz (Alleluïa), le nominé aux Goya 2014 Caníbal (Amours cannibales) de Manuel Martin Cuenca ou encore le prix Un Certain Regard de Cannes, White God de Kornel Mundruczo. Favorisant bien évidemment les œuvres européennes, le FEFFS proposera aussi quelques productions américaines et asiatiques telles que ABC’s of Death 2 (projeté ici en première européenne !), Knights of Badassdom, White Bird in a Blizzard de Gregg Araki, le coréen A Hard Day ainsi que le japonais Why don’t you Play in Hell ? de l’inénarrable Sion Sono. Le festival diffusera également quelques documentaires dont l’épopée des mythiques cousins Menahem Golan et Yoram Globus, The Go-Go Boys : The Inside Story of Cannon Films (dont la projection sera suivie, le samedi 20, d’une nuit Cannon Testostérone avec Over the Top, Bloodsport, Portés disparus, trailers d’époque, animation et petit déj’ pour les rescapés), le Doc of the Dead d’Alexandre O. Philippe (auteur de The People vs. George Lucas) ainsi que le nostalgique Super 8 Madness ! de Fabrice Blin.
S’ouvrant avec le post-apo These Final Hours de Zak Hilditch et se clôturant avec la première européenne du Predestination des frères Spierig (Undead, Daybreakers), ces dix jours de cinéma fantastique à Strasbourg seront honorés de la présence de Tobe Hooper, présidant du Jury longs métrages qui reviendra sur sa carrière (une rétrospective avec pas moins de huit de ses films est également au programme) lors d’une leçon de cinéma le dimanche 14. Une autre rétro, qui donna l’inspiration du visuel de l’affiche de cette 7e édition, intitulée « Sympathy for the Devil » nous donnera l’occasion de voir ou de revoir sur grands écrans des chefs d’œuvre démoniaques tels que La main du Diable, Rendez-vous avec la peur, La Beauté du Diable, Rosemary’s Baby ou encore l’incontournable Exorciste.
Et ce n’est pas tout ! De nombreux courts métrages, des jeux video (avec l’Indie Game Contest, événement majeur pour les développeurs indépendants), des expos, un ciné-concert dédié au Faust de Murnau, une projection en plein air de Ghostbusters, une grande Zombie Walk ou encore l’incontournable Village Fantastique où il fait bon chiner dans les stands des exposants quelques affiches, dvd’s et autres B.D. en sirotant une Zombeer, la bière spéciale du Festival. Les alcooli…euh pardon, les fantasticophiles que nous sommes ont hâte !

Plus encore sur le site officiel : www.strasbourgfestival.com


8e Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg

La sélection officielle de la 8ème édition du FEFFS s’est dévoilée dans son intégralité avec un programme composé de 33 longs-métrages répartis entre la Compétition Internationale, les Crossovers, les Midnight Movies, les Séances Spéciales et les documentaires. Un programme roboratif pour le festival strasbourgeois qui se tiendra du 18 au 27 septembre 2015.

Pour bien débuter les festivités, l’événement s’ouvrira avec Knock Knock, suivi de The Green Inferno, soit un « double bill » saignant à souhait signé Eli Roth, et se clôturera dans le délire le plus total avec Yakuza Apocalypse de Takashi Miike. Honneur à l’Europe entre les deux avec le grec The Lobster de Yorgos Lanthimos, le franco-belge Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore, les espagnols Sweet Home de Rafael Martinez et The Corpse of Anna Fritz de Hèctor H. Vicenz, l’allemand Der Bunker de Nikias Chryssos ou encore les britanniques The survivalist de Stephen Fingleton et The Hallow de Corin Hardy (le futur réal’ de The Crow !).

On s’attardera également volontiers sur TAG, le dernier Sion Sono, Cop Car avec un Kevin Bacon bien véreux et vénère, le Night Fare de Julien Seri qui roule lui aussi des mécaniques (automobiles) ainsi que sur l’anthologie Tales of Halloween qui compte parmi ses réalisateurs Neil Marshall, Lucky McKee et Darren Lynn Bousman. Quelques bêtes de festival sont également de la partie telles le jubilatoire Turbo Kid, l’insectoïde Stung ou le métalleux Deathgasm.

Ajoutons à cela une poignée de doc, une rétro « Kids in the Dark » (où vous pourrez (re)découvrir Le village des damnés, La Malédiction, Les Innocents ou encore Les Révoltés de l’an 2000 sur grand écran, s’il vous plaît !) ainsi que la venue d’un invité d’honneur magistral : Joe Dante qui apportera dans ses valises son sympathique Burying the Ex ainsi que sa bonne humeur pour délivrer une Master Class tout bonnement immanquable. Ah, et il y aura aussi Enzo G. Castellari qui présidera le jury de cette édition qui s’annonce…ben dantesque !

L’intégralité des films, les horaires détaillés, les invités, l’ensemble des rétrospectives ainsi que les événements seront dévoilés très prochainement et sont à consulter sur le site officiel : http://strasbourgfestival.com/

9e Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg

9ème édition pour ce jeune festival qui n’a plus grand-chose à envier aux plus grands. Le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg qui se déroulera du 16 au 25 septembre prochains promet du lourd : deux Master Class de vétérans du cinéma de genre : Dario Argento et William Lustig, la projection des nouveaux longs métrages de Christopher Smith (Detour) et Billy O’Brien (I Am Not a Serial Killer) en présence des réalisateurs, des premières de choix (Swiss Army Man en ouverture, The Mermaid en clôture), des séances de minuit folles (31 de Rob Zombie, Yoga Hosers de Kevin Smith, Terra Formars de Takashi Miike, The Greasy Strangler de Jim Hosking) et, bien sûr, plusieurs compét’ bourrées jusqu’à la gueule de ce qui se fait de mieux dans le cinéma de genre actuel. Seront visibles, en vrac, le très couru Under the Shadow, la bête de festival The Transfiguration (de Cannes à Deauville, il est partout !), le prélude animé du Dernier train pour Busan, Seoul Station, le cannibale Grave, le polar hindi Psycho Raman, le toxique Trash Fire,… vous n’aurez pas assez des dix jours proposés pour tout voir ou tout faire ! Surtout si vous ajoutez les toujours très tentantes rétrospectives (M for Murder, Universal Monsters), La nuit excentrique (de minuit au lever du jour : Virus Cannibale, Yor, le chasseur du futur, Les Hommes d’une autre planète…oh my !), une séance des Dents de la mer sur une bouée au centre de la piscine des Bains municipaux (!) ou encore la traditionnelle projection gratuite en plein air sur la place de la cathédrale avec, cette année, Jurassic Park. Sans oublier la place dédiée au jeu vidéo (un vrai festival dans le festival !) avec l’Indie Game Contest, l’expérience de la VR, du retrogaming ou encore des conférences en veux-tu en voilà ! Nous serons une fois de plus sur place pour vous en rapporter les grandes lignes et aussi glaner quelques chouettes Reviews pour notre prochain CinémagFantastique (sortie fin octobre). Stay tuned !

Toutes les joyeusetés du FEFFS 2016 sont à consulter par ici :
http://strasbourgfestival.com/index.php

> Swiss Army Man


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